Dans la version finale uniquement
Indications et dialogues
Dans le script, absent de la série
Indications et séquences
Commentaires des scénaristes

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Production finale rapportée et mise en page par Brigitte Blanc 

En violet, les interventions des scénaristes au sujet de l'épisode. 

 

 

ÉPISODE 608 « JE NE SUIS PAS SEUL » (I AM NOT ALONE) 

Écrit par Luke Schelhaas 

 

 

PROJET DE PRODUCTION FINAL

 9 juin 2021

COPYRIGHT © 2019 Sony Pictures Television INC.

 

LISTE DES PERSONNAGES

CLAIRE FRASER /JAMIE FRASER /BRIANNA RANDALL FRASER /ROGER WAKEFIELD MACKENZIE

ALLAN CHRISTIE / CHEF OISEAU / CURTIS BROWN/ EZRA /HIRAM CROMBIE /JACK JACOBY

JOHN QUINCY MYERS /LIZZIE WEMYSS /M. MCGREGOR /MME BUG/ MME MCGREGOR /AMON OAKES OBADIAH HENDERSON /RICHARD BROWN /SHÉRIF TOLLIVER/ TOM CHRISTIE /JEUNE IAN

 

INTÉRIEURS

Fraser’s Ridge : Grande maison : Entrée principale. Cage d'escalier. Salon. Salle à manger. Couloir. Chambre à coucher. Passage couvert. Hall à l'étage

Prison de Wilmington : Quartiers des femmes /Un chariot couvert /Tente

 

EXTÉRIEURS

Fraser’s Ridge : Grande maison : Côté de la maison. Passage couvert. Montagnes Blue Ridge /Route forestière /Route forestière près de Salisbury /Rivière

Comptoir commercial Bord de la route /Campement/ Piste à travers les arbres /Carrefour Route/Diverses routes/ Wilmington : rues. Prison/ Rivière /Cape Fear/ Bord de la rivière Les bois /Campement Campagne /Le chariot de Roger et Brianna /Route

 

  

PASSAGES PRESENTS DANS LE SCRIPT ORIGINAL MAIS PAS DANS LA VERSION TELEVISEE FINALE, apportent souvent un éclairage complémentaire passionnant. 

COMMENTAIRES DU/DE LA SCENARISTE, TOUJOURS INTERESSANTS ! 

INDICATIONS SCENIQUES ET DIDASCALIES

DIALOGUES VOIX DIRECTE

CE QUI APPARAIT DANS LA VERSION FINALE TELEVISEE UNIQUEMENT+ COMMENTAIRES 

 
 

 

Luke Schelhaas : 

 « Lorsque nous avons annoncé les titres des épisodes de la saison 6, il y avait des spéculations parmi les fans selon lesquelles ce titre (avec son « je » subjectif) faisait référence à Claire rencontrant d'autres voyageurs temporels. 

Désolé, les amis, ce n'est pas le cas. Il s’agit en fait d’une phrase prononcée par le jeune Ian et destinée à transmettre l’idée que Claire et Jamie ne sont pas seuls, même si le monde entier semble s’être retourné contre eux. Il y a encore des alliés, il y a encore un espoir de sauvetage. 

Pendant la période de COVID au cours de laquelle nous écrivions et tournions la saison 6, cette pensée pleine d’espoir – que nous ne sommes pas seuls – semblait être quelque chose que nous avions tous besoin d’entendre. «  

(Rappel : en anglais, il n’y a pas de genre pour les adjectifs, donc (I am not) « alone » peut aussi bien correspondre à un sujet masculin que féminin. Ce qui n’est évidemment pas le cas en français… C’est pourquoi Luke Schelhaas évoque le fait que « alone » peut aussi bien concerner Claire – pour les fans anglophones – que Ian. En français, nous le devinons immédiatement, par l’emploi du masculin dans le titre. ndlt) 

 

PAS DE COLD OPEN. GENERIQUES ET CREDITS 

  

TITLE CARD 

Nous sommes dans les années 1960’ à Boston, dans un diner (restaurant fast food).

Une serveuse apporte à Claire (nous reconnaissons sa coiffure et sa robe rouge, la robe de la résilience…) et la chevelure rousse d’une Brianna jeune fille regardant la carte du… Carmi’s Diner. Burger - Frites - Coca…

(Claire a déjà mentionné ce diner et son menu favori à Brianna, lorsqu’elles évoquent avec nostalgie les avantages du 20ème siècle en pliant le linge, S04.E10. Pour Brianna, son menu favori et nostalgique est le sandwich à la confiture et au beurre de cacahuètes… ndlt) 

  

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SCENE D'OUVERTURE 

Nous entendons les dernières répliques de l’épisode 607 pendant que la caméra fait un gros plan sur Claire, terrorisée, dans l’embrasure de la porte.

 "Nous sommes venus chercher votre femme." / "Eh bien, vous pouvez partir alors." / « Maintenant, voyez-vous, vous vous trompez, M. Fraser : nous sommes venus l'arrêter pour le meurtre de Malva Christie. »

 

2 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON – PASSAGE COUVERT – JOUR 

 Nous arrivons quelques instants après la fin de l'épisode 607.

Jamie descend les escaliers du passage couvert, Claire derrière lui, fixant Richard Brown et son Comité de Sécurité : une vingtaine d’hommes, certains à cheval, et les autres dans deux chariots - un avec des fournitures et un transportant des hommes armés.

 

Luke Schelhaas : 

« À un moment donné, cela allait être la première scène de l'épisode, une reprise directe de la fin de l'épisode précédent. Nous avions l’intention de rejouer les dernières répliques de l’épisode de la semaine précédente afin de préparer le terrain. 

 Même après avoir intégré la scène Roger-Brianna comme scène pré-générique (cold open), nous avons pensé que nous pourrions avoir besoin de ces répliques de l'épisode précédent. 

Mais en dernière analyse, en post-production, nous avons décidé que nous n’en avions pas besoin. «  

Cependant, ce sont bien les répliques de la fin de l’épisode 607, puis la suite immédiate en début d’épisode, qui ont finalement été choisies.
La scène avec Roger et Brianna a donc été déplacée en version finale. (ndlt) 

 

Brown vient de demander à Jamie de livrer sa femme pour qu'elle soit arrêtée pour meurtre.

 JAMIE : » Quittez mes terres, monsieur. Maintenant. »

 RICHARD BROWN : » Oh, nous partirons. Remettez-moi votre femme et nous partirons. Disparus comme la rosée du matin. « 

Claire entend Mme Bug dans le passage couvert derrière elle.

MME BUG : « Vierge Marie, sauvez-nous. »

 CLAIRE : « Mme Bug, allez chercher de l'aide... « 

Mme Bug part, passant par l’arrière de la maison.

 Richard regarde Claire par-dessus l'épaule de Jamie, une aversion ouverte mêlée de triomphe. L’atmosphère est pour le moins tendue. Jamie pose sa main sur son poignard en signe de menace.

JAMIE : » De quel droit venez-vous ici ? »

RICHARD BROWN : » Je ne fais que mon devoir. »

 

Luke Schelhaas : 

« La phrase de Richard Brown, « Je ne fais que mon devoir », est un rappel. Dans la saison 5, Richard a reconnu que Jamie avait fait son devoir en tuant Lionel Brown (le frère de Richard) mais aussi, de façon inquiétante, qu’il ferait lui-même également son devoir… le moment venu. «  

 

"...Mon devoir " est un code inquiétant entre Jamie et Brown – c'est ce que Brown a dit à Jamie : ce qu'il finirait par faire pour venger la mort de son frère Lionel [Épisode 512]. Jamie comprend.

JAMIE : » Je sais ce que vous faites. »

RICHARD BROWN : » Je représente le Comité de Sécurité, M. Fraser. J'ai une responsabilité envers la population d’ici. « 

Jamie voit Lizzie et Kezzie sortir des écuries. Ils regardent avec inquiétude ce qui se passe et établissent un contact visuel avec Jamie.

Jamie leur fait un signe de tête discret et ils acquiescent en retour, puis se précipitent au coin des écuries et disparaissent.

JAMIE : » J’ai moi aussi une responsabilité. « 

RICHARD BROWN : » Je le sais. Je suis moi-même un homme marié.  Je ne m'attendais pas à ce que vous cédiez facilement. Mais vous le ferez bien assez tôt. Vous verrez. »

JAMIE : » Je possède un grand nombre de fusils, Brown. Ils sont tous chargés et amorcés. » 

 Brown regarde ses hommes autour de lui, y compris son lieutenant, stoïque et glacial, Amon Oakes. 

RICHARD BROWN : » Et j'en ai beaucoup plus. «  

OAKES : » Et sacrément plus d’hommes pour tirer. «  

JAMIE : » Vous ne savez pas combien d'hommes j'ai à l’intérieur. Nous étions tous sur le point de nous asseoir pour dîner. » 

RICHARD BROWN : » Vraiment... Qui ? Votre neveu indien ? Ou ces jumeaux ? Vous pensez que je vais avoir peur d’un chasseur de castors pouilleux ? «  

JAMIE : » Tirer sur un homme ou sur un castor ? C’est la même chose, M. Brown. » 

RICHARD BROWN : » C'est drôle, je ne pense pas que ce soit le cas. » 

De plus en plus terrorisée, Claire rentre précipitamment dans la maison...

Un des hommes de Brown court sur le côté de la maison pour essayer d’y pénétrer.

   

3INT. GRANDE MAISON - COULOIR - JOUR 

Claire entre et ouvre le placard dans lequel ils gardent certaines de leurs armes, chargées, amorcées et prêtes à tirer. Elle attrape une carabine, puis fourre deux pistolets dans les poches de son tablier.

 

A4 INT. GRANDE MAISON - ENTREE/CAGE D'ESCALIER – QUELQUES INSTANTS PLUS TARD 

Ainsi armée (tenant la carabine à deux mains), Claire sort du couloir et se dirige vers l'entrée principale. En passant devant les escaliers, elle entend une voix :

EZRA : » Arrêtez-vous. « 

Elle ne reconnaît pas l'intrus, Ezra, qui a son propre pistolet pointé sur elle. Il sourit triomphalement. Parce qu'il est sur le point de devenir un héros.

CLAIRE : » Ne tirez pas... « 

Claire tient maladroitement la carabine dans sa main gauche, pointée en l’air pour indiquer qu'elle ne tirera pas.

EZRA : » Donnez-moi cette carabine. « 

CLAIRE : » D'accord. Je vais le faire. »

Elle lui tend prudemment le fusil de chasse, toujours pointé en l’air. L'homme l'attrape – et Claire sort un pistolet de la poche de son tablier et lui tire dessus – BANG !

 L'homme recule de quelques pas. Le sourire ne quitte pas son visage mais laisse place à la stupéfaction. Il laisse tomber son arme et met une main sur le côté... regarde ses mains tachées de sang.

On voit alors Jamie hurler le nom de Claire. Il est aussitôt attrapé et frappé par les hommes de Brown. 

EZRA : » Vous m'avez tiré dessus. « 

CLAIRE : » Oui. »

 Elle remet le pistolet dans sa poche et met en joue Ezra avec la carabine.

CLAIRE : » Et putain, je le referai si vous ne sortez pas d'ici ! »

 L’homme n’attend pas de voir si elle le pense vraiment, mais se retourne et s’écrase contre le chambranle de la porte, puis trébuche, laissant une trace de sang sur le bois. Les mains de Claire tremblent.

 Elle est soudain consciente de ce qui se passe au-dehors : des bruits de lutte, des cris et des protestations. Elle regarde le long du passage couvert, mais ne voit pas Jamie. Elle court vers le porche avant.

 

Luke Schelhaas : 

« La séquence de la fusillade vient du livre et était tellement amusante à adapter à l’écran. Nous avons abordé cet épisode comme notre épisode « western », et je me suis senti très chanceux d’être celui qui a pu l’écrire. 

Planifier ces journées de tournage (sans jeu de mots… ndlt : en anglais, le même mot, « shooting », signifie : tournage et fusillade…) était un processus complexe et prenant. Afin d'avoir une chance d'accomplir la tâche difficile de filmer tout cela (dans les délais et dans les limites du budget), nous avons dû planifier la scène dans les moindres détails : qui tourne quand, combien de plans, quelles parties des murs sont touchées par les balles, quels meubles sont renversés, quels meubles sont traversés par les balles, combien de vitres sont détruites, quand les volets sont fermés, quelles fenêtres sont détruites, combien de coups de feu Jamie et Claire tirent, qui est touché, qui est blessé… 

Littéralement, chaque plan, chaque coupure, chaque insertion d'une balle frappant une contremarche, chaque angle sur les méchants se préparant au combat - tout devait être planifié lors de réunions, de tests de caméras, de prises de repères pour les déplacements, de répétitions de cascades, de storyboards (scripts en images) et de révisions de scénario. 

Nous devions faire en sorte que tout soit exactement prévu au millimètre (via des conversations avec notre incroyable équipe : le réalisateur Jamie Payne, le directeur de la photographie Alasdair Walker, le coordinateur des cascades Dominic Preece, l'armurier Scott Rodgers, etc. etc.) si nous voulions avoir une chance de le faire correctement devant la caméra. 

 Le résultat final est une séquence haletante qui me laisse littéralement bouche bée (qui lui fait tomber les chaussettes en anglais… ! ndlt) à chaque fois que je la regarde. Wouah, je suis fier de cette séquence ! Cait, Sam, Chris Larkin et TOUS nos talentueux acteurs invités ont fait un travail incroyable et engagé dans ces scènes. 

Ce n’est pas facile à faire. D'un côté, le « business » de la scène doit être si spécifique et précis… et ensuite, y ajouter ces performances formidables pour couronner le tout – la peur, le désespoir, l'inquiétude pour la famille – c'est un mélange passionnant d'émotions à l’écran, et cela s'est révélé grâce à un jeu d'acteurs merveilleux. «  

  

 

4 EXT. GRANDE MAISON - CÔTÉ DE LA MAISON – IMMEDIATEMENT APRES - JOUR 

En arrivant sur le porche, Claire voit que les hommes de Brown ont entraîné Jamie loin de la maison. Il est au milieu d’un enchevêtrement d’hommes qui tentent de l’immobiliser. Il se bat pour sa vie. Claire le sait : ils veulent le tuer.

Claire arme son fusil et tire sur le groupe. Des hommes de Brown ont été touchés par les plombs – pas des blessures mortelles, mais suffisamment pour les faire fuir. Jamie n'est pas touché. Il se dégage et lutte pour se libérer.

Claire voit Richard Brown lever son pistolet et viser…

CLAIRE : « Couche-toi ! « 

Jamie se baisse et protège sa tête, mais... Jamie n'est pas la cible ! Brown appuie sur la gâchette et la balle se fracasse contre le mur, juste à côté de Claire.

CLAIRE : » Jamie ! »

 Claire sursaute en réalisant qu'elle était la cible. Jamie court vers la maison. Derrière lui, les hommes de Brown se dispersent et courent se mettre à l’abri. Jamie prend la main de Claire et l’emmène dans le passage couvert.

JAMIE : » Claire ! Rentre ! »

Une balle déchire l'une des contremarches, manquant Jamie et Claire de quelques centimètres. Ils se précipitent dans la maison.

 

  

5INT. GRANDE MAISON - ENTREE/CAGE D'ESCALIER – JUSTE APRES - JOUR 

 Jamie ferme et verrouille la porte arrière vitrée tandis que des tirs continuent dans le passage couvert.

Jamie est sale, en sueur et écorché. Il essuie le sang d'une coupure sur ses lèvres. 

 CLAIRE : » Bon sang ! Est-ce que tu vas bien ? « 

Il hoche la tête. Elle lui tend son pistolet inutilisé.

CLAIRE : » Tiens, il est chargé. »

JAMIE : » La porte d'entrée. « 

La porte d’entrée est ouverte depuis la fuite de Mme Bug. Alors que Claire s'apprête à la fermer, un homme apparaît – courant sur les marches et se préparant à tirer !

 JAMIE : » Claire ! « 

Claire se baisse. Jamie tire avec le pistolet – l'homme recule, tenant son épaule de douleur – mais pas avant de tirer lui aussi. 

 Jamie ferme et verrouille la porte d'entrée.

JAMIE : » Tu es blessée ? « 

Claire fait non de la tête. Encore des rafales de tirs. C'est une putain de fusillade.

JAMIE : » Claire, la table ! »

Quelques instants plus tard -- la lourde table de la salle à manger est dressée par Jamie et Claire devant les portes arrière vitrées, empêchant toute intrusion. Alors –

RICHARD BROWN : » Donnez-la-nous, Fraser !  (A ses hommes) Ne les laissez pas s’enfuir ! »

Claire et Jamie remuent frénétiquement les meubles pour protéger les portes et fenêtres.

JAMIE : » Ferme les volets, d'accord ? « 

Claire hoche la tête. Elle ferme rapidement les fenêtres et utilise une perche pour commencer à fermer les volets.

Pendant ce temps, Jamie barre les autres fenêtres avec d'autres meubles. Une balle brise le verre, ratant de peu la main de Jamie.

JAMIE : » Il nous faut plus d'armes ! « 

RICHARD BROWN : « Faites le tour ! »

Claire continue de fermer les volets au milieu des tirs continus contre la maison. Elle se baisse pour se protéger. Jamie enlève le tapis au milieu du hall d'entrée, révélant quelque chose dont nous ignorions l'existence : une trappe.

Il ouvre la trappe et descend dans... le trou du prêtre.

 

Luke Schelhaas : 

« Le trou du prêtre a été ajouté un peu plus tard au cours de notre période de préparation pour cacher davantage d'armes. «  

 

Une cachette secrète en murs de briques. Jamie descend l’escalier de bois qui l’amène à la cachette. Il y a des coffres ici, des caisses pour conserver les objets de valeur et les objets de famille, ainsi que d'autres armes. Beaucoup d’autres armes.

La fusillade continue, brisant les fenêtres, le verre et le bois – mais aussi le mur près des escaliers.

RICHARD BROWN : » Abandonnez ! Nous sommes en nombre ! »

JAMIE : » Claire ! « 

CLAIRE : » Je vais bien ! « 

Jamie prend beaucoup d’armes, de la poudre sur les étagères, remonte et en tend une partie à Claire et...

Pendant ce temps, les hommes de Richard Brown se mettent à l’abri, mettent les chevaux dans le corral près de l’écurie et s’installent en position de tir.

 

 

 

 

6INT. GRANDE MAISON - SALON – EN MEME TEMPS - JOUR 

 Ils ont posé les armes sur le canapé : des pistolets, de la poudre et un tas de fusils – plus que ce que nous pensions qu'ils possédaient. Jamie remet à Claire un fusil chargé et deux pistolets chargés. Des coups de feu dehors.

JAMIE : « Va dans la salle à manger, couvre le sud et l'est si tu peux. Il faut qu’ils croient que Josiah est ici avec nous ».

Jamie traîne un bureau devant une fenêtre, l'utilisant pour poser son fusil alors qu'il vise le côté et l'arrière de la maison. Il pousse un volet pour l'ouvrir avec son fusil. Une balle brise une fenêtre, explosant un vase et un service de verres sur une table.

JAMIE : » Vas-y maintenant, Claire. « 

Jamie tire par la fenêtre alors que Claire se dirige vers la salle à manger avec ses armes chargées.

RICHARD BROWN : « Rendez-vous, Fraser ! »

 

 

7INT. GRANDE MAISON - SALLE À MANGER – JUSTE APRES - JOUR 

La porte qui mène au passage couvert et dans le salon est verrouillée. Claire entre dans la salle à manger et vise par une fenêtre avec son pistolet, mais elle manque les hommes. On peut entendre Jamie tirer dans l'autre pièce.

LES HOMMES : « Vous les voyez ? Cernez la maison ! »

JAMIE : « Reculez, salauds ! « 

Les hommes de Brown continuent à installer leur siège, ils amènent des chariots pour se protéger et tirer…

Les balles continuent à briser les fenêtres.

Claire arme un fusil et le cale sur une chaise. Elle tire sur deux hommes et en blesse un au pied.

 

8INT. GRANDE MAISON - SALON – QUELQUES INSTANTS PLUS TARD - JOUR 

 Jamie tire et recharge. Claire entre et prend un nouveau fusil. Elle regarde par la fenêtre par-dessus l'épaule de Jamie :

 

Luke Schelhaas : 

« Il était intéressant de scénariser une fusillade « style western » en utilisant uniquement des mousquets et des fusils à un coup, chargés par la bouche. Chaque fois que vous tirez, vous devez recharger ou prendre une autre arme. 

C’est en partie pourquoi nous avions besoin que Jamie et Claire aient plus d’armes que nous n’en avions jamais prévues auparavant (d’où le trou du prêtre). Lors de la préparation, nous avons également dû prévoir tous ces moments de rechargement d’armes et les intégrer dans le script pour rendre la réalité encore plus crédible. «  

 

Brown et ses hommes se cachent derrière des chariots, des tables, des tonneaux, tout ce qu’ils ont sous la main. Certains se rassemblent plus loin, plus loin que les fusils ne peuvent tirer. Leurs chevaux sont dans le corral. Claire s'accroupit et commence à recharger les armes.

LES HOMMES : « Rechargez ! A couvert ! »

JAMIE : » C'est ce qu'il voulait – pas t’arrêter mais avoir une raison de te tuer. De tous nous tuer. C'est une bonne chose que les petits soient tous en sécurité. Si Brown savait que c'est Marsali qui a tué son frère... »

CLAIRE : « C’est donc de cela qu’il s’agit ? »

 JAMIE : « La mort de Malva n'est qu'un prétexte pour se venger. ».

Jamie regarde quelque chose par la fenêtre… Richard Brown s’approche.

JAMIE : » Approche-toi un peu. Un seul coup, c'est tout ce que je demande... « 

Claire regarde – et voit Richard Brown s'approcher au loin. Il sort un foulard blanc de la poche de son manteau et l'agite au-dessus de sa tête tout en avançant avec précaution.

 RICHARD BROWN (en criant) : « Fraser ! Fraser ! Vous m'entendez ? »

Jamie tire – et la balle atterrit à quelques centimètres devant Brown, soulevant soudain un peu de terre. Brown saute en l’air comme s’il était piqué par une abeille.

RICHARD BROWN : » Qu’est-ce qui vous prend ?! N'avez-vous jamais entendu parler du drapeau blanc, sale voleur de chevaux écossais ? »

 JAMIE : » Si je voulais votre mort, Brown, vous seriez déjà en train de refroidir ! Crachez le morceau ! »

Ce que Jamie veut est clair : il veut que les hommes de Brown n’osent pas s’approcher de la maison. Jamie tend le fusil à Claire pour qu'elle recharge. Elle lui en tend un autre, chargé. Richard Brown enlève son chapeau et s'essuie le front. De là où il est, il ne voit pas vraiment d’où Jamie tire.

RICHARD BROWN : » Vous savez ce que je veux. Je veux votre sorcière meurtrière. »

 Jamie tire. Brown saute à nouveau, mais moins haut.

 RICHARD BROWN : » Bon Dieu ! « 

Jamie et Claire échangent leurs fusils.

JAMIE : » Je ne peux pas vraiment l'atteindre. «  

RICHARD BROWN : » Écoutez, aucun mal ne lui sera fait ! Nous voulons seulement l'emmener à Salisbury. Il y a un tribunal là-bas ; elle bénéficiera d’un procès équitable. C'est la loi, n'est-ce pas ? »

 Jamie tire une troisième fois – à travers le chapeau de Brown, qui s'envole. C'est un peu mieux. Brown lève les mains dans une pantomime exagérée d'un homme raisonnable éprouvé au-delà de l'endurance, se penche pour ramasser son chapeau et revient vers ses hommes dans leurs positions de repli. Bien que frustré, il sait qu’il a le temps en sa faveur.

 JAMIE : « Voici ma réponse. »

RICHARD BROWN (à ses hommes) : « Cessez le feu ! « 

Voyant Brown battre en retraite, Jamie se détend un peu et s'assoit. Par la fenêtre, il peut voir Oakes aider Curtis blessé à rejoindre les autres, rassemblés sous les arbres, où Richard attend. Tout à coup, tout devient étrangement calme.

 

Luke Schelhaas : 

« Et enfin, un moment de calme… une pause dans l'action… un endroit pour respirer… ne serait-ce que pour un petit moment. » 

  

9 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - MÊME MOMENT - JOUR 

Brown et ses hommes tiennent leur position, se contentant d'attendre

Au moins six des hommes de Brown sont blessés mais personne n'a été tué.

  

 

1 EXT. MONTAGNES BLUE RIDGE - ROUTE FORESTIÈRE (1775) - JOUR 

Rappel : dans le script original, il s’agissait ici de la scène pré-générique (cold open).  

 

Un cheval et un chariot sont arrêtés au bord d’une route dans la beauté pittoresque de la Caroline du Nord. Roger, Brianna et Jemmy sont près d'un ruisseau. Jemmy joue avec une voiture « vroom » – celle-ci plus anguleuse, avec un toit carré surélevé – comme une Ford Mustang. Ils sont en pleine conversation...

BRIANNA : « Lexington et Concord, le siège de Boston, Ticonderoga... Tout cela s’est passé. Bunker Hill en train de se produire... Et personne ne le sait, sauf nous. Cela ressemblera à la fin du monde... »

 

Ndlt : Bunker Hill, illustre bataille du début de la Guerre d’Indépendance, a eu lieu près de Boston, à Lexington et Concord (vous vous souvenez du poème Paul Revere’s Ride ??) le 19 avril 1775 : particulièrement sanglante, c’est une victoire à la Pyrrhus pour les Britanniques (menés par le Général Howe), les pertes britanniques étant plus importantes que pour les Insurgents, mais c’est un combat au corps à corps qui marque surtout le réel début de la Guerre (on dit que cette célèbre citation y aurait été prononcée : « Ne tirez que quand vous verrez le blanc de leurs yeux ! ») 

 

Luke Schelhaas : 

« Cette scène était censée faire beaucoup de choses : 

 1) Nous dire où nous en sommes dans l'histoire – après Lexington et Concord, mais avant Bunker Hill. 

 2) Rappeler que Roger et Bree sont en route pour Edenton afin que Roger puisse étudier la possibilité d'aller au séminaire, mais surtout… 

 3) Discuter du voyage dans le temps : comment et quand Roger et Brianna devraient-ils parler à Jemmy de ce cadeau incroyable et effrayant qu'ils partagent tous ? 

 La note sombre à la fin de la scène donne le ton de l’épisode dans son ensemble, mais plus particulièrement de la belle petite histoire que nous racontons sur cette famille grandissante, son histoire chargée et son avenir. «  

 

Brianna peut voir une subtile lueur dans les yeux de Roger.

BRIANNA : » Tu aimerais pouvoir être là-bas, non ? Au milieu de tout ça ? « 

ROGER : » Quel historien ne le voudrait pas ? Jusqu'à récemment, j'aurais vendu mon âme pour y être. Mais mon âme a d’autres envies maintenant. (Il regarde Jemmy) Et en tant que père... Eh bien, c'est un des avantages de « connaître le reste ». Je suis presque sûr qu'il n'y aura pas bataille au séminaire d'Edenton. Nous serons tous en sécurité. « 

Ils regagnent leur chariot après avoir rempli leurs gourdes au ruisseau.

Brianna regarde son fils avec amour. Jemmy se gratte la tête.

BRIANNA : » Quand est-ce qu'on le dit à Jemmy ? Est-ce qu'on le lui dit ? « 

ROGER : » A propos de la guerre ? « 

BRIANNA : » À propos de la façon dont nous le savons. À propos des choses qui ne se sont pas encore produites. »

ROGER : » Le voyage dans le temps. Peut-être que oui. Bon sang, comment dit-on à un enfant une chose pareille ? « 

BRIANNA : » Je ne sais pas. On leur dit quand ils sont adoptés. Ou s'il y a un scandale dans la famille, comme : ton oncle préféré n’est pas mort, il est en prison. Si on le dit tôt, ça n’a pas grande importance pour eux, enfin, je pense. Le découvrir plus tard, c'est un choc. »

Roger pense à l'histoire de Brianna avec ses parents.

ROGER : » Tu en sais quelque chose. »

BRIANNA : » Toi aussi. Au moins pour toi, ce n'était pas un choix. Ce n'est pas comme si le révérend avait pu te dire ce que tu étais, mais ne l’avait pas fait. »

 ROGER : » Tu penses que tes parents auraient dû te le dire plus tôt ? « 

BRIANNA : » Oui. Et non. Je veux dire -- je comprends pourquoi ils ne l’ont pas fait. Papa n'y croyait même pas, au départ. Quant à ce qu'il croyait... eh bien, quoi que ce soit, il a exigé que maman me laisse croire qu’il était mon vrai père. Elle lui a donné sa parole. Je ne pense pas qu’elle aurait dû la rompre, non. »

ROGER : » Eh bien, peut-être que ça ne voudra pas dire grand-chose pour Jemmy si on lui dit tôt, mais ça va certainement capter l'attention de ses amis quand il le leur révélera. Heureusement qu'il ne se souvient pas des pierres. « 

BRIANNA : » Alors, nous attendrons qu'il soit en âge de comprendre qu'il ne peut pas le révéler. Que c'est un secret. « 

ROGER : » Mais il y a un autre risque à le lui dire... « 

BRIANNA : » Qu'est-ce que c'est ? « 

ROGER : » Il pourrait décider de nous quitter un jour. »

Brianna regarde son fils, magnifique au soleil, si plein de vie, de promesses et de magie. Et avec le pouvoir de lui briser le cœur...

ROGER (prenant Jem dans ses bras) : « Allez, viens mon garçon ! »

Et ils remontent tous les trois dans leur chariot.

 

A10 INT. GRANDE MAISON - CHAMBRE - PLUS TARD - JOUR 

Claire est à l'étage. Elle regarde par la fenêtre, vers l'arrière de la maison. Elle voit que certains des hommes de Brown ont également établi des positions de ce côté de la maison : deux groupes, surveillant tous les côtés. Claire et Jamie sont entourés. 

 

Luke Schelhaas : 

 « J'aime ces petits moments simples qui montrent le temps qui passe. Une détente ténue a été obtenue, mais la tension est palpable. » 

 

B10 INT. GRANDE MAISON - HALL À L'ÉTAGE – JUSTE APRES - JOUR 

 Claire monte à l’étage et verrouille la porte de la chambre. Elle vérifie les autres portes – toutes verrouillées. Elle redescend les escaliers.

 

10INT. GRANDE MAISON - SALON - JUSTE APRES 

 Claire entre dans le salon. Jamie surveille par la fenêtre.

JAMIE : » Y a-t-il de l'eau ? « 

CLAIRE : » Oui, ici... « 

Elle lui sert un verre.

 CLAIRE : » En veux-tu encore ? « 

JAMIE : » Non, ça fera l’affaire. Ça va être un long siège, Claire. Il se fait tard. « 

CLAIRE : » Que veux-tu dire par là ? Qu'est-ce que tu penses qu'ils feront ? » 

 JAMIE : » Mettre le feu à la maison dès la nuit tombée, je suppose. « 

CLAIRE : « Tu veux dire qu’ils vont nous brûler ? « 

JAMIE : » C’est ce que je ferais, à leur place. Nous enfumer. »

 CLAIRE : « Ou nous brûler vifs. « 

JAMIE : « Oui. »

 Ils s'en rendent compte en même temps : la nécrologie. Serait-ce le jour de leur mort annoncée ?

CLAIRE : » Ce n’est pas possible – n’est-ce pas ? La nécrologie parlait du sabbat avant le 21 janvier. Nous sommes en mai, pour l'amour du ciel. »

JAMIE : » J'étais imprimeur, Claire. Tu ne peux pas faire confiance à tout ce que tu lis dans les journaux « --

CLAIRE : « Eh bien, c'est rassurant. » 

 JAMIE : « Mais là, une erreur de plus de quatre mois... »

 CLAIRE : » Très bien, alors... ils nous enfument. Qu'est-ce qu'on fait ? On se bat jusqu'à la mort ? Je ne les suivrai pas, Jamie. Plutôt mourir...  Que d'être seule dans les bois avec une autre bande de Brown. « 

JAMIE : » Je ne te laisserais jamais partir. « 

 

Luke Schelhaas : 

« Cette conversation est tellement tendue. L’action s’est arrêtée, le danger immédiat est passé au second plan, mais il est toujours là. La discussion sur la manière de procéder et à quoi penser… l’inquiétude concernant la famille et les amis… semble très réelle. 

La mention de la nécrologie devrait faire craindre au public – ne serait-ce que pour un instant – que ce soit la nuit de l’incendie qu’il anticipe depuis le retour de Brianna dans le temps. 

Ces répliques – « Je ne les suivrai pas, Jamie. Plutôt mourir » et « Je ne te laisserais jamais partir » en disent long. » 

 

CLAIRE : » Alors, quel est notre plan ? »

 JAMIE : » J'y réfléchis encore. Mme Bug a réussi à s’enfuir ? »

 CLAIRE : « Je pense que oui. »

 JAMIE : » Elle ira d’abord chercher Arch. Si elle le trouve, il ira chercher Kenny Lindsay, il est le plus proche... Lizzie sera partie chercher Ronnie. »

 CLAIRE : » Lizzie ? »

 JAMIE : » Oui. Je l'ai vue aux écuries. Elle a couru vers l'est. Dinna fash, mo nighean donn. Elle sera en sécurité, elle est avec son mari. L’un des deux… La nourriture sera pleine de verre et de poudre, je suppose… »

CLAIRE (aucune idée de quoi il parle...) : » La nourriture ? « 

JAMIE : » Oui. Dans la salle à manger. Je meurs de faim. Le calme est revenu, mais nous aurons besoin de nos forces pour ce qui va arriver. »

Alors que Claire réagit à cette pensée inquiétante...

 

 

 11 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - FIN DE LA JOURNEE 

 Le temps a passé. Brown et ses hommes attendent la nuit. De façon inquiétante, ils ont allumé un feu. On entend le bruit des fourchettes sur les assiettes... 

  

 

A17 EXT. BOIS - CAMPEMENT – NUIT 

Les 2 scènes 17 ont été avancées dans la version finale. 

 

 Brianna et Roger ont installé le campement pour la nuit. Le cheval est attaché près du chariot. En retrait d'un feu fumant, une tente a été dressée, éclairée aux chandelles de l'intérieur.

 

 B17 INT. TENTE - NUIT 

Brianna met Jemmy endormi sous des couvertures et l'embrasse pour lui souhaiter une bonne nuit. Elle se retourne et traverse deux pans de toile séparant une moitié de la tente de l'autre. Dans cette autre moitié de la tente, Roger est allongé sous des couvertures. Il tient le nouveau « vroom » qu’il a fabriqué pour Jemmy et fait tourner ses roues. Brianna est assise sur les couvertures à côté de lui, vêtue de sa chemise.

 BRIANNA : » Tu devrais être menuisier. « 

ROGER : « Au lieu d'un pasteur ? « 

BRIANNA : » En plus. Comme Jésus. « 

ROGER (sourit) : » Celle-ci est belle, n'est-ce pas ? « 

BRIANNA : « On dirait la tienne. Celle qu’on a prise pour aller en Ecosse. »

ROGER : » En fait, je me suis plutôt inspiré de ta Mustang. Tu te rappelles notre virée en Caroline du Nord ? « 

BRIANNA : « Oui. Tu as failli nous envoyer dans le ravin... « 

ROGER : » Parce que quelqu’un pensait que c'était une bonne idée de m'embrasser à 120 kms/h. Nous avons failli rompre. »

BRIANNA : » Nous avons rompu ce week-end-là. « 

ROGER : » Vrai. Mais ensuite, je t'ai poursuivi... « 

BRIANNA : » À travers le temps... « 

ROGER : » L'histoire habituelle… « 

Roger « conduit » la voiture le long de son épaule, le long de son bras et sur la courbe de son dos. Après un temps...

BRIANNA (en réaction au « vroom ») : » Oups ! attention où tu mets les mains, champion. »

ROGER : » Je pensais que tu trouvais la vitesse érotique. (Chuchote à son oreille) Vroum vroum. « 

Il conduit la voiture sur sa jambe nue. Elle rit doucement. Roger laisse tomber la voiture et la surprend en se déplaçant sur elle, la coinçant doucement, l'embrassant. Elle l'embrasse en retour, le désirant tout autant. Mais...

 

Luke Schelhaas : 

« Et enfin nous revenons avec Roger et Brianna. Il s’agit d’une jolie scène du livre qui a été quelque peu modifiée afin de l’adapter à une époque et à un lieu assez différents de ceux du livre. «  

 

BRIANNA : » Nous allons réveiller Jemmy. « 

ROGER : » Non. Tu ne pourrais pas le réveiller même avec une vraie Ford Mustang. »

Brianna sourit. Roger lui embrasse le cou pendant un moment...

BRIANNA : » Tu crois qu’on refera un jour du 120 kms/h ? »

Roger cherche le vroom mais ne le trouve pas.

ROGER : » Bon, où ai-je mis cette voiture ? « 

BRIANNA : « Pourquoi, tu en as besoin ? »

ROGER : » Oh, j'avais envie d’explorer le terrain un peu plus. « 

BRIANNA : » Tu peux le faire à pied. « 

ROGER : » Peut-être que je pourrais. Cela prend un peu plus de temps. « 

BRIANNA : » Mmm. Tu avais un plus long voyage à l’esprit ? »

 ROGER : » Oh oui, la route panoramique. « 

Pendant qu'ils font l'amour...

 

 

12INT. GRANDE MAISON - SALON - MÊME HEURE 

Jamie et Claire mangent dans des assiettes le repas qu'ils avaient préparé plus tôt dans la journée, assis par terre. La lumière de cette fin d'après-midi est belle, elle entre par les volets et les impacts de balles, malgré les circonstances désastreuses. Adso est confortablement installé parmi les armes. Jamie garde un fusil dans la fenêtre et un œil d'aigle sur Richard Brown et ses hommes dehors. Pour l’instant, il n’y a aucun mouvement. 

CLAIRE : » Les condamnés ont pris un repas copieux. « 

JAMIE : » Hmm ? »

CLAIRE : » C'est une tradition américaine – de mon temps. Un prisonnier condamné à mort est autorisé à demander ce qu'il veut pour son dernier repas. « 

JAMIE : » Tout ce qu'il veut ? »

 CLAIRE : » Si c’est raisonnable. Pas d'alcool je pense. Et rien de trop cher. 

 JAMIE : « Les deux choses que tu désires le plus. «  

CLAIRE : » J'ai entendu dire que c'est souvent quelque chose dont ils se souviennent, de leur enfance, quelque chose que leur mère leur a cuisiné... « 

JAMIE : » Que choisirais-tu ? »

CLAIRE (Nostalgique à cette pensée) : « Des tortellinis de chez Portofino (chaine de restaurants italiens aux USA, ndlt), du pain à l’ail et une Baby Ruth en dessert (c’est une barre chocolatée à base de cacahuètes, chocolat, caramel et nougat…ndlt) 

Dans la version finale : Cheeseburger, frites et coca de chez Carmi’s. C’est un diner. J’y emmenais Bree quand elle était petite. C’était notre commande habituelle. »

 

Luke Schelhaas : 

« C'est l'une de mes scènes préférées de l'épisode. Et les scènes du livre dont cette scène est tirée font partie de mes préférées dans le livre. 

Dans des circonstances terribles, alors que Claire et Jamie sont sur le fil du rasoir, ils parviennent à avoir ces conversations calmes, intimes, aimantes. La tension, l'amour, la peur, le réconfort inattendu d'une bonne nourriture, un souvenir qui fait sourire même dans ces circonstances… la tendresse et l'attention que ces deux-là ont l'un pour l'autre… 

 Le « dernier repas » que Claire choisit ici n’est pas ce qu’elle dit réellement lorsque vous regardez l’épisode. Le repas qu'elle mentionne ici (Les tortellini de chez Portofino, etc.) est quelque chose que Claire mange dans un restaurant italien dans le livre Dragonfly in Amber. Une sorte d’œuf de Pâques amusant. 

Mais le jour du tournage, j'ai eu une conversation avec Cait et notre showrunner Matt Roberts au sujet des autres repas que Claire pourrait choisir. À quel genre de repas Claire penserait-elle à ce moment-là, nous sommes-nous demandés. Quelque chose qui lui fait penser à son enfance, peut-être ? Ou quelque chose qui lui fait penser à Brianna, qui est loin (en route vers Edenton) ? 

Nous avons eu l'idée du cheeseburger et des frites en souvenir de la saison 4. C'est l'un des souvenirs que Claire et Brianna partagent lorsqu'elles parlent des choses qui leur manquent le plus de leur époque : un cheeseburger et des frites avec toutes les garnitures de Carmi's. C'est un joli moment. » 

 

JAMIE : » Je ne choisirais rien d’autre, Sassenach – que ce repas avec toi, dans notre maison. »

 Elle sourit, touchée. Ils mangent. C'est si bon que Claire ferme les yeux et se détend. CLAIRE : « J'ai toujours pensé que l’approche de la mort rendrait quelqu'un trop nerveux pour manger. Apparemment non. « 

Claire pose son assiette finie sur le sol et Adso commence à la lécher joyeusement. Claire se dirige vers une fenêtre donnant sur l'avant. Elle regarde vers la rivière, inquiète... CLAIRE : » Où diable est Ian ? Il serait sûrement là s'il avait entendu les coups de feu. « 

 JAMIE : » Oui. Il est à la chasse peut-être. « 

CLAIRE : « Et où sont les autres ? »

 JAMIE : » S'ils ne sont pas là maintenant, Claire, ils ne viendront pas. « 

CLAIRE : « Mais ils ne repousseraient pas Mme Bug ou Lizzie si elles viennent leur demander de l’aide... Pourquoi ne nous aideraient-ils pas ? À moins qu'ils croient vraiment que je l'ai fait. Tué Malva. »

 JAMIE: » Dinna fash, mo nighean donn. Viens ma chérie, allonge-toi. »

 Jamie lui tend la main. Elle s'assoit à côté de lui, tout d'un coup épuisée, l'adrénaline de l'urgence brûlée. Elle met sa tête sur ses genoux.

CLAIRE : » Nous ne pouvons rien faire maintenant, n’est-ce pas ?  Rien d’autre qu'attendre. « 

Adso passe devant eux tranquillement.

JAMIE : » Je suppose que je pourrais dire un acte de contrition. Je le fais toujours, la veille d'une bataille. Au cas où. »

 CLAIRE : » D'accord alors. Au cas où. « 

Elle tend la main… et la main libre de Jamie se referme autour de la sienne. Il continue de regarder dehors pendant que... 

 JAMIE : » Mon Dieu, je regrette (en français) » --

CLAIRE : » Attends. Tu le dis en français ? »

 JAMIE : « Oui. Je me battais avec des mercenaires français alors ; je ne voulais pas me faire remarquer. Je pourrais le dire en gaélique ou en anglais si tu préfères. « 

CLAIRE : « En anglais s'il te plaît. Juste cette fois. « 

JAMIE : « O, mon Dieu, j’ai un très grand regret de vous avoir offensé, parce que vous êtes infiniment bon et que le péché vous déplait... Je prends la ferme résolution, avec le secours de votre sainte Grâce, de ne plus vous offenser et de faire pénitence. « 

Claire écoute un instant : le monde est silencieux. Le soleil baisse encore plus maintenant. Il fait chaud, beau et triste. Claire ferme les yeux, épuisée. Après un petit moment...

JAMIE : « Combien de fois dirais-tu que j’ai failli mourir ? »

 Claire le regarde un instant, pas sûre d'aimer la question. Elle réfléchit une seconde... CLAIRE : » Je ne sais pas. Tu étais gravement malade à l'abbaye, après Wentworth. Et après Culloden. Tu as dit que tu as eu alors une fièvre terrible, à cause de tes blessures, et tu as cru mourir, mais Jenny t'a soigné. »

 JAMIE : » M'a plutôt forcé à guérir. « 

CLAIRE : » Et puis Laoghaire, quand elle a tenté de te tuer » --

JAMIE : »   Et que tu m'as forcé à guérir. Pareil, quand le serpent m'a mordu. « 

Claire sourit au mot « forcé ».

JAMIE : » Alors quatre ? »

CLAIRE : « Est-ce que tu comptes le naufrage ? »

 JAMIE : « Toi, tu as failli mourir. Pas moi. »

 CLAIRE : » Très bien alors, comme tu voudras...Bien sûr, il y a… »

 JAMIE : » Mon dos, oui. Donc cinq alors. »

 CLAIRE : « Tu es une personne difficile à tuer, je pense. C'est un grand réconfort pour moi. Alors... oserais-je demander pourquoi tu parles de ça ? »

 JAMIE : » Je pensais à la France... A une chose qui m'est arrivée à Paris quand je vivais avec Jared. J'étais avec des amis, buvant dans une taverne près de l'Université. Il y avait une vieille diseuse de bonne aventure lisant les lignes de la main, dans un coin. Je ne voulais pas qu’elle le fasse, mais les autres ont insisté, et elle m'a attrapé la main et m'a craché dans la paume avant que je réagisse. Elle a frotté son crachat, puis je me suis penché si près que je pouvais sentir sa vieille sueur. Elle a regardé dans ma main... et a retracé les lignes avec un doigt... « tu es un chat, toi », me dit-elle. » (En français)

 CLAIRE : « Elle a dit que tu étais un chat ? « 

JAMIE : » J'ai essayé de m'éloigner, mais elle m’a tenu fermement la main et m’a dit...

« Neuf ». Elle dit qu’elle avait vu le chiffre neuf écrit dans ma main…

Et aussi la mort. « 

CLAIRE : » Donc, tu penses avoir neuf vies ? « 

JAMIE : » Je l'espère. Elle a dit que la mort ne ferait pas de mal quand ça arriverait. «  

C'est ce que Murtagh m'a dit aussi. « (cf épisode 0507) 

CLAIRE : » Et tu les crois ? « 

JAMIE : « Je ne sais pas. Mais si nous en sommes seulement à cinq, alors ce soir ne sera pas le soir où je le découvrirai. »

Claire ferme les yeux.

CLAIRE : » Je n'aurais jamais pensé que le récit de tes rencontres avec la mort m'apporterait tellement de paix. Ou c’est peut-être juste parce que tu es près de moi. »

Et elle s’endort.

 

Luke Schelhaas : 

« Cette conversation sur la diseuse de bonne aventure et les neuf vies vient en fait beaucoup plus tôt dans le livre (A Breath of Snow and Ashes). 

 Jamie se souvient de la rencontre avec la diseuse de bonne aventure au chapitre 10 puis, au chapitre 13, il demande à Claire combien de fois elle pense qu'il a failli mourir. 

Nous n’avons pu utiliser la conversation dans aucun des épisodes précédents, mais nous cherchions toujours un endroit pour la glisser, parce que nous l’aimions tous. 

Quand j’écrivais cette scène (le soleil se couchant dehors, Jamie et Claire finissant leur « dernier repas » et attendant la nuit), eh bien, cela semblait être l’endroit idéal pour glisser la conversation sur les neuf vies de Jamie. 

Cela semblait vraiment cool que la conversation puisse réellement réconforter Claire dans les circonstances. Il ne va pas mourir ce soir. «  

  

13INT. GRANDE MAISON - SALON - NUIT - UNE HEURE PLUS TARD... 

Adso se régale en mangeant consciencieusement les restes du repas dans l’assiette posée au sol.

 Claire s'est endormie par terre... Elle se réveille et cligne des yeux. Elle est confuse pendant un moment, ne sachant pas où elle se trouve – ni pourquoi elle est ici. Puis tout revient.

Elle entend des voix. Pas de colère ou de bruit, juste... des voix.

 

Luke Schelhaas : 

« J'adore la sensation ici de s'endormir au crépuscule et de se réveiller dans l'obscurité. La confusion, Claire se demande peut-être si tout cela n'était qu'un rêve… et puis tout revient brutalement. 

C’est quelque chose que nous avons tous vécu d’une manière ou d’une autre. Il y a une sensation dans cette scène – la température, l’obscurité, les yeux qui s’adaptent, la désorientation – qui est palpable dans le scénario (espérons-le) et évident à l’écran. «  

 

JAMIE : « Claire ! Des gens arrivent. »

 Claire voit Jamie à la fenêtre, regardant dehors.

CLAIRE : » Brown ? »

 JAMIE : » Non.  Les pêcheurs. »

Claire regarde dehors, vers le côté et l'arrière de la maison...

La foule à l’extérieur est soudain plus grande – non seulement les hommes de Brown, mais aussi certains colons, y compris des femmes – pour la plupart protestantes.

CLAIRE : » On dirait que Brown s'est procuré un bouclier humain, le lâche. » 

 Un homme avec une torche s'approche en tête du groupe. Jamie pointe son fusil et le cale contre son épaule.

 JAMIE : « Ne bougez plus ! Je suis armé. « 

HIRAM CROMBIE : » Le monde entier sait que vous êtes armé, M. Fraser. »

Ils reconnaissent tous les deux la voix de Hiram Crombie.

JAMIE : » Hiram Crombie. C'est bien. « 

CLAIRE : » Vraiment ? Je ne pense pas exactement qu'il ait pris notre parti dans tout cela. »

Jamie se retourne et voit vraiment Claire pour la première fois dans cette scène – et il sourit, une expression d'amour et de tendresse extraordinaire venant sur son visage à sa vue. 

JAMIE : « Tu es très belle, Sassenach. «  

Les circonstances la rendent d’autant plus précieuse à ses yeux. Mais il y a des questions plus urgentes à résoudre : 

JAMIE : « Mais oui, c'est bien. Quoique pense Hiram, il ne permettra pas à Brown de mettre le feu à la maison ni de nous pendre dans la cour devant la porte. « 

Jamie regarde à nouveau par la fenêtre...

 JAMIE : » Je ne vois pas Tom. «  

HIRAM CROMBIE : » Nous vous demandons de sortir, M. Fraser. Et votre femme. Et toute autre personne qui est avec vous. « 

JAMIE : » Vous suggérez que je descende dans la fosse aux lions, n'est-ce pas ? »

 HIRAM CROMBIE : » Je ne veux plus qu’il y ait d’effusion de sang. M. Brown m’a demandé de vous parler... Pour négocier. »

 JAMIE : » Quelle assurance ai-je de notre sécurité ? »

 HIRAM CROMBIE : « Je me suis placé entre vous et ces hommes. Ça devrait être une assurance suffisante. « 

Jamie y réfléchit. Puis à Claire, sérieusement...

JAMIE : » Qu'en penses-tu ? Il semble que nous soyons dans une impasse... « 

Claire hoche la tête. Mais ce n’est pas un choix facile.

 JAMIE (à Hiram) : » Très bien ! Mais sachez que nous restons armés. « 

UNE VOIX EXTERIEURE : « Monsieur Fraser, sortez pour que justice soit faite ! » » 

Il se tourne de la fenêtre vers Claire. Ses cheveux se sont détachés au cours du combat. JAMIE : » Veux-tu attacher mes cheveux, Sassenach ? » 

 CLAIRE : » Bien sûr. «  

Elle sait qu'il veut avoir l'air présentable – comme Laird. Jamie se retourne et, à la lueur des bougies, Claire attache ses cheveux... 

 

14 EXT. GRANDE MAISON – QUELQUES INSTANTS PLUS TARD – NUIT 

 Bras dessus bras dessous, Jamie et Claire sortent dans le passage couvert et descendent les marches pour se tenir devant la foule en colère. 

 

Luke Schelhaas : 

« C'est déchirant de voir autant de colons se retourner contre Jamie et Claire ici. C’est un crève-cœur, plus encore que la peur ou l’effroi, que nous ressentons ici. 

Il y a un moment où vous pensez que Jamie et Claire pourraient réellement s’en sortir, mais non, il y a tout simplement trop de choses contre eux. «  

 

VOIX DANS LA FOULE : » Meurtrier ! Tueur sans cœur ! Brûlez la sorcière ! « 

Jamie porte son poignard et son fusil. Il se tient là, digne, défiant quiconque de l'attaquer à nouveau. Lui et Claire portent toujours hardiment des armes. Hiram se rapproche. Jamie croise son regard.

JAMIE : » Hiram ! »

 HIRAM CROMBIE : » M. Fraser. « 

JAMIE : » Je vais vous dire ce que j’ai dit à M. Brown : vous prendrez ma femme sur mon cadavre. « 

M. et Mme. McGregor, le couple suspect qui a insulté Fergus [Épisode 603] sont dans la foule. Il en va de même pour Obadiah Henderson [épisodes 605, 607].

MME MCGREGOR : « Une sorcière ne mérite pas de vivre ! »

 Une pierre siffle dans l'air et rebondit sur le mur de la maison – près de Claire – lancée par Mme McGregor.

HIRAM CROMBIE : « Silence ! Arrêtez-ça ! Du calme ! »

 JAMIE : » Ma femme n'est ni une sorcière, ni une meurtrière » --

 M. MCGREGOR : » Si elle ne l’a pas fait, qui l’a fait ? « 

OBADIAH HENDERSON : « Je dis que si ce n'était pas elle, c’est vous ! »

Tandis que d'autres voix éclatent…

M. MCGREGOR : « Justice pour la jeune fille assassinée et son bébé innocent ! »

CLAIRE : « J’ai essayé de la sauver ! Elle et son bébé ! »

Des cris de « Justice ! » dans la foule. Allan Christie est présent.

JAMIE : » La justice est à moi, dit le Seigneur. « 

RICHARD BROWN : » Alors laissez la justice se faire, M. Fraser. Le comité veut la traduire en justice. Tout accusé a le droit à cela, n'est-ce pas ? Si elle est innocente, pourquoi refuser ? « 

HIRAM CROMBIE : » Cela me semble raisonnable, M. Fraser... Qu'en dites-vous ? »

JAMIE : « Je dis que si je la livre entre les mains de cet homme, elle ne verra jamais de procès - il me blâme pour la mort de son frère. Il la massacrera d'emblée pour se venger de moi. Regardez-le. Il ne représente ni justice ni honneur. »

 RICHARD BROWN : » Vous avez couché avec une autre femme que votre épouse, M. Fraser. Si c'est l'honneur, alors... je suis d'accord. « 

Soudain, une nouvelle voix – Allan Christie est dans la foule.

ALLAN CHRISTIE : » Prenez- le ! Traduisez-le en justice ! C'est lui qui a débauché ma sœur, et qui l’a tuée, je vous l'avais dit, M. Brown... « 

 

Luke Schelhaas : 

« Un moment subtil d'Allan Christie : « Je vous l'avais dit, M. Brown. » 

 

 Jamie et Claire comprennent ce qui s’est passé : c'est Allan qui a alerté Brown du crime. Mais nous n’avons pas le temps d’y penser maintenant.

MME. MCGREGOR : » Non, c'est elle ! Un homme pourrait tuer la fille qu'il a engrossée, mais aucun homme ne serait diabolique au point de sortir un bébé de l'utérus ! Seule une sorcière ferait ça ! »

 La situation semble dangereusement proche de dégénérer en émeute, tant il y a de l’hystérie et de la violence dans l’air.

OBADIAH HENDERSON : » Prenez-les tous les deux, je vous dis ! « 

Hiram réfléchit à cette nouvelle idée. Puis il se tourne vers Brown.

HIRAM CROMBIE : » Oui, vous pourriez -- emmener les deux, je veux dire. M. Fraser, vous veillerez à ce qu'aucun mal ne soit fait votre femme. Et s’il était prouvé qu'elle est innocente, alors « –

Il s'arrête, réalisant les implications.

CLAIRE : « Je suis innocente, et lui aussi. « 

Un murmure s’élève parmi la foule. Jamie et Claire se tournent pour voir : Mme Bug, Arch Bug, Lizzie, Kezzie et Josiah arrivent avec les compagnons de Jamie à Ardsmuir, Kenny et Evan Lindsay et Ronnie Sinclair. Ils se tiennent à l’écart, loin des pêcheurs et des hommes de Brown, armés et prêts.

 

Luke Schelhaas : 

 « Les hommes d'Ardsmuir arrivent enfin. Ils ont été rassemblés par Lizzie, Josiah et Mme Bug. Mais il est trop tard. Ce n’est pas le sauvetage qu’avaient espéré Jamie et Claire. «  

 

Mais Jamie espérait bien plus que cela. Il sait que ses hommes se battraient pour lui s'il les appelait. Mais il sait aussi qu’il y en a trop peu. Faire appel à ses hommes ne provoquerait qu’une émeute sanglante et laisserait sur sa conscience la mort d’innocents. Claire voit Jamie arriver à cette conclusion et son cœur se serre. Il se place derrière Claire pour murmurer.

JAMIE : » Nous ne pouvons pas gagner, Claire. Les hommes sont venus, mais ils sont trop peu. Cela signifierait se battre jusqu'à la mort... Nous devons partir. Ensemble. Je ne vois pas d’autre solution. »

 

Luke Schelhaas : 

« Une décision impossible à prendre pour Jamie ici. Permettre à Richard Brown de traduire Claire et lui-même en justice, c’est le seul moyen d’éviter que cela ne tourne au carnage. «  

 

Claire acquiesce. Mais mon Dieu, c’est une décision difficile à prendre. Jamie se tourne vers Hiram.

JAMIE : » Si vous nous livrez à ce diable, M. Crombie, vous aurez notre sang sur les mains. Vous répondrez de nos vies jusqu’au Jour du Jugement. « 

TOM CHRISTIE : » Et j’en répondrai pour eux maintenant. »

Ils se retournent, stupéfaits de voir Tom Christie. Est-ce un sauvetage ou une nouvelle condamnation ?

Il marche comme un vieillard, voûté et hésitant, ne regardant personne. La foule s’écarte devant lui, respectueuse du chagrin gravé sur son visage. Il a laissé sa barbe pousser, et ses cheveux sont négligés et non peignés.

Ses yeux sont gonflés et injectés de sang. Il se déplace à travers la foule, dépasse Allan (comme s'il n'était même pas là) et s'approche de Brown.

[Tom a rencontré Richard Brown pour la première fois dans l'épisode 601 – mais si Brown s'attendait à de la solidarité de cette rencontre, il avait tort.]

TOM CHRISTIE : » Emmenez-les tous les deux si vous le voulez. Je voyagerai avec eux, et m’assurerai qu'aucun autre mal ne sera fait. Je suis certainement le plus concerné par cette justice. »

Brown est surpris par cette déclaration : ce n’est pas ce qu’il avait en tête. Mais la foule murmure son accord avec cette solution.

Tout le monde a de la compassion et du respect pour Tom. Richard Brown n’a pas vraiment le choix. Jamie non plus. Il acquiesce, ne voyant aucune autre échappatoire.

JAMIE : « Oui… »

HIRAM CROMBIE (soulagé) : « Dieu soit loué. »

Jamie dépose ses armes. Claire lui emboîte le pas.

 LIZZIE : » Non -- M. Fraser « –  

JAMIE : » Lizzie, attends. « 

Jamie jette également un coup d'œil à ses hommes d'Ardsmuir. Ils hochent la tête, tristes et résignés : ils attendront aussi. 

TOM CHRISTIE : » Si cela vous convient, Monsieur Fraser, nous partirons demain matin. Il n'y a pas de raison que vous et votre femme ne puissiez pas dormir dans votre propre lit. »

JAMIE : » Je vous remercie, monsieur. « 

Jamie fait un signe de tête à Tom. Il lui vient à l’esprit que Tom a enfin obtenu ce qu’il a toujours voulu : du pouvoir sur lui. 

TOM CHRISTIE : » Je mettrai un garde pour surveiller la maison. « 

RICHARD BROWN : « Tout comme moi. Emportez les affaires dont vous aurez besoin. Nous partirons aux premières lueurs. «  

Ignorant complètement Brown et Hiram Crombie, Jamie met une main sous le coude de Claire et ils se retournent et entrent dans la maison pour ce qui pourrait être leur dernière nuit passée sous son toit.

 

15INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - CHAMBRE - NUIT 

Gros plan sur les verres brisés de la fenêtre.

 Claire est debout à la fenêtre, regardant dehors, vêtue de sa chemise. Une pleine lune éclaire la rivière sinueuse. Elle se tourne vers son miroir et voit une balle sur sa coiffeuse... C’est la balle qui a brisé la fenêtre… Elle la ramasse entre deux doigts. Un si petit destructeur de mondes...

 

Luke Schelhaas : 

« Une de mes répliques préférées – juste une réplique qui résume tant : « Un si petit destructeur de mondes. » 

Parfois, vous écrivez quelque chose comme ça dans un scénario, non pas parce que les mots seront un jour filmés ou parce que les gens liront le scénario et penseront « quelle superbe réplique » – vous l'écrivez plutôt parce cela dira quelque chose à l'acteur et au réalisateur. Une réplique qu’ils peuvent utiliser en termes d’émotion, en termes de narration. «  

 

Jamie entre dans la chambre éclairée aux chandelles et se tient à ses côtés, la tenant dans ses bras. Elle pose sa tête sur son épaule.

CLAIRE : » Nous avons une belle maison. « 

JAMIE : » Oui. Ce ne sera pas la dernière fois qu’on la verra au clair de lune, Claire. Je te le promets, sur ma vie. « 

 

Luke Schelhaas : 

« Notez le sous-texte ici. Ils parlent de leur belle maison et du fait que « ce ne sera pas la dernière fois que nous la verrons au clair de lune », mais ce dont ils parlent en réalité, c'est de la vie qu'ils ont construite ensemble et de l'espoir fou que ce n’en soit pas la fin. » 

 

16INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON – CHAMBRE - NUIT 

Jamie et Claire sont allongés côte à côte dans le lit. Claire ne peut pas dormir, elle est terrifiée. Elle se tourne vers lui, se serre contre lui – désespérément. Les larmes coulent sur ses joues...

CLAIRE : « J’ai tellement peur… »

Jamie et Claire font l’amour, s’accrochant l’un à l’autre, passionnément.
Série de plans sur les pièces de la maison, dévastées…

 

Luke Schelhaas : 

« Parfois, une scène courte peut prendre beaucoup de temps à l’écran. «  

 

 

17 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - LE LENDEMAIN MATIN 

Jamie et Claire sont assis l'un en face de l'autre dans un chariot couvert, le stress, la tristesse et la détermination gravés sur leurs visages.

Ils ont été placés « en garde à vue » dans le chariot couvert de Richard Brown – pour être transportés à Salisbury.

Richard Brown et ses hommes, mouillés et frigorifiés, sont assis sur leurs chevaux, prêts à partir. Ils portent leurs armes en évidence, nous rappelant quel genre de voyage cela va être. Lizzie, Kezzie et Josiah sont venus dire au revoir, ainsi que M. et Mme Bug.

 Ian est toujours mystérieusement absent.

 

 

Luke Schelhaas : 

« Cette scène faisait 3 pages. Nous avons retiré tout ce qui n’était pas absolument nécessaire. Cela a été fait en partie à cause de la longueur du scénario (et pour alléger le calendrier de production), mais aussi parce que parfois, moins c'est plus. 

Parfois, l’émotion d’un au revoir se joue sans mots. «  

 

Brown s'approche de l'arrière ouvert du chariot avec Oakes, tous deux sur leurs chevaux, et parle à Jamie et Claire :

RICHARD BROWN : » Voici Oakes. Sa tâche est de garder un œil d'aigle sur vous. »

 Oakes hoche la tête, le regard d'acier, calmement confiant.

RICHARD : » Quittez ce chariot et vous le paierez cher. »

A proximité, Tom Christie est assis sur son cheval, prêt à jouer son rôle. Brown le regarde avec méfiance et agacement.

RICHARD BROWN : » En avant ! « 

Et sur ce – le Comité de Sécurité démarre, une file d'hommes à cheval s'éloignant de la Grande Maison en serpentant – Jamie et Claire dans leur chariot au milieu de la meute ; Oakes, Ezra et Jack derrière eux ; et Tom à l'arrière.

Lizzie, les Beardsley et les Bug regardent tristement…

 Jamie et Claire jettent un dernier coup d'œil à leur maison... puis elle disparait, masquée par les arbres.

 

18 EXT. ROUTE FORESTIÈRE - PLUS TARD - JOUR 

Brown regarde devant lui, élaborant un plan dans sa tête. Claire et Jamie voyagent dans le chariot, bercés par les ornières de la route. Une cellule de prison mobile.

Claire regarde par l'arrière du chariot : les hommes blessés, Ezra, Curtis et Jack, un bandage sur le front. 

Tom Christie chevauche comme dans un rêve, plongé dans ses pensées, ne parlant à personne – encore plus seul que Jamie ou Claire. 

Claire se serre dans les bras de Jamie. La route va être longue…

 

19 EXT. PÉRIPHÉRIE DE SALISBURY - FIN DE JOURNÉE 

Le camp est monté pour la nuit. La petite ville de Salisbury est visible au loin.

 Jamie et Claire sont assis sous un arbre, surveillés par Oakes. Ezra est chargé de ramasser et de distribuer des bols de ragoût pour le souper. Il grimace sous l'effort dû à la blessure au côté, où Claire lui a tiré dessus.

CLAIRE (à Jamie) : » Je devrais soigner leurs blessures. J'ai pris mon kit de voyage... « 

JAMIE : » Tu ne leur dois rien. « 

CLAIRE : » Je sais. Mais ça ne nous aidera pas vraiment si l’un d’entre eux meurt d’une infection. « 

Ezra s'approche, un bol de ragoût dans chaque main. Il crache dans un bol et le tend à Claire. Elle le prend, ne sachant pas quoi faire d'autre.

Ezra laisse tomber l'autre bol aux pieds de Jamie, lui éclaboussant les jambes de ragoût. EZRA : » Oh non. «  

Amon Oakes et d’autres rient du spectacle. Jamie se contracte brusquement, comme un serpent qui s'enroule, mais Claire attrape son bras avant qu'il ne puisse frapper. 

CLAIRE : « Pas grave. Laisse-le pourrir. «  

Ezra se tourne vers Claire, la fusillant du regard, et elle soutient son regard. 

CLAIRE : « Vous m’avez’ bien entendue… » 

Ezra n’est pas habitué à une femme sans peur. De toute façon, il ne savait pas quoi faire d’autre... Il retourne près du feu. 

TOM CHRISTIE : » Permettez-moi, Madame Fraser. « 

Tom Christie s'avance et prend le bol souillé des mains de Claire, après avoir tout vu. Il jette le contenu dans un buisson et lui tend un nouveau bol – le sien.

 

Luke Schelhaas : 

« Nous voyons ici des couleurs intéressantes et mystérieuses de Tom. Et Jamie les voit aussi. « 

 

 JAMIE : » Mange, Sassenach. C’est gentiment donné. »

 Plus que gentil. Peut-être la seule gentillesse en ce jour. Claire et Jamie commencent à manger. Tom se retire vers un arbre, s'assoit contre et s'enveloppe dans une couverture pour s'installer pour la nuit à venir. Il met son chapeau sur ses yeux, mais on le voit : il est attentif.

CLAIRE (à Jamie) : « Tu sais, Brown n'a rien planifié. 

A qui exactement veut-il nous livrer ? » 

 JAMIE : « Au shérif du comté, je pense, ou un juge de paix. «  

CLAIRE : » Oui, mais il n'a aucune preuve, aucun témoin. Comment peut-il y avoir un semblant de procès ? » 

 JAMIE : » Y avait-il des preuves quand tu as été jugée comme sorcière ? «  

CLAIRE (se rend compte) : « Non... » 

 JAMIE : » Tu oublies comment ça marche ici, Sassenach... à cette époque. Mais moi, je m’en souviens. J'ai été jugé à Inverness, tu sais. Après m'être rendu. » 

 CLAIRE : » Et qu’est-ce qui est arrivé ? «  

JAMIE : « Ils m'ont fait me lever et m’ont demandé mon nom. Je l'ai donné et le juge a dit « Condamné ! » Et c'était fini. Le lendemain, nous avons commencé à marcher jusqu'à Ardsmuir. «  

CLAIRE : » Ils t'ont fait marcher jusque là-bas ? Depuis Inverness ? «  

JAMIE : » Je n'étais pas très pressé, Sassenach. «  

Les conséquences désastreuses frappent Claire. Que peuvent-ils faire ? 

Il y a du mouvement alors que Richard Brown arrive à cheval, après avoir été à Salisbury. Il n’est pas content.

OAKES : « Quoi de neuf ? « 

RICHARD BROWN : » Rien. Nous continuons. »

 Jamie et Claire observent les regards et les murmures de mécontentement évident parmi les hommes de Brown.

RICHARD BROWN : » Salisbury ne fera pas l’affaire : le shérif a démissionné il y a une semaine, et le tribunal a fermé. Question de politique, dit le juge : la ville est divisée sur la question de l'indépendance. »

 JACK : « Mais ça n'a rien à voir avec l'indépendance - c'est un meurtre, pour l'amour de Dieu ! « 

OAKES : » Tu crois qu'il ne le sait pas ? Tu l’as entendu : il n'y a pas de tribunal ! « 

RICHARD BROWN : » Nous continuons vers Wilmington. Point final. « 

CURTIS : » Wilmington ? C’est à plus de 300 kilomètres ! Pourquoi pas Cross Creek ? » RICHARD BROWN (montre Jamie) : » Parce que sa tante habite près de Cross Creek, espèce d'imbécile, et la justice est une de ses amies. Nous n’obtiendrions jamais de procès équitable. «  

CURTIS : » Nous sommes en route depuis trois jours ! » 

Les hommes râlent. Ils n’ont pas signé pour ça. Oakes crie à cause du bruit. 

OAKES : » Arrêtez ! Nous faisons le campement ici ce soir. Demain, nous partirons pour Wilmington. «  

Oakes regarde Claire, et crache de dégoût. Richard Brown s'approche de Jamie et sourit calmement. Il ne semble pas trop secoué par ce revers. 

RICHARD BROWN : » Ne vous inquiétez pas, M. Fraser. Salisbury n’a peut-être pas de tribunal mais j'ai fait en sorte que toute la ville sache que votre femme était coupable. La nouvelle se répand comme une traînée de poudre maintenant. »

 Brown s'éloigne. Jamie le regarde partir, puis aperçoit Tom Christie assis sous son arbre, les regardant. Non : il regarde seulement Claire – avec un regard d'angoisse et de désir si évidents que cela fait réfléchir Jamie. Tom ne réalise même pas que Jamie l'a surpris en train de regarder.

Claire, elle, est anéantie par la situation.

 

Luke Schelhaas : 

« Jamie surprend Tom en train de regarder Claire avec un « regard d'angoisse et de désir si évidents » et il en prend note pour plus tard. » 

 

20 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - JOUR 

Young Ian et John Quincy Myers reviennent au Ridge après une semaine de chasse, habillés et armés pour la nature sauvage : John dans sa charrette, Ian à cheval. Rollo est avec eux.

Ian lève les yeux vers la grande maison et voit Lizzie sortir par la porte de la cuisine et courir ventre à terre pour les rencontrer. Myers remarque les fenêtres brisées et barricadées, les impacts de balles dans les murs de la grande maison...

 

Luke Schelhaas : 

« Voici Ian, celui qui va dire : « Je ne suis pas seul ». Et il a John Quincy Myers avec lui. Est-ce un indice ? «  

 

JOHN QUINCY MYERS : » Quelque chose ne va pas. «  

Alors que Lizzie arrive, hors d’haleine...

LIZZIE : « Ian ! Ils les ont emmenés ! »

JEUNE IAN : » Lizzie... que s'est-il passé ? « 

 

21 EXT. RIVIÈRE - JOUR 

Le Comité de Sécurité avance le long d'une rivière : une file d'hommes à cheval et deux chariots. Les hommes de Brown sont fatigués, endoloris, mouillés et malheureux. Au-devant, des groupes de villageois travaillent au bord de la rivière et le long du chemin : tannage des peaux, dépeçage de la viande, fabrication de potasse, etc.

 

A22 INT. CHARIOT COUVERT - JOUR 

Jamie et Claire parlent doucement pour ne pas être entendus par Oakes et les autres, qui les suivent de près.

 JAMIE : » Brown perd le contrôle de ses hommes. Ils s'attendaient à pouvoir nous pendre et avoir la chance de piller notre maison ; pas à ça... Ils sont aussi fatigués que nous. »

CLAIRE : » Aucun n'est aussi fatigué que Tom. « 

Derrière Oakes, Tom chevauche, courbé et fatigué.

CLAIRE : » Selon toi, quel est son but dans tout ça ? Nous protège-t-il vraiment seulement pour me voir pendue ? »

 Jamie a une idée à ce sujet, se souvenant de la façon dont Tom regardait Claire la nuit précédente. Mais avant qu'il puisse répondre...

OAKES : » Les voici, les amis ! Voici les meurtriers dépravés dont vous avez entendu parler, capturés par votre Comité de Sécurité. « 

FOULE : » Pendez-les ! Bon sang, allez en enfer ! La voilà, la sorcière ! »

OAKES : » Oh, rassurez-vous, à la fin du voyage, ce sera le bout d’une corde. « 

Dehors, les gens essaient de jeter un coup d'œil à l'intérieur du chariot et se rapprochent. Claire et Jamie ne peuvent qu’entrevoir des mouvements et des visages.

 

Luke Schelhaas : 

« Ces décors que Mike Gunn a conçus pour nous sont tellement fantastiques. Il a parlé de ce voyage de Jamie et Claire presque comme d’une descente aux enfers. » 

 

 FOULE : « Des meurtriers ! Pécheurs !  Meurtrière ! « 

OAKES : » Les meurtriers et les pécheurs sont notre fonds de commerce, braves gens ! » CLAIRE : « Il est doué pour faire le bonimenteur... »

 Quelque chose heurte l'extérieur du chariot, frappant la toile avec un bruit soudain et fort. Puis une autre pierre. La troisième réussit – frappant Claire ! Elle crie de douleur alors que Jamie se précipite vers elle.

JAMIE : « Claire ! « 

Claire pose une main à la racine de ses cheveux, ses doigts sont rouges de sang. Une autre pierre traverse une fente de la bâche, frappant Jamie au bras. Puis une autre. L'enfer a été libéré. La foule hurle. On frappe le chariot à coups de poing.

Un garçon court maintenant derrière le chariot, brandissant un gros bâton. On peut entendre Tom Christie crier.

TOM CHRISTIE : » Arrêtez ! Arrêtez ça ! « 

Claire crie, surprise, alors qu'un garçon apparaît dans un trou de la bâche derrière Jamie. Jamie se retourne et se débat avec lui. Avec Jamie ainsi distrait, un autre garçon saute et tente de grimper par un trou de l'autre côté du chariot, près de Claire. Toute la peur et l'incertitude des derniers jours débordent chez Claire et elle frappe l’enfant au visage ! Deux fois. L’enfant ne s’attendait pas à ça. Avec un troisième coup de poing, Claire entend un crac dans sa propre main et saisit son bras de douleur. Le garçon retombe dans la boue. Jamie aide Claire. Une brique le frappe à la tête. A présent, le chariot et les chevaux sont arrêtés. Brown essaie de reprendre le contrôle...

RICHARD BROWN : » Arrêtez ! Vous tous ! « 

Mais personne ne s'arrête. Jamie couvre Claire de son corps alors que des bâtons et des pierres pleuvent sur lui.

 JAMIE : » Sainte mère. »

 TOM CHRISTIE : » Arrêtez cela, vous tous, au nom du Christ ! Ce n'est pas de la justice ! M. Brown, contrôlez vos hommes ! »

 

Luke Schelhaas : 

« À la fin de la scène, tout le monde est littéralement à bout de nerfs. Tout le monde. Pas seulement Jamie et Claire, qui viennent de traverser une épreuve déchirante, mais aussi Richard et tous ses hommes. 

Et le pauvre et lamentable Tom aussi. » 

 

 Il y a beaucoup de cris. Les femmes hurlent, les chevaux se cabrent et hennissent sauvagement. Tom pointe un pistolet en l'air et tire. Et finalement, le calme revient. Les villageois se dispersent, quelques-uns soignent leurs blessures.

Jamie s'assied lentement, reprenant son souffle. Claire se relève sur un bras tremblant, manquant de tomber. Elle saigne, mais pas beaucoup. Ils regardent la scène...

Les hommes de Brown calment leurs chevaux, rassemblent des objets éparpillés sur le chemin. Tom Christie secoue la tête, dépassé et essoufflé. Richard Brown se tient sur la route, le visage blanc de colère. Lui-même saigne. Il est temps d’adopter un nouveau plan.

JAMIE : « Bon sang… ? Tu es blessée ? » 

Claire fait signe que non.

RICHARD BROWN (Qui a aussi été blessé) : « Calmez-vous ! Avancez ! »

 

 

A20 EXT. CAMPAGNE - CHARIOT - LENDEMAIN 

Roger et Brianna continuent leur voyage. Jemmy est à l'arrière. Roger ralentit le chariot pour permettre à quelques hommes à pied de traverser la route, menant un troupeau de vaches.

 BRIANNA : » On est arrivés ? »

 ROGER : « C’est Jemmy qui est censé dire ça. « 

Brianna sourit – elle plaisantait.

BRIANNA : « C'est incroyable, n'est-ce pas ? Une journée de route à notre époque prend des semaines ici... « 

ROGER : » Oh, hé, jette un œil sous la bouilloire à l’arrière. Fergus me l’a envoyé. »

 Brianna se retourne. Sous une bouilloire se trouve un journal. Elle l'attrape et lit l'en-tête.

BRIANNA : » L'Union de New Bern. »

ROGER : « Regarde encore. « 

BRIANNA : « L'Oignon de New Bern ? Attends, c'est -- ? »

 ROGER : » Le premier essai de Fergus. « 

En effet, le journal s'appelle The New Bern Onion. Maintenant qu'ils se sont arrêtés, Jemmy grimpe devant eux et pose sa tête sur les genoux de Brianna. Il a encore des démangeaisons à la tête.

 

Luke Schelhaas : 

« J'adore le fait que Fergus appelle son journal The Onion (l’oignon) ! » 

 

BRIANNA : « C'est super ! Mais pourquoi Oignon ? »

 ROGER : » Eh bien, il l’explique dans ses « Remarques du propriétaire. »  C'est en rapport avec la peau de l’oignon en plusieurs couches – à la complexité -- et, euh « –

BRIANNA (en lisant) « ... Le mordant et la saveur du discours raisonné seront la marque de ce journal. » Très français de sa part ! »

 ROGER : » Et il y a un coin des poètes. Fergus n'aurait pas pu le faire, il n’a aucune oreille pour les rimes. C’était Marsali, tu crois ? "Sur la loi contre le commerce de détail des spiritueux... »

Jemmy a maintenant une conversation animée et chuchotée avec le ventre de Brianna, son petit frère ou sa petite sœur.

Brianna commence à lire le journal, mais remarque que Jemmy n'arrête pas de se gratter la tête.

BRIANNA : » Est-ce que ta tête te démange, chéri ? (Jemmy hoche la tête) Viens ici, laisse-moi regarder... »

Brianna fait asseoir Jemmy entre eux. Elle inspecte ses cheveux et confirme rapidement sa crainte…

BRIANNA : » Il a des poux. Où a-t-il attrapé des poux ? « 

 

Luke Schelhaas : 

« Les poux ! Si vous avez lu le livre, vous savez où va cette histoire. Il s’agit d’une histoire qui, dans le livre, s’est déroulée sur le Ridge. Jamie et Claire en faisaient partie. 

Mais il fallait raconter cette histoire avec Roger, Brianna et Jemmy sur le chemin d'Edenton. C'était l'épisode dans lequel cela devait se produire, donc… cela devait se produire sans Jamie et Claire. 

Et je pense que ça marche à merveille dans l'épisode. «  

 

ROGER : » Il y en avait au village des pêcheurs il y a environ une semaine... « 

BRIANNA : » Et Jem joue avec Aidan et Rabbie. « 

JEMMIE : » J’en ai aussi ?! » 

 Il est heureux de ressembler à ses amis plus âgés. 

BRIANNA : » On dirait, monsieur. «  

JEMMIE : « Je vais les donner à bébé ? » 

BRIANNA : » Non, bébé ne sera pas là avant encore un moment. Si tu as encore des poux à ce moment-là, nous aurons des ennuis. Nous allons devoir te couper les cheveux. »

 JEMMIE : « Comme grand-mère ? « 

BRIANNA : » (En riant) Encore plus que grand-mère. »

ROGER (à Jemmy) : » Heureusement pour toi, gamin, j'ai apporté mon kit. »

Alors que Roger va chercher des ciseaux dans son kit de rasage...

 

B22. 22 EXT. BORD DE ROUTE PRÈS DU COMPTOIR DE COMMERCE - JOUR 

Le Comité de sécurité continue dans de piètres conditions...

Au crépuscule, Jamie, Claire, Richard Brown et la compagnie traversent un comptoir de commerce temporaire fréquenté par des chasseurs et des commerçants. Il n'y a pas de structures construites permanentes, mais plutôt un ensemble d’étals, d’appentis et d’abris. Les chasseurs et les commerçants – des hommes brutaux – parient sur des combats à mains nues.

 

A22A EXT. BORD DE ROUTE – CHARIOT DE ROGER ET BRIANNA - JOUR 

 Des touffes de cheveux duveteux tombent sur l’herbe et les fleurs aux pieds de Brianna. Jemmy est assis sur une bûche près du chariot. Brianna a presque fini de lui couper les cheveux avec les ciseaux de Roger.

Les cheveux de Jemmy sont désormais coupés très courts.

 ROGER : » Barbier, barbier, rase un cochon. Combien de poils pour faire une perruque ? » BRIANNA : » Beaucoup. Et il avait de si beaux cheveux... « 

ROGER : » Ils repousseront. « 

Encore quelques coups de ciseaux et Brianna est satisfaite.

 BRIANNA : » Voilà. Propre comme un sou neuf. « 

Roger sourit et essuie la tête et les épaules de son fils avec une serviette.

 Brianna remarque quelque chose.

BRIANNA : » Qu'est-ce que c'est ? « 

Elle passe son pouce sur quelque chose à l’arrière de la tête de Jem. Roger se penche pour regarder ce qu’elle a vu : au-dessus de la racine des cheveux et derrière l’oreille gauche de Jem, se trouve un grain de beauté rond, plat et brun d’environ 2 cm de diamètre.

Ils ne savaient pas qu’il en avait un là.

 BRIANNA : » (inquiète) Je suppose que c'est juste un grain de beauté, non ? « 

ROGER : » Oui. Ce n'est rien... juste un naevus. Ils ne sont pas dangereux. « 

BRIANNA : » Mais d'où vient-il ? Il ne l’avait pas à la naissance... »

 ROGER : » Ils ne se développent pas avant l'âge de deux ans ou trois ans – ou plus tard.  Un médecin me l'a dit une fois. J'en ai un comme ça depuis que je suis enfant... « 

Instinctivement, Roger se passe la main derrière la tête, quelque chose de significatif émergeant des profondeurs de la mémoire.

 ROGER : » Juste ici... « 

Il écarte les cheveux derrière son oreille gauche au-dessus de la racine des cheveux pour montrer à Bree : un grain de beauté rond et plat, presque identique à celui de Jemmy. Et maintenant, il se souvient d'autre chose que le médecin a dit :

ROGER : » C’est héréditaire. « 

La réalité les frappe. Ils ferment les yeux. Ni l’un ni l’autre n’a besoin de dire ce que cela signifie : la preuve que Roger est le père biologique de Jemmy.

 

Luke Schelhaas : 

« Il y a maintenant un numéro de scène – A22A. Ce n’est pas souvent qu’on a deux lettres dans un numéro de scène. Cela signifie simplement que nous avons déplacé les scènes et trouvé de nouveaux emplacements pour elles. Celui-ci, A22A, a donc dû se glisser entre A22 et B22. Avant cela, A22 et B22 devaient trouver une place entre 21 et 22. Et puis A23 devait se glisser entre 22 et 23. Ce genre de choses. 

En tout cas, A22A est une de mes scènes préférées. C'est une autre scène qui, dans le livre, incluait Jamie et Claire. Mais nous n’avions pas cette option. Et je pense personnellement que, pour la série, cela a mieux fonctionné comme une histoire plus concise et plus personnelle pour Roger, Brianna et Jem. 

Roger et Brianna ont traversé tellement de choses, ont subi les effets d'entraînement douloureux des saisons 4 et 5. Qu'ils en arrivent, à ce point, à savoir – avec certitude – que Jemmy est le fils de Roger… c'est merveilleux. «  

Roger l'a toujours su dans son cœur, mais il n'a pas pu empêcher le doute de s'infiltrer. Brianna a également eu du mal avec cette incertitude. Et pour en avoir la preuve, cela nous donne les larmes aux yeux. «  

 

BRIANNA (estomaquée) : » Roger... »

 Il l’a toujours su, au fond de lui. Mais en avoir la preuve est plus qu’étonnant. Ses yeux brillent. Brianna aussi. Roger prend une décision, regarde son fils et dit délibérément à voix haute :

ROGER : » Je crois que moi aussi j’ai des poux. « 

 

Luke Schelhaas : 

« J'adore, j'adore, j'adore le moment où Roger décide de se raser la tête à son tour. Nous avons dû demander à Richard Rankin s’il acceptait qu’on lui coupe les cheveux pour cette scène. 

 Il avait passé les deux dernières années à se les faire pousser (il n’a pas porté de perruque), donc nous avions peur qu’il ne veuille pas le faire. Mais il était vraiment ravi et a accepté. Apparemment, il en avait marre des cheveux longs ! «  

 

Jemmy descend de la bûche tandis que Roger dénoue ses cheveux et tend les ciseaux à Brianna.

ROGER : » Tel père, tel fils, je suppose. Donne-moi un coup de main, d'accord ? »

 Tandis que Brianna prend les ciseaux, pleine d’une joie profonde... Roger s'assoit sur la bûche. Jemmy sourit, ravi que son père passe lui aussi dans le « fauteuil de barbier ».

 

 

A23 EXT. CAMPEMENT PRÈS DU COMPTOIR DE COMMERCE - PLUS TARD - NUIT AU CLAIR DE LUNE. 

 La troupe a établi son camp juste en bas de la route du comptoir de commerce, où les commerçants continuent de parier sur les combats, ivres au clair de lune. Un homme lance en riant les braises brûlantes de son feu sur un autre.

 

 Luke Schelhaas : 

« Nous voyons ici cette « descente aux enfers » devenir encore plus profonde pour Jamie et Claire. Pas seulement en termes de contexte plus large, mais aussi en termes de leur environnement immédiat – littéralement, en termes de conception de la production… les décors, les costumes, les artistes secondaires boxant en arrière-plan. 

Cela devrait ressembler à l’enfer sur terre. Mais au sein de cet enfer, Jamie et Claire trouvent à nouveau un petit espace pour l'amour et l'espoir, voire le rire. Le chariot couvert se trouve au bord de la route... «  

 

 

23 INT. CHARIOT COUVERT - MÊME TEMPS – NUIT 

 Jamie et Claire sont assis à l'intérieur du chariot, un côté en toile enroulé pour respirer de l'air frais... Richard Brown, Oakes, Tom, Ezra et les autres sont près d'un feu non loin, gardant un œil sur les prisonniers.

 Jamie masse les jointures enflées de la main de Claire.

Tom s’approche du chariot avec une assiette pour Claire, mais s’arrête en entendant Claire et Jamie discuter.

 JAMIE : » Quand tu vas frapper quelqu'un, Sassenach, fais-le dans les parties molles. Il y a trop d’os dans le visage. Et puis il y a les dents auxquelles il faut penser. « 

CLAIRE : » Merci pour le conseil. Et combien de fois t’es-tu cassé les os en frappant ? »

JAMIE : » Ta main n’est pas cassée. « 

CLAIRE : » Comment le saurais tu ? C’est moi le médecin ici. »

 JAMIE : » Si elle était cassée, tu serais pâle et nauséeuse, pas rouge et grincheuse. »  

CLAIRE : « Grincheuse, mon cul ! Oui, je suis grincheuse… On a seulement été lapidés !

JAMIE : « Oui Sassenach. Te voir frapper ce gamin avec une telle furie, les yeux rougis… Je le chérirai. »

 CLAIRE : « Je suis tellement contente de t'amuser. « 

Des rires bruyants retentissent au-dehors. Tom décide finalement de repartir…

CLAIRE : « C'est quoi cet endroit, d'ailleurs ? »

 JAMIE : « C'est un lieu de troc. Les chasseurs des plaines préparent et stockent leur gibier à proximité avant rentrer chez eux. « 

CLAIRE (regardant le combat de boxe) : « Ils semblent aimer leurs jeux. » 

Jamie regarde Richard Brown assis près du feu, sa coupure (due à la lapidation au bord de la route) toujours rouge. Il essuie un peu de sang avec sa main.

 

Luke Schelhaas : 

« Il était important pour nous de voir Brown remettre en question ses choix. Vous pourriez avoir l’impression qu’il prépare quelque chose ici. Vous auriez raison. Il était également important pour nous de montrer Tom en train de veiller. «  

 

JAMIE : » J’ose dire que Brown regrette son choix de répandre des ragots et de la haine à notre égard. Il aimerait nous voir lapidés, mais je ne pense pas qu’il s’attendait à être pris au milieu de l’action. »

 Jamie touche délicatement une coupure sur son visage.

CLAIRE : « Mon tour. Fais-moi voir. »

Elle trouve un petit pot de pommade dans sa trousse et en met sur ses coupures, tendrement. C'est assez sexy dans ces circonstances. «  

CLAIRE : » À ton avis, Wilmington est encore loin ? »

 JAMIE : » Dix jours, peut-être moins. Pourquoi ? Tu as rendez-vous quelque part ? Dors maintenant, nighean donn. »  

Claire se blottit contre lui pour plus de confort et de chaleur. Elle ferme les yeux.

On voit, pour terminer la scène, deux souris mangeant dans une assiette le ragoût laissé sur le sol du chariot.

Un peu plus tard, Claire est seule. Jamie est sorti pour se soulager.

 

Luke Schelhaas : 

« J'ai décrit ces souris des bois dans mon premier brouillon. J'ai failli les couper à un moment donné juste pour aider la production (travailler avec des animaux sur le plateau peut prendre beaucoup de temps) mais notre incroyable réalisateur Jamie Payne a vraiment adoré la transition. Alors nous les avons gardées ! » 

  

A24 EXT. CAMPEMENT PRÈS DU COMPTOIR DE COMMERCE – JUSTE APRES - NUIT 

Jack conduit Jamie vers un bosquet d'arbres et de broussailles.

JACK : « Allez pisser. »

 Jamie soutient son regard. Il ne va pas pisser pendant que Jack regarde. Les rires des commerçants ivres attirent l’attention de Jack sur les combats à proximité. Il regarde Claire, qui dort profondément dans le chariot, visible à travers le côté ouvert. 

JACK : « Je ne pense pas vous partirez sans votre femme. Je vais vous laisser un moment. »

Il se retourne et fait quelques pas pour se rapprocher du combat. Se retourne encore pendant que Jamie se soulage sur un arbre. Jamie entend le hululement d'un hibou. Il regarde Jack, qui ne l’a pas entendu et ne s’est plus retourné. La chouette hulule à nouveau et Jamie scrute les sous-bois... Deux yeux humains se matérialisent dans l’obscurité et le jeune Ian s’avance silencieusement, caché derrière une épaisse couverture.

 

Luke Schelhaas : 

« Et voici Ian… » 

 

 JAMIE (tranquillement) : » Christ. »

JEUNE IAN : » (En souriant) Plutôt ton ange gardien. »

 Ils parlent à voix basse, gardant un œil furtif sur les hommes, faisant attention à ne réveiller personne, sachant que Jack pourrait se retourner à tout moment. Pour l’instant, Jack regarde le combat.

JAMIE : » Il nous en faudrait beaucoup, mon garçon. »

 JEUNE IAN : » Je ne suis pas seul. Donne le signal et nous sortirons... »

 

 Luke Schelhaas : 

… « Et voici sa phrase sur le fait de ne pas être seul. Il veut dire Myers ? Le reste des hommes d'Ardsmuir ? 

 J'espère qu'en regardant l'épisode, vous étiez impatients de découvrir la réponse à ce mystère. «  

 

JAMIE : » Pas encore. Mais reste proche. »

 Jamie regarde à nouveau Jack. Jamie sait qu'il pourrait se retourner à tout moment. JAMIE : « Le Ridge... Tout va bien ? « 

JEUNE IAN : » Il y a des potins... des rumeurs. »

 JAMIE : » Oui, c’est normal. »

JEUNE IAN : » On m’a parlé de la lapidation... »

 JAMIE : » Oui. Brown lance des rumeurs en chemin » --

JEUNE IAN : » Tu n’as pas idée de ce que j’entends dire en vous suivant. Il y a un abri dans les collines voisines ; nous pourrions être en sécurité, cachés dès l'aube. »

 JAMIE : » Cela ne suffirait pas. On nous hait, on exaucerait le vœu de Brown. Fuir serait admettre notre culpabilité. Des fugitifs, avec un prix sur nos têtes. »

 JEUNE IAN : » Alors j’attendrai et je surveillerai ».

JAMIE : » Que Dieu t'accompagne, Ian. « 

JEUNE IAN : « Et toi aussi, mon oncle. « 

Ian recule et il disparaît dans la nuit. Jack ne l'a pas remarqué. Les souris mangent... 

Jamie retourne au chariot.

  

Luke Schelhaas : 

« Ian disparait dans le noir… les souris mangent… il est souvent important de penser à ces transitions d’une scène à l’autre, d’un jour à l’autre. «  

 

24INT. CHARIOT COUVERT - MATIN - JOUR 

 Claire se réveille. Jamie est déjà debout. Les hommes de Brown se préparent à partir, vus par le côté ouvert du chariot couvert. Mais quelque chose est différent ce matin : un homme inconnu – bien habillé et donc incongru dans cet endroit – discute avec Richard Brown.

 

 Luke Schelhaas : 

« Nous voyons ici le résultat de toutes les interrogations de Richard Brown la nuit précédente. Mais ce qu’il prévoit reste un mystère. «  

 

CLAIRE : » Que se passe-t-il ? « 

JAMIE : « Brown est parti au petit matin et il revient avec un ami. »

CLAIRE : » (Avec inquiétude) Qui est-ce ? »

 JAMIE : « Je ne sais pas, mais il me rappelle quelqu’un. »

 

25 EXT. SENTIER A CHEVAL A TRAVERS LES ARBRES - PLUS TARD – JOUR 

 Le Comité de Sécurité, Jamie, Claire et Tom Christie continuent leur route, dans la brume et la boue. Derrière le chariot se trouve l'omniprésent Oakes. Derrière Oakes monte Ezra (l'homme blessé par Claire) affalé sur sa selle et accroché à son cheval. Richard Brown et le nouvel homme, Jacoby, chevauchent à l’avant.

 

A26 INT. CHARIOT COUVERT - JOUR 

 Jamie revient sur Jacoby et Brown... 

JAMIE : » Je me souviens d’où je le connais. C’est un marchand avec des relations à Cross Creek. Roger Mac et moi l'avons rencontré une fois, avec Philip Wylie. «  

CLAIRE : » Et maintenant il a affaire à Brown. » 

JAMIE : » Oui. Brown est en train de mettre quelque chose en place, mais je ne sais pas quoi. » 

 Jamie regarde par un rabat de la toile du chariot. Puis... tranquillement... 

JAMIE : » Ian s'est faufilé au camp hier soir. «  

CLAIRE : » Pourquoi ne m'as-tu pas réveillée ? «  

JAMIE : » Il n'y avait aucune chance de s’enfuir. Il m’a dit qu'il suivrait, mais je ne le vois pas. » 

Soudain, dehors, Ezra glisse de son cheval et atterrit dans la boue sans se relever.

 

 

Luke Schelhaas : 

« La mort d'Ezra est l'un de ces passages où vous pensez, eh bien, peut-être que nous pouvons le couper. Nous savions que nous pourrions être longs ; nous savions que ce serait un tournage difficile ; et d’une certaine manière, l’histoire aurait probablement pu être racontée sans la mort d’Ezra. 

Mais c’est aussi tellement vrai, réel et tragique, et cela affecte plus de gens que Jamie. Je suis content de n’avoir jamais suggéré de le couper. «  

 

JACK : » Arrêtez ! Arrêtez ! « 

La compagnie s'arrête. Jack descend de cheval et se penche vers Ezra. Claire et Jamie regardent.

 JACK : » Raide mort. « 

Jamie regarde Claire, inquiet qu'elle puisse le prendre mal, mais il n'y a aucune culpabilité dans ses yeux. Juste de la résignation.

 JACK (à Oakes, plein d'espoir) : » C'est un ami, je connais sa famille. Je devrais le ramener chez lui pour l’enterrer... »

 Mais c'est Richard qui répond...

RICHARD BROWN : » Laissez les morts enterrer les morts. Attache-le sur son cheval. Nous continuons ! »

 Tandis que Jack et Oakes hissent Ezra mort sur son cheval…

 

 

26 EXT. CARREFOUR - PLUS TARD - JOUR 

 La troupe arrive à un carrefour avec un petit puits. Alors qu'ils s'arrêtent, Oakes ouvre la trappe du chariot.

OAKES (à Jamie) : » Sortez et allez boire un peu. » (Claire commence à se lever) Restez ici. Ce ne sera pas long. »

 Jamie descend du chariot. Curtis distribue des gourdes pour prendre de l'eau – mais curieusement, environ la moitié des hommes restent à cheval. Tom vient de se désaltérer. Jamie prend une gourde et Oakes le conduit au puits...

OAKES (A Jamie) : » Dépêchez-vous ! »

Jamie commence à puiser de l'eau du puits. Soudain… Oakes et Jack l'attrapent par derrière et l'éloignent, la gourde tombant au sol. Jacoby (le nouvel homme) regarde. 

JAMIE : » Qu'est-ce que vous faites ! -- lâchez-moi ! »

JACOBY : Doucement, Fraser – doucement ! » 

 Jamie est en colère. Deux autres hommes le forcent à se mettre à genoux. A l’intérieur du chariot, Claire entend l'agitation...

CLAIRE : « Jamie ! Non ! Lâchez-moi ! Jamie ! »

Deux hommes sautent dans le chariot pour maîtriser Claire – une séparation planifiée entre l'homme et la femme. L'homme qui conduit le chariot fouette son cheval et le chariot fait une embardée en avant.

 

Luke Schelhaas : 

« Séparer Jamie et Claire est toujours une bonne chose pour nous, du point de vue dramatique. » 

 

La moitié de la troupe galope sur la route derrière le chariot, y compris Richard Brown. Les autres restent avec Jamie en difficulté (une dizaine d'hommes dans chaque groupe). Cela arrive si vite que Tom Christie est complètement pris au dépourvu, une gourde d’eau à la main – et ne sait plus où se tourner.

 JAMIE : « Claire ! Claire ! « 

Tom se précipite vers son cheval, monte maladroitement et part à la poursuite de Claire – alors qu'Oakes assomme Jamie avec la crosse de son pistolet.

 

 

 

27 EXT. ROUTE – QUELQUES INSTANTS PLUS TARD - JOUR 

 Le groupe en fuite avec Claire ralentit, Claire toujours à l'intérieur du chariot. Richard Brown les rattrape.

CLAIRE : » Que faites-vous ? -- Où emmenez-vous Jamie ? »

 RICHARD BROWN : » Cela ne vous regarde pas. « 

CLAIRE : » Espèce de salaud ! « 

Le visage de Brown se crispe. Il fait tourner son cheval et revient vers Claire et soutient haineusement son regard.

RICHARD BROWN : « Vous pensez que j’agis ainsi à cause de ce qui est arrivé à mon frère, mais ce n’est pas vrai. Mon frère était un voyou. Ce que lui et les autres vous ont fait subir était cruel et impardonnable. Mais vous avez commis un meurtre, Madame Fraser -- une fille innocente et son enfant à naître. Je n'ai besoin d'aucune autre cause. »

Il tourne à nouveau son cheval dans la bonne direction, mais s'arrête.

RICHARD BROWN : » Encore une fois, c’était mon frère. Et Je l'aimais. » 

 

Luke Schelhaas : 

« J'adore la réplique que nous avons proposée pour Brown ici. Vous pensez qu’il pourrait en fait montrer un côté humain. Il admet que ce que son frère Lionel a fait à Claire était impardonnable et qu'il méritait la mort qu'il a reçue. 

 Mais ensuite, il se retourne et dit… « Encore une fois, c’était mon frère. Et je l’aimais. » 

Et vous savez que c'est personnel. Et cela dit tout. Claire est terrifiée par cette inquiétante ambiguïté. » 

 

 Soudainement -- Tom Christie arrive sur son cheval, essoufflé et épuisé. Les épaules de Richard Brown s’affaissent.

CLAIRE : » Tom – il faut y retourner ! Ils vont tuer Jamie ! « 

Les hommes qui tiennent Claire la tirent au fond du chariot.

RICHARD BROWN : » Vous êtes un gardien persistant, M. Christie, je dois le reconnaitre. »

TOM CHRISTIE : » Que signifie tout ceci ? Vous avez juré de bien les traiter. »

 RICHARD BROWN : » Je ne fais de mal à personne. M. Fraser est simplement... renvoyé chez lui. « 

TOM CHRISTIE (à Brown) : » Un mot avec vous, monsieur. »

 Ils se mettent à l’écart et discutent à voix basse ensemble sur leurs chevaux... sous le regard de Claire. Finalement, Tom revient vers Claire.

TOM CHRISTIE : » Ils ne lui feront pas de mal. Parole d’honneur de M. Brown. « 

CLAIRE : » Et vous le croyez ? Non. Vous devez y retourner » –

TOM CHRISTIE : » J'ai juré de vous protéger, Madame Fraser. Je connais votre mari ; il peut s’en sortir seul. »

Il semble épuisé.

CLAIRE : » M. Christie... »

TOM CHRISTIE : « Si j’y retourne, je ne peux plus vous protéger. Et ça, je ne peux pas le faire. « 

RICHARD BROWN : « En avant ! »

CLAIRE (En voix off) : » Il avait raison, bien sûr. Sans Tom comme protecteur, j’étais comme morte. « 

 

 

28 EXT. DIVERSES ROUTES – SUCCESSION DE JOURS 

CLAIRE (En voix off) : » La route vers Wilmington se déroula dans la peur et l'inconfort. Pendant que je me demandais ce qui allait m'arriver... ma pensée constante était pour Jamie. Tom Christie était clairement mon seul espoir d'apprendre quelque chose, mais il évitait mon regard et gardait ses distances – ce qui m’alarmait plus qu’autre chose. Il était clairement perturbé. J’avais terriblement peur qu’il soupçonne la mort de Jamie, mais ne l’admettait ni à moi, ni à lui-même.
Mon seul petit espoir était celui-ci : si on avait appris mon arrestation à Wilmington avant que j’arrive, alors peut-être que Roger et Brianna aussi, à Edenton… »

 

On voit la scène suivante sur les paroles de Claire… 

A32 EXT. ROUTE – CHARIOT DE ROGET ET BRIANNA - JOUR 

 Brianna, Roger et Jemmy continuent leur route vers Edenton.

Roger a la barbe rasée et les cheveux courts. Tel père, tel fils.

 

Luke Schelhaas : 

« Cette scène de Roger, Brianna et Jemmy – révélant la nouvelle coupe de cheveux de Roger ! – a en fait été avancée dans le montage final. » (Voir numéro de scène, ndlt) 

 

 

 29 EXT. RUES DE WILMINGTON - UN AUTRE JOUR - CRÉPUSCULE 

La compagnie transportant Claire entre en ville. Les signes de troubles sont partout... Briques et fenêtres cassées, vieilles effigies brûlées et des gens marchant, effrayés, dans les rues. Ils s'arrêtent devant une maison en briques blanchies à la chaux.

 RICHARD BROWN : » Votre logement, Madame Fraser. « 

TOM CHRISTIE : » Qui habite ici ? «  

RICHARD BROWN : » Le geôlier, le shérif Tolliver, et sa femme habitent à l’avant. Les prisonnières sont à l'arrière, avec les rats. » 

 

 30INT. MAISON DE CORRECTION DE WILMINGTON - QUARTIERS DES FEMMES - CRÉPUSCULE 

 Le shérif Tolliver, gras et mal rasé, conduit Claire à travers le couloir jusqu'au quartier des femmes. Deux prisonnières regardent Claire depuis une cellule à gauche. Une autre femme se lave le haut du corps dans une cellule au bout de l’allée. Tolliver ouvre une porte à barreaux sur la droite pour laisser Claire entrer dans la cellule restante. Ce n’est pas un homme sympathique.

SHÉRIF TOLLIVER : » Vous avez manqué le dîner. Il faudra attendre demain. « 

Tom tend à Claire sa sacoche mais Tolliver refuse. Le shérif ferme la porte derrière elle avec un bruit sourd. Claire regarde autour d'elle. Un rat court le long d’un mur.

RICHARD BROWN : « J’aimerais vous parler, shérif. » Et il donne de l’argent à Tolliver dans un coin.

 Richard Brown sort avec le shérif, mais Tom s'approche de Claire. Il lui passe une bourse à travers les barreaux.

TOM CHRISTIE : » Pour votre entretien. « 

Claire accepte le cadeau, trop fatiguée pour refuser.

CLAIRE : « Tom… »

 TOM CHRISTIE : » Croyez-moi, votre mari est vivant. Je n'aurai pas sa mort sur ma conscience – ni la vôtre. « 

 

Luke Schelhaas : 

« J’adore ce moment entre Tom et Claire dans la cellule de prison. » 

 

 CLAIRE : » Mais où ? »

TOM CHRISTIE : » Ayez confiance en Dieu. Il délivrera le juste du danger. « 

CLAIRE : « Vous pensez que je suis juste ? »

TOM CHRISTIE : » Je ne quitterai pas la ville, Madame Fraser. Vous pouvez aussi avoir confiance en cela. « 

Et après lui avoir serré la main, il s'en va. La porte du couloir se ferme et une clé ferme la serrure.

RICHARD BROWN (En sortant) : » Je vous verrai à la potence, Madame Fraser. »

 

 31 EXT. PRISON DE WILMINGTON - QUARTIERS DES FEMMES - NUIT 

La prison paraît encore plus sombre la nuit. Tom Christie surveille la prison d'en face, fidèle à sa parole. Mais que se passe-t-il dans sa tête ? 

 

32 33. EXT. SUR UNE PLAGE PRÈS DE CAPE FEAR - JOUR 

Jamie est attaché à un poteau sur une plage. Il cligne les yeux car on vient de lui enlever une cagoule. C’est Oakes qui la lui a enlevée. Il se tient devant Jamie. Jack le rejoint et ensemble, ils hissent Jamie sur ses pieds et l'accompagnent de force vers... Là où six ou sept hommes de Brown attendent.

 JAMIE : » Où est ma femme ? Qu'en avez-vous fait ? « 

Les yeux de Jamie se sont complètement adaptés à la lumière du jour alors qu'Oakes et l'autre homme accompagnent Jamie jusqu'au bord de l'eau. Jacoby se tient à proximité. Un navire est ancré dans les eaux profondes. Son vaisseau. Une barque vient du navire vers eux.

 

Luke Schelhaas : 

« C'était une scène amusante à écrire. La révélation de ce que Brown et Jacoby ont fait est (espérons-le) très satisfaisante. » 

 

 OAKES : » Je n’ai rien fait, M. Fraser. Quant à ce que M. Brown a pu faire, eh bien... ce n'est pas à moi de le dire. Avec tous les ennuis que cette salope nous a causés, et la mort de mon ami Ezra, j'espère qu'elle mourra. « 

Jamie se débat, mais il est étroitement ligoté. Oakes le frappe violemment au ventre. Jamie tombe à genoux.

 OAKES : » Et quant à vous, vous partez à bord de ce navire. Et puis, le navire vous ramène chez vous, en Écosse, votre pays. »

 JACOBY : » Le Firmament de Dieu. Mon vaisseau amiral, M. Fraser... Nous partons pour Édimbourg dans l’heure. « 

OAKES : » Et vous ne reverrez jamais votre sorcière de femme. »

 JACOBY : » J'espère que vous avez mon argent, M. Oakes. M. Brown a dit… »

Une flèche frappe Jack (l'autre homme qui tient Jamie) et il tombe mort sur le sable. Oakes et Jacoby sont stupéfiés pendant un instant. Jamie regarde autour de lui.

Depuis le sommet de la dune, Ian, John Quincy Myers et quatre Cavaliers Cherokees : Chef-Oiseau, Eau-Calme et deux autres [cf les épisodes 602 et 604]. Ian a un arc et des flèches ; les autres ont des fusils.

 

Luke Schelhaas : 

« La chose la plus cool que nous ayons trouvée pour cet épisode (à mon humble avis) est la révélation de qui Ian parlait quand il a dit qu'il n'était pas seul. Il s'agit du chef Cherokee et des guerriers des épisodes 2 et 4. 

Nous avons eu cette idée très tôt dans la saison, que si Jamie devait apporter des armes aux Cherokees dans l'épisode 4, alors il devait en résulter quelque chose. 

 Ces armes devaient « exploser » (selon les mots immortels d’Anton Tchekhov). C’est de cela qu’Ian parlait lorsqu’il a dit qu’il n’était pas seul ! «  

 

Eau Calme pointe un fusil sur l'un des hommes à terre – et l'abat. Les autres hommes se précipitent pour récupérer leurs armes – Myers en vise un au torse. Plusieurs coups de feu et tous les méchants sont morts sauf Oakes et Jacoby. Cela arrive vite. Les hommes qui rament sur le bateau commencent à repartir dans l’autre direction – Jacoby plonge dans la mer et commence à nager vers le bateau ! Ce n'est pas son combat.

Seul Oakes reste debout. Le chef Bird pointe son fusil sur lui. Acculé, Oakes cherche son arme de poing, mais...

 JOHN QUINCY MYERS (En visant Oakes) : » Je ne ferais pas ça, l’ami. « 

JAMIE : » Ne tirez pas ! Il sait où est Claire ! »

 Pendant un instant, Oakes est soulagé, pensant que sa vie pourrait être épargnée s'il reste utile. Mais alors –

 JEUNE IAN : » Nous aussi, mon oncle. »

 

 Luke Schelhaas : 

« J'adore la phrase d'Ian "Nous aussi, mon oncle." 

 

Le sursis est terminé. Oakes sait qu'il est fichu. Désespérément, il lève la main en signe de protestation, mais... ! Le chef Bird lui tire une balle dans la paume. Il tombe, révélant que... La balle a traversé sa main et est entrée dans son œil. Il s'effondre au sol, mort.

 De la fumée s’échappe du canon du fusil de Bird. Jamie est indemne, bien que du sang l’ait éclaboussé. Bird lui fait un signe de tête significatif avec un soupçon de sourire.

CHEF OISEAU : » Je t'avais dit que je me battrais avec toi, Tueur d'Ours. « 

Une référence à ce qu'il a dit dans l'épisode 604. Et ainsi, les armes que Jamie craignait d’être utilisées contre lui sont venues à sa défense. Le risque qu’il a pris en faisant ce qu’il fallait a porté ses fruits.

 

 Luke Schelhaas : 

« Cette idée selon laquelle « les armes dont Jamie craignait qu’elles soient utilisées contre lui sont venues à sa défense » était vraiment cruciale pour nous. Et, espérons-le, une récompense très excitante et satisfaisante pour le dilemme précédent de Jamie cette saison. Aujourd'hui, le Karma est son ami. «  

 

Quelques instants plus tard : Jamie, Ian, Myers et les Cherokees partent ensemble, galopant pour sauver Claire.

 

 Luke Schelhaas : 

 « Lorsque nous avons initialement écrit ce scénario, ce n’était pas la scène finale de la saison. Mais à cause du COVID, nous avons dû écourter notre saison et du coup, l’avant-dernier épisode de la saison est devenu le final. 

 Ce qui est merveilleux, c'est que nous avons tous réalisé d'un coup que cela donnerait un final fantastique avec très peu de changements. C’est juste un moment particulièrement excitant. 

La fin ici est un cliffhanger fantastique, peut-être frustrant, alors qu'un Droughtlander arrive ! Mais quand même, cette dernière scène de l'épisode, le sauvetage de Jamie, tous ces gars qui partent sauver Claire, c'est plutôt cool. Et magnifiquement photographié. 

Merci d'avoir regardé (et d'avoir lu ces annotations) ! «  

 

 

 

 

 

 FIN DE L'ÉPISODE