Dans la version finale uniquement
Indications et dialogues
Dans le script, absent de la série
Indications et séquences
Commentaires des scénaristes

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Production finale rapportée et mise en page par Brigitte Blanc 

En violet, les interventions des scénaristes au sujet de l'épisode. 

 

 

 

ÉPISODE 607 « LA BAVE DU CRAPAUD « (STICKS AND BONES) 

Ecrit par Danielle Berrow 

 

 

 

PROJET DE PRODUCTION FINAL

 9 juin 2021

COPYRIGHT © 2019 Sony Pictures Television INC

 

LISTE DES PERSONNAGES

CLAIRE FRASER /JAMIE FRASER/ BRIANNA RANDALL FRASER /ROGER WAKEFIELD MACKENZIE ALLAN CHRISTIE/ ARCH BUG /HIRAM CROMBIE /JOSIAH BEARDSLEY /KEZIAH BEARDSLEY

LIONEL BROWN/LIZZIE WEMYSS /MALVA CHRISTIE/ MME. BUG/OBADIAH HENDERSON

 RICHARD BROWN /TOM CHRISTIE /JEUNE IAN

 

INTÉRIEURS

Fraser’s Ridge :  Grande maison : Chambre à coucher. Salle à manger. Cuisine. Infirmerie. Salon. Passage couvert. Couloir. Écuries/ Maison des réunions/ La Maison de Roger et Brianna

 

 EXTÉRIEURS

Fraser’s Ridge : Grande maison : Jardin. Porche arrière. Le porche. Écuries /Maison des Réunions/ Cimetière /La Maison de Roger et Brianna /Christieville : La cabane de Tom Christie /Les bois

 

 

PASSAGES PRESENTS DANS LE SCRIPT ORIGINAL MAIS PAS DANS LA VERSION TELEVISEE FINALE, apportent souvent un éclairage complémentaire passionnant. 

COMMENTAIRES DU/DE LA SCENARISTE, TOUJOURS INTERESSANTS ! 

INDICATIONS SCENIQUES ET DIDASCALIES

DIALOGUES VOIX DIRECTE

CE QUI APPARAIT DANS LA VERSION FINALE TELEVISEE UNIQUEMENT+ COMMENTAIRES
 

Danielle Berrow : 

« Le titre de cet épisode s’inspire évidemment du dicton bien connu : « les bâtons et les pierres peuvent me briser les os mais les mots ne me feront jamais de mal ». La réalité pour les Fraser est différente et, dans ce cas-ci, les mots leur feront certainement du mal. 

Les mots sont puissants et les étiquettes attribuées aux gens à notre époque le sont encore plus, surtout lorsqu’il s’agit des femmes et de leur rôle dans la société. La réputation de Claire au XVIIIe siècle est essentielle à sa sécurité. 

Dans cet épisode, nous constatons qu'une fois de plus, malgré sa force et son courage, pour le meilleur ou pour le pire, ce que les gens pensent d'elle compte vraiment. «  

 (« Les bâtons et les pierres peuvent me briser les os, mais les mots ne me feront jamais de mal » est en fait une vieille comptine enfantine, utilisée dès 1862 pour empêcher les gens de se livrer à des brimades verbales, à de l’intimidation et éviter les représailles physiques. 

Je vous propose une traduction du poème original en fin de script. Ndlt) 

 

 

COLD OPEN (SEQUENCE PRE-GENERIQUE) 

Ndlt : cette scène était initialement prévue dans le script original beaucoup plus tard (scène 30) avec une alternance de plans entre le sermon de Roger et la confession publique de Malva devant les paroissiens (en séquence flashback). 

 

Ouverture de la scène : Maison des Réunions.
La salle est pleine. Malva se tient devant l’assemblée… Qui peut aussi ressembler à un tribunal…

Une série de plans montrant Malva s’exprimant seule, dans différentes attitudes, montrant de la colère, du désespoir, pour finir par une humilité honteuse.

MALVA : « Je me tiens devant vous aujourd’hui pour vous dire que le diable est réel… On dit qu’il vient sous les traits d’un ange, mais il m’a parlé sous l’apparence d‘un homme… Il m’a séduite... J’ai perdu mon innocence... Elle m’a été volée... Prise par quelqu’un en qui j’avais confiance... Qui avait fait des promesses... Qui était censé être gentil avec moi… Mon bébé sera un bâtard à vos yeux, mais j’espère que vous aurez à cœur de bien nous traiter. »

 

 

GENERIQUE ET CREDITS 

 

TITLE CARD 

Gros plan sur une tige de roseau, le long de laquelle on voit grimper une coccinelle… (Un plan reposant, la coccinelle étant un petit insecte souvent présenté comme un messager divin et un symbole de chance très puissant. On raconte que si une coccinelle se pose sur vous, elle réalisera l'un de vos vœux… !!) 

… Jusqu’à ce que la coccinelle s’envole brusquement, son chemin étant arrêté par… du sang coulant le long du roseau…

 

Une autre variante de la title card (script original) était la suivante : 

B2 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - JARDIN - JOUR 

Gros plan sur un insecte rampant sur les plis d’une robe de femme. Nous le suivons alors qu’il continue son chemin en passant d’un tissu parfaitement ordinaire à une tache de fibres pourpres, profondément imbibées de sang. 

  

 

1 A2 EXT. FRASER’S RIDGE – LES BOIS - JOUR 

Cette séquence était à l’origine la séquence pré-générique (cold open). Elle a été supprimée dans la version finale. 

 

Quelqu’un court à travers les bois avec un sentiment d'urgence, poursuivi par une – peut-être même par deux personnes. Il est difficile de savoir exactement de qui il s’agit. 

En réalité c'est Lizzie... poursuivie par Josiah et Kezzie. Mais lorsque nous l’apercevons enfin, essoufflée et incapable de courir plus loin, nous réalisons qu’il n’y a aucun danger ici. Il y a de la romance, du flirt dans l’air… 

On entend les gloussements de rire de Lizzie alors qu'elle virevolte légèrement d'un jumeau à l'autre – sans doute - ou est-ce juste l'un d'entre eux ? 

 

 Danielle Berrow : 

« Nous avons initialement filmé une scène dans laquelle Lizzie était poursuivie à travers les bois… nous voulions préserver un sentiment de danger sur le Ridge, comme si celui qui avait tué Malva était potentiellement en liberté. 

En réalité, Lizzie était seulement poursuivie de manière ludique par les jumeaux Beardsley ; cette scène était une allusion à leur romance. 

Mais en fin de compte, nous avons choisi d'utiliser des images de Malva livrant ses 

 « aveux » devant la congrégation dans la Maison des Réunions (tirées d'une scène qui apparaît plus tard dans ce scénario, scène 30), car elles sont particulièrement effrayantes et ont contribué à donner le ton de l'épisode et à garder Malva particulièrement présente de nos esprits. » 

 

 

 2 EXT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - JARDIN - JOUR 

La scène commence par un gros plan sur les bottes de Tom Christie qui s’approche du corps de Malva. On distingue au fond Claire et Jamie près du corps.

Gros plan sur Tom, abasourdi et sous le choc de ce qu’il voit.

Puis nous voyons Allan Christie, agenouillé près du cadavre de Malva. Le bébé mort de Malva repose sur sa poitrine. Elle est toujours allongée là où elle est tombée, dans l'épisode 606, cela ne fait que quelques heures environ depuis son meurtre.

Nous voyons donc qu'Allan est accompagné de Tom Christie – tous deux avertis par Claire et Jamie. Allan pose un tissu de lin sur sa sœur et le bébé, et se lève pour rejoindre la conversation. Il est en colère, presque incrédule, lorsqu'il s'adresse à Claire.

Jamie se signe.

 

Danielle Berrow : 

« Nous voulions capturer l’horreur qui a immédiatement suivi le meurtre de Malva et les réactions des personnages dans cette scène – un kaléidoscope d’émotions extrêmement complexes. 

Chaque personne dans la scène porte un fardeau émotionnel particulier, peut-être même un fardeau de culpabilité – quoique sous diverses formes et pour des raisons très différentes – quelque chose qui est exploré tout au long de cet épisode. » 

 

ALLAN CHRISTIE : « Vous n’avez vraiment vu personne ?

CLAIRE : « Non » –

Au même moment, un ou deux colons se précipitent, à la fois effrayés et scandalisés : ils ont appris ce qui s’est passé et sont bouche bée, essayant d'apercevoir quelque chose de loin. 

ALLAN CHRISTIE : « Cela n'a aucun sens... Vous avez dû voir quelque chose -- ou quelqu'un… »

CLAIRE : « J'étais... occupée à travailler à l’infirmerie…  J’ai cru voir Malva venir vers la maison... Elle a peut-être frappé... mais... »

 ALLAN CHRISTIE : « Vous n'avez pas ouvert la porte ? Pourquoi êtes-vous sortie alors ? Et avec un couteau ? »

CLAIRE : « C'est une serpette bon sang... j'allais au jardin. « 

Allan secoue la tête avec incrédulité...

 JAMIE (à Allan) Qu'est-ce que tu insinues, jeune homme ? « 

TOM CHRISTIE : « Votre femme se tient devant nous, ensanglantée jusqu'aux coudes. Je ne pense pas nous insinuions quoique que soit. »

CLAIRE : « Je vous l'ai dit -- au moment où j'ai trouvé Malva... celui qui a fait ça... était parti... Elle était déjà morte, mais je devais tenter de sauver le bébé... « 

Un silence alors que Tom étudie le visage de Claire, sceptique.

 CLAIRE : « Vous me croyez, n’est-ce pas ? « 

Le silence de Tom en dit long. Mais il a une question plus urgente à l’esprit : 

TOM CHRISTIE : « Est-ce que cela a été rapide ? Je veux l'entendre de la bouche d'une guérisseuse - combien de temps avant qu’elle meure ? « 

CLAIRE : « Si vous me demandez si oui ou non elle a souffert... »

 TOM CHRISTIE : « Dites-moi. Combien de temps ? « 

CLAIRE : « Avec la gorge tranchée... ça a dû être rapide... »

Claire espère qu'il y a au moins une lueur de réconfort là-dedans...

 JAMIE : « La plus petite des miséricordes. «  

Mais Tom semble encore plus dévasté maintenant. 

TOM CHRISTIE : « Pas le temps de prier pour son pardon, alors ? Une courte prière qui l'aurait rachetée auprès de Dieu ? « 

 

Danielle Berrow : 

« Nous sommes les témoins d’un Tom en conflit qui lutte pour gérer son choc et son chagrin face à ce qui s'est passé. Il utilise rapidement sa religion comme une béquille – son moyen habituel pour comprendre le monde qui l’entoure et ce qui éclaire sa réponse. 

Pour Tom, une idée précise de ce qui est dogmatiquement bien ou mal lui permet de décider plus facilement comment se comporter. Il n’y a pas de nuances de gris : son monde est très noir et blanc, du moins dans un sens spirituel. 

Au fond, cependant, je pense que nous pouvons dire que c'est une âme qui souffre, qui lutte pour s'en sortir et pour accepter ce que la vie lui a infligé. Son dogmatisme masque une peur de l’hypocrisie, une peur de voir ses propres « péchés », pour ainsi dire, mis à nu dans le monde. Bien qu’il utilise sans aucun doute la religion comme bouclier, Tom est un homme de son temps et, en tant que tel, sa croyance en Dieu est bien réelle. 

Dans cette scène, la force de ses convictions est soulignée par le fait qu’il est désespéré de savoir combien de temps il a fallu à Malva pour mourir. Claire suppose naturellement qu'il cherche à avoir l'assurance que Malva n'a pas souffert, mais en réalité, il veut savoir si elle a eu ou non le temps de prier Dieu pour lui demander pardon afin de s'assurer qu'elle parvienne au paradis - ou si elle est morte « en pécheresse. » 

C’est quelque chose qui, pour Tom, est vraiment une pensée horrifiante, qui peut parfois être assez difficile à comprendre pour un public plus moderne. Il n’y a essentiellement rien de pire que Tom puisse concevoir qu’un destin tel que celui-ci : la conviction que sa fille est, littéralement, vouée à l’enfer pour l’éternité. 

Tom s'adoucit à la fin de la scène alors qu'il se rend vraiment compte que Malva n'est pas seulement morte, elle a été assassinée. Bien qu’il ne le montre pas, il est reconnaissant pour les paroles de Claire à propos de Malva et pour son aide dans la préparation de son corps pour l’enterrement. 

Claire constate que « ce sont nos défauts qui nous donnent d’autant plus besoin d’amour » et c’est quelque chose dont Tom commence petit à petit à prendre conscience. Son personnage évolue. » 

 

Claire secoue la tête et ressent une douleur dans son cœur alors que la lueur d'espoir dans les yeux de Tom s'éteint.

TOM CHRISTIE : « Nous les enterrerons dans les bois. »

 Claire est horrifiée – et dévastée pour Malva, sachant que l'inquiétude de Tom concerne davantage l'âme de sa fille que sa jeune vie écourtée.

CLAIRE : « Certainement pas. »

TOM CHRISTIE : » Je ne peux pas enterrer une putain et un enfant illégitime aux côtés de gens pieux. »

 Jamie et Claire échangent un regard surpris – ce n'est pas ce à quoi ils s'attendaient. Jamie est ferme, mais compatissant...

JAMIE : » C'est votre fille... « 

TOM CHRISTIE : « Et c'était votre fils bâtard. »

 JAMIE : « Non. Mais qui que soit le père... Nous veillerons à ce que Malva et votre petit-fils soient correctement inhumés.

(Puis, doucement) Je sais que vous traversez l'enfer… » 

 TOM CHRISTIE : « L’enfer ? je suis au paradis comparé à l’endroit où son âme est partie maintenant… » 

CLAIRE : « S'il vous plaît, M. Christie... « 

TOM CHRISTIE : « Quoi ? Que les anges pleurent et les démons se réjouissent qu'une pécheresse a été enterrée en terre sainte ? Il faudra me passer sur le corps. »

JAMIE : « Non, sur le mien. Si Malva et le bébé doivent être enterrés sur mes terres, sur le Ridge, ce sera après ses funérailles et dans une tombe consacrée. Ai-je été clair ? »

 Tom hoche la tête, acquiesçant.

ALLAN CHRISTIE : « Je suppose que vous pensez que vous devriez faire aussi ce foutu éloge funèbre. «  

Ce qui frappe durement Tom, c’est la perspective angoissante de devoir faire face au jugement de ses voisins – 

TOM CHRISTIE : « Que sommes-nous censés dire sur elle, hein ? »

 Même face à son propre choc et son chagrin, Claire est indignée :

 CLAIRE : « Que Malva Christie était pleine de lumière et vie, qu’il y avait un feu dans ses yeux. Et quand j’ai tenu son petit bébé, j'ai senti cette même lumière en lui. Aucun de nous n'est parfait, mais ce sont nos défauts qui nous font d'autant plus avoir besoin d'amour « – 

Tom est ému, même si ses soupçons demeurent. Il cède. 

TOM CHRISTIE : « Mais... l'état du corps... « 

CLAIRE : « Je vais... prendre soin d'elle. »

Allan rechigne et se détourne, offensé. 

JAMIE : « Nous nous retrouverons à la Maison des Réunions dans quelques jours. Mon gendre dirigera le service. « 

Tom hoche la tête, résigné. Alors que les Christie partent, Jamie prend le corps de Malva pour l'emmener à l’infirmerie, Claire à ses côtés, sous le regard déjà accusateur de quelques colons présents.

 

Danielle Berrow : 

« Vers la fin de la scène, Jamie prend le contrôle de la situation. Nous avons adoré l’image puissante de Jamie portant le corps de Malva à la maison – les Fraser prennent soin de ceux qui vivent sous leur protection dans la vie et dans la mort. 

Ils ne permettront pas qu’elle et son petit garçon soient enterrés seuls dans les bois. Alors qu'ils pénètrent à l'intérieur, de la maison, Claire est parfaitement consciente des regards torves de quelques habitants de Ridge enhardis, submergés par une curiosité morbide. 

C'est comme si ces gens les jugeaient. Claire sent un voile de suspicion sur elle... «  

 

  

3INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - INFIRMERIE- JOUR - PEU DE TEMPS PLUS TARD. 

Malva a été allongée sur la table, encore recouverte d'un drap. Son petit bébé, enveloppé dans un linge, a été déposé sur le lit. Les mains tremblantes, Claire va se laver les mains. Comment empêcher ses mains de trembler ? Claire voit l’éther et le masque sur le comptoir... Elle est tentée, mais ce n'est pas le moment... Malva mérite mieux.

Elle prend son équipement de suture nécessaire pour rendre le corps de Malva présentable, se préparant à commencer cette tâche pénible. 

Tenant l'aiguille, elle se concentre. Elle enfile le fil. Jusqu'ici, tout va bien. Ensuite, elle retire le drap, prête à travailler...

 

Danielle Berrow : 

« Compte tenu de la nature complexe de la relation entre Claire et Malva, il était fascinant d’écrire une scène dans laquelle Claire était assez courageuse pour recoudre les blessures de Malva et préparer son corps pour les funérailles. 

 Les médecins sont souvent habitués à affronter la vie et la mort, mais le lien personnel ici est particulièrement déchirant pour Claire. «  

 

Et nous nous tournons vers le souvenir vivace de Claire d'une Malva entrant à l’infirmerie pour la toute première fois, discutant du phosphore et de « Lucifer » – le porteur de lumière [Épisode 601]. 

Alors qu'elle s’apprête à percer la chair de Malva avec l'aiguille, nous flashons sur un autre « souvenir » : Malva l'insultant dans cette même pièce, « Vous avez dit que c’est un médicament, mais ce n’est pas vrai. Vous êtes le diable... »

« Sors ! » [Episode 606]. «  

Des images de l’oiseau sur le rebord de sa fenêtre à Boston… Ian au milieu de la forêt qui se retourne… 

Encore un autre souvenir pour Claire, cette fois, Malva ? frappant encore et encore à la porte avant le meurtre, essayant d'entrer. Mais est-ce réel ?

Autre suture, et autre souvenir douloureux : Claire menaçant Malva : « Je vais te tuer, bordel », [Épisode 606]. 

En réalité, ce ne sont que des hallucinations, mais pour le moment, Claire n’en est pas si sûre… ce processus commence à ressembler à une forme atroce de pénitence.

 

VOIX D'HOMME : » Un autre jour, un autre cadavre sur ta table. «  

Claire se retourne maintenant pour faire face à Lionel Brown, qui se tient derrière elle : une image de son subconscient, une manifestation de son traumatisme. Après des mois de flashs et de souvenirs, le voici en chair et en os. 

Visible uniquement par Claire, il a un diable sur son épaule, une expression de ses peurs les plus profondes et les plus sombres, et des sentiments accablants de culpabilité et de souffrance refoulés. Il se manifeste peut-être sous la forme de Lionel Brown, mais il pourrait tout aussi bien s'agir de Black Jack ou de Stephen Bonnet... 

 

Danielle Berrow : 

« Lorsque Claire entend et voit Lionel Brown, il est en grande partie le produit de son subconscient, une manifestation de son traumatisme. C'était psychologiquement éreintant à la fois à contempler et à écrire, car cela impliquait d’occuper un espace mental d’angoisse et de souffrance, et de lutter contre des pensées intrusives. 

 C’est un sujet que nous avons voulu traiter et aborder sous une forme très visuelle. Nous ne pouvons évidemment pas entendre les pensées intérieures de Claire – à part avec sa voix off habituelle – mais utiliser Lionel nous a permis de vraiment creuser et d’explorer ce que Claire pourrait éventuellement se dire. 

Quelles conversations a-t-elle avec elle-même dans son esprit ? Parfois, nous pouvons être nos pires ennemis, et subir un traumatisme comme celui de Claire peut nous amener à nous demander si nous sommes nous-mêmes responsables d'une manière ou d'une autre, ou peut-être à nous demander si nous aurions mérité ce qui nous est arrivé. C’est l’une des nombreuses conséquences terribles des tourments vécus par les victimes. 

En plus de l'attaque brutale qu'elle a subie, Claire a été suivie par la guerre et la tragédie tout au long de sa vie, et maintenant ses plus profondes insécurités se révèlent, l'obligeant à se demander : « Est-ce moi ? 

Parce que Lionel exprime les pensées de Claire, il peut s’exprimer librement et facilement – il n’est pas nécessairement lié aux normes de l’époque. 

Nous adorons Ned Dennehy, qui joue Lionel Brown, et nous étions ravis de pouvoir le ramener pour cet épisode. «  

 

 

LIONEL BROWN : « Tu as trouvé le courage de tuer celle-ci toi-même, hein ? Regarde dans quel état tu es - coupable comme le péché. « 

Claire regarde Lionel, consternée. Comment peut-elle répondre à une hallucination ? Puis, presque pour elle-même :

 CLAIRE : « Fermez-la. « 

Lionel sourit. Il n’est pas question qu’il parte.

LIONEL BROWN : « Tu ferais mieux de te ressaisir. On ne veut pas que Jamie se précipite ici pour te sauver... Parce que tu sais quoi ? Il ne peut pas te sauver de toi-même. « 

 

 

 

Danielle Berrow : 

 « Quand Lionel dit que Jamie ne peut pas sauver Claire d'elle-même, cela représente un point intéressant dans le mariage de Claire et Jamie. Pour la première fois peut-être, Claire se sent isolée et seule mentalement. Même si elle n’est certainement pas seule, il peut être difficile de le croire dans les moments sombres. 

Jamie peut et sera là pour la soutenir à chaque étape de sa guérison, mais Claire doit finalement trouver un moyen de se débrouiller seule. Personne ne peut le faire à sa place. Elle doit comprendre qu’il n’y a pas de rétablissement complet en tant que tel, mais plutôt qu’il s’agit d’un processus continu. » 

 

 Il met un doigt sur sa tempe, moqueur, mimant un suicide par pistolet. Il a raison. Et Claire n'arrive pas à se débarrasser de lui. Il est dans son esprit.

Claire est au plus mal, elle ne cesse de trembler, en proie à ses hallucinations qui ne la quittent pas… Des coups répétés à la porte d’entrée…

LIONEL BROWN : « Parce que tu sais quoi ? On ne pouvait pas tromper le père ou le frère. Ce qui est fait est fait. Et c'était toi. «  

Claire est horrifiée. Réalisant qu'elle a besoin d'un moment pour se ressaisir, elle sort de l’infirmerie et ferme la porte...

 

 4INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - SALON - JOUR 

 Quelques instants plus tard. Encore en train de se remettre de cet horrible choc, Claire entre dans le salon et tente de se ressaisir. Elle se verse un verre de whisky. Alors qu'elle finit de l'avaler et commence à en verser un autre, Jamie entre.

Même s'il est un peu surpris de voir Claire boire ainsi, il attribue cela au fait qu'elle a été secouée par le meurtre...

JAMIE : « Je ne te blâmerai pas s'il n'en reste plus. Je vais m’en servir un aussi. « 

Jamie pose une main réconfortante sur l'épaule de sa femme. Sans un mot, Claire verse maintenant un whisky à Jamie et le lui tend. C’est le premier moment qu’ils ont pour eux-mêmes. 

Claire semble éviter son contact et va s’asseoir près du feu…

CLAIRE : « Est-ce que tu as trouvé quelque chose ? « 

JAMIE : « Non, mais Ian continue à chercher. Il avertira Roger, Bree et les colons. Les Beardsley devraient aussi être avec lui maintenant. Je prie Dieu qu'il trouve quelque chose. « 

CLAIRE : « Qui pourrait faire une chose pareille ? « 

Avant que Jamie ne puisse répondre, une Mme Bug énervée entre sans ménagement dans la pièce –

MME. BUG : « Où est cette Lizzie pour répondre à la porte ? M. Crombie est dehors, vers le porche arrière, pour vous voir. Il a été fouiner dans le jardin. Quoi dois-je lui dire ? «

 Claire a l'air frappée : déjà des visiteurs ?

JAMIE : « Il a dû parler avec Tom... « 

MME. BUG : « Eh bien, j'espère que vous avez une réponse pour moi parce qu'il y en aura d'autres qui me demanderont aussi... ce qui s'est passé. Je lui ai dit de revenir plus tard mais il marmonnait qu'il voulait pour voir la jeune fille morte par lui-même. « 

CLAIRE : « Non « –

 JAMIE : « Inutile. Malva a assez souffert d'indignité « –

MME. BUG : » Et qu’en est-il de nous tous ? Vivre avec un tel scandale, Marie, soyez bénie ! Pas un mangeur de péchés dans le pays ne pourrait être payé pour emporter les péchés de Malva Christie, que Dieu ait son âme. Dès que je l'ai vue, j’ai su qu’elle sèmerait le trouble. Vous avez dû le voir aussi, Madame ? « 

CLAIRE : « Non... je n'ai jamais pensé ça « –

 MME. BUG (incrédule) : « Après cette terrible accusation, et sa confession publique à la Maison des Réunions, disant qu’elle portait le bébé de M. Fraser ? (Presque accusatrice) Vous avez dû la détester. »

 

 

Danielle Berrow : 

« Les répliques de Mme Bug dans cette scène sont cruciales pour transmettre l’atmosphère du Ridge. Personne ne sait ce qui s’est passé et tout le monde cherche des réponses. Et peu de temps après, les gens commenceront à parler et ils auront des questions à poser aux Fraser. 

Ici, Mme Bug souligne également le fait que Claire a techniquement un mobile dans le meurtre de Malva lorsqu'elle dit : « Vous avez dû la détester » après la fausse accusation que Malva a faite à propos de Jamie. Si de telles pensées sont présentes dans l’esprit des proches des Fraser, que pourraient dire et spéculer les autres dans leur dos ? Quelles hypothèses font-ils ? 

 Surtout quand ils croient à l’histoire de Malva selon laquelle Jamie est le père de son enfant. Personne – pas même les Fraser – n’est au-dessus de tout soupçon. » 

 

 Claire et Jamie échangent un regard nerveux – sans vraiment le vouloir, Mme Bug donne une crédibilité à… un mobile de meurtre.

 JAMIE : « C'est assez. Rappelez-vous que les morts ne peuvent pas se défendre, Mme Bug. Ce sont les vivants que nous devons surveiller » –

MME. BUG : » Dois-je faire entrer M. Crombie, alors ? »

JAMIE : « Dites-lui de nous attendre dehors. « 

Mme Bug sort. Claire jette un coup d'œil à ses vêtements tachés de sang. Elle est au bord de l’hystérie.

CLAIRE : « Je ne veux vraiment pas que quelqu'un d'autre me voie comme ça... « 

JAMIE : « Dinna fash, mo nighean. Je vais parler à Hiram et découvrir pourquoi il est venu. »

 Claire hoche la tête, résignée, mais déterminée à rejoindre Malva. Elle finit son verre. Jamie se dirige vers le porche arrière pour saluer leur voisin, tandis que Claire va vers l’infirmerie... Nous la suivons, alors qu'elle s'attarde dans le passage couvert comme si elle hésitait à entrer dans l’infirmerie -- Préoccupée, Claire ne prête pas beaucoup d'attention au retour de Lizzie à la Grande Maison, les cheveux un peu ébouriffés, aussi discrète que possible. 

  

5 EXT. FRASER'S RIDGE - CHRISTIEVILLE - JOUR 

 À cheval, Ian monte avec pour seule compagnie Rollo qui trotte à ses côtés. Les jumeaux Beardsley ne sont pas avec lui. Quelques colons jettent des regards suspicieux à son passage, mais personne n'ose rien lui dire. Descendant de son cheval, Ian s'approche pour leur poser quelques questions… 

 

 6 INT. /EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - PORCHE ARRIÈRE - JOUR 

Jamie et Hiram Crombie terminent leur conversation. Hiram remet à Jamie la Bible de la famille Christie.

 

Danielle Berrow : 

« À la demande de Jamie, Ian est parti fouiller le Ridge pour voir s'il pouvait en savoir plus sur ce qui s'est passé mais, comme un capitaine sur un navire en perdition, Jamie reste à la Grande Maison. 

Il fera tout ce qui est en son pouvoir pour protéger sa femme et sa famille. Il défend le fort alors que la première d'une série d'accusations est portée contre sa femme. «  

 

JAMIE : « Je ne manquerai pas de demander à Roger de lire de la Bible de M. Christie pendant le service. Merci encore de l’avoir rapportée, Hiram. « 

Cela ne s’est pas si mal passé. Poussant un soupir de soulagement, Jamie fait un signe d'aurevoir à Hiram, tandis qu'Hiram descend les marches du porche... 

 HIRAM CROMBIE : » Comme je l'ai dit, je n'oublierai jamais le visage de M. Christie quand il m'a prévenu... Et Allan, ce pauvre garçon. »

 JAMIE : « Oui. Un choc terrible pour nous tous. « 

Jamie se tourne pour entrer, mais la voix d'Hiram l'arrête :

HIRAM CROMBIE : « Vraiment ? »

 La patience de Jamie est à bout... Il se retourne pour faire face à Hiram.

 JAMIE : « Parlez clairement. Si vous devez porter des accusations infondées sur le pas de ma porte, faites-le sans ambiguïté. »

 Hiram secoue la tête, incrédule et bien-pensant.

HIRAM CROMBIE : « Vous avez péché aux yeux du Seigneur... Est-ce que votre femme vous a pardonné d’avoir couché avec une jeune fille écossaise ? « 

Une rage silencieuse mais profonde grandit au creux de l’estomac de Jamie. Hiram le sent.

HIRAM CROMBIE : « Maintenant, M. Fraser... Que chaque homme soit vite informé et lent à se mettre en colère. Devons-nous tous souffrir sur le Ridge parce que vous regrettez d'avoir épousé une Anglaise jalouse, à la langue aussi acérée que ses couteaux ?

Votre femme a-t-elle pardonné à Malva ? »

Jamie avance progressivement de manière menaçante, faisant reculer Hiram Crombie. Il jette un coup d’œil à la fenêtre de l’infirmerie : Claire écoute, mais la referme brusquement en entendant les horreurs proférées par Crombie.

 JAMIE : « M. Crombie - si vous appréciez votre vie, choisissez judicieusement vos prochains mots. »

Hiram Crombie s’en va. Claire, dans son infirmerie, est dévastée.

 

7INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - INFIRMERIE- JOUR - MÊME HEURE 

Claire revient près de Malva. Elle veut reprendre son travail. Lionel Brown est près d’elle.

 

 Danielle Berrow : 

« Entendre la conversation de Jamie et Hiram nourrit les insécurités les plus sombres de Claire alors qu’elle mène cette intense bataille mentale avec elle-même – une bataille si intense qu’elle l’amène à remettre en question son caractère même. » 

 

 LIONEL BROWN : » Et alors ?  Tu pensais qu'Hiram Crombie viendrait mendier un peu de sucre ? Il a pris la mesure de qui tu es - et il n'hésitera pas à en parler à ses amis... « 

Faisant de son mieux pour l'ignorer et refusant de mordre à l'hameçon, Claire se concentre sur les sutures de Malva...

LIONEL BROWN : » Tu es égoïste, voilà. Alors, qu'est-ce qu’elle a fait celle-là, pour te pousser à le faire, hein ? «  

Claire regarde Lionel maintenant. 

LIONEL BROWN : « Tu as pris la vie d'une jeune fille innocente pour protéger ton mari, n'est-ce pas ? Alors que tu as juré ne pas faire de mal. (Puis, sarcastique) Ce n’est pas comme si tu ne l'avais jamais fait, hein ? « 

Claire repose le matériel de suture, elle n’en peut plus. 

LIONEL BROWN : « Les mensonges, le mariage sans amour. Partir quand tu aurais dû rester. Rester quand tu aurais dû partir. Égoïste, c'est ce que tu es. Il n’y en a que pour toi et lui contre le reste du monde. Et regarde jusqu'où tu es allée -- jusqu'à quelles extrémités... Tu es finalement devenue une meurtrière. «  

Le choc et l’horreur de ce qu’elle pense entendre poussent Claire à prendre la bouteille d'éther. Quelques inhalations ne feraient sûrement pas de mal – juste assez pour se débarrasser de lui ? Elle ferme les yeux, souhaitant que Lionel disparaisse de toutes les fibres de son être. Mais cela ne sera pas si simple.

 

 

8 9 10 OMIS 10 11INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON – PASSAGE COUVERT - JOUR 

 SCENE SUPPRIMEE EN VERSION FINALE  

  

Brianna s'approche de la porte du cabinet avec fébrilité. Elle frappe avec précaution, cependant, consciente de ce que fait sa mère et ne voulant pas perturber son travail déchirant – 

BRIANNA : » Maman, nous sommes venus aussi vite que possible. Tu vas bien ? «  

Un moment de silence. Brianna attrape la poignée de porte... 

  

  

12INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - INFIRMERIE – JUSTE APRES - JOUR 

  SCENE SUPPRIMEE EN VERSION FINALE : vous retrouverez certaines remarques de Lionel Brown déplacées dans la scène 7. 

 

De l'autre côté de la porte, Claire est déterminée à protéger Brianna du spectacle bouleversant de Malva, et à satisfaire un besoin quelque peu irrationnel de la protéger de Lionel. 

CLAIRE (à Brianna) : « N'entre pas, chérie. Je n'ai pas fini. Je ne veux pas que tu voies ça... «  

LIONEL BROWN : » Et pourquoi pas ? Elle sait ce que tu fais ici... et que rien de bon ne subsiste en ce qui te concerne. Elle a grandi avec ça -- le mensonge ; le mariage sans amour ; partir quand tu aurais dû rester, rester quand tu aurais dû partir... » 

Claire est sous le choc de ces supposées « vérités ». 

 

 

13INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - SALLE À MANGER - PEU DE TEMPS APRES. 

 Brianna et Roger sont maintenant assis à la table de la salle à manger et se sentent perdus : comment se rendre le plus utile possible ? Pas trop désireux d'être entendus, ils parlent à voix basse.

ROGER : « On devrait aller voir Tom et Allan bientôt... Je dois les réconforter en cette heure difficile » –

BRIANNA : « Ne t’inquiète pas, je doute qu'ils t’attendent... Ils ont probablement besoin de pleurer seuls... Ils savent que tu n'es pas pasteur » –

 Brianna et Roger se retournent pour voir Jamie venir les rejoindre –

BRIANNA : « Da. Y a-t-il quelque chose que nous pouvons faire ? »

 JAMIE : « Oui. Je pense que c'est à ton tour d'essayer d’apaiser Mme Bug... »

 Lizzie entre dans la pièce...

JAMIE : « Qu'est-ce qu'il y a maintenant, jeune fille ? »

 LIZZIE : « Obadiah Henderson à la porte, il a des questions sur M. Murray...  J'ai dit qu'il n'était pas là, mais... »

Jamie soupire et s’apprête à sortir – ce n'est pas la faute de Lizzie. Brianna remarque quelque chose : elle enlève délicatement un morceau de feuille des cheveux de Lizzie.

 BRIANNA : « Qu'est-ce que tu fabriques, Lizzie ? »

 JAMIE : « Mme Bug te cherchait plus tôt. Nous étions inquiets. « 

Lizzie sent ses joues devenir cramoisies. C’est une terrible menteuse. Nous ne réalisons pas encore de quoi il s’agit, mais il y a une raison pour laquelle elle ne peut pas être entièrement honnête quant à l’endroit où elle se trouvait…

 

Danielle Berrow : » 

Le spectateur aux yeux d’aigle remarquera que Lizzie ne dit peut-être pas toute la vérité ici. Caitlin O'Ryan est une actrice extrêmement talentueuse, et nous avons été ravis de pouvoir lui offrir toute une palette de couleurs émotionnelles avec lesquelles jouer tout au long de cet épisode. «  

 

LIZZIE : » J'étais... euh... juste partie nourrir les chevaux. Mais je suis revenue à la maison dès que j'ai appris la terrible nouvelle « –

JAMIE : « Je ne veux pas que tu sortes seule. Nous ne savons pas qui rôde par là. »

Lizzie hoche la tête, soulagée d'être crue. Voyant à quel point Jamie ploie sous le poids des événements, Roger est impatient de l'aider.

ROGER : « Je vous accompagne « –

JAMIE : « Viens, Roger Mac. »

 

 

14 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - PORCHE AVANT - JOUR 

Sachant que Roger l'a surpris dans une position compromettante avec Malva [Épisode » 605], Obadiah Henderson est immédiatement sur ses gardes lorsqu'il voit Roger approcher avec Jamie.

JAMIE : « M. Henderson. « 

Agacé, Obadiah attaque directement la conversation sur un ton hostile. 

OBADIAH HENDERSON : « Pourquoi Murray rôde-t-il comme la foutue Inquisition espagnole ? De quel droit hein ? Vous savez qu’il m'a frappé il y a quelques mois ? Un œil au beurre noir -- à cause de Malva ? »

 ROGER : « Je comprends à quel point vous devez être bouleversé. Mes condoléances, M. Henderson. C'est une période très difficile pour tous ceux qui ont connu Miss Christie « -- Abdias est de plus en plus irrité...

OBADIAH HENDERSON : « J'offre toute ma sympathie à sa famille. Mais inutile de me présenter vos condoléances. « 

ROGER : « Je veux seulement dire que... je sais que vous étiez amis... peut-être plus ? » OBADIAH HENDERSON : « Que sous-entendez-vous ? Vous pensez que j’ai quelque chose à voir avec ça ? C'est ce que vous avez dit à Murray ? (Puis, jetant un coup d'œil à Jamie) Et vous avez le culot de me dire ça devant lui ? »

 JAMIE : « M. MacKenzie ne suggère rien. Il demande, c'est tout. »

 OBADIAH HENDERSON : « Tout le monde sur le Ridge a des questions. À propos de vous et de votre femme... Est-ce vrai qu'elle a sorti le bébé du ventre de Malva avant de lui trancher la gorge ? Ou l'inverse ? »

 Jamie s'efforce incroyablement de rester calme. Il ne veut en aucun cas légitimer ces rumeurs. Roger ferme la porte d’entrée pour que ni Claire, ni Brianna n’entendent.

JAMIE : « Nous sommes heureux de vous avoir sur le Ridge, M. Henderson, mais... « 

OBADIAH HENDERSON : « Mais quoi, M. Fraser ? Vous me menacez ? Comme vous avez menacé M. Crombie... ? »

ROGER : « Je vous ai vu avec Malva, comme vous le savez... « 

OBADIAH HENDERSON : « Je ne l'avais pas vue depuis des semaines. J’ai dit à votre neveu la même chose. Et il ferait mieux de ne pas l'oublier, à moins qu’il veuille un œil au beurre noir « –

JAMIE (glacial) : « Nous garderons cela à l’esprit. Bonne journée, M. Henderson. »

 OBADIAH HENDERSON : « Peut-être que Murray devrait commencer à poser des questions un peu plus près de chez lui. »

Jamie et Roger échangent un regard alors qu'Obadiah s'éloigne, et ils entrent dans la maison…

 

  

SCENE COURTE AJOUTEE EN VERSION FINALE. 

Pas de dialogues. Nous voyons Claire en train de coudre la gorge de Malva…
Dans l’embrasure de la porte, l’ombre de Lionel… 

 

 

15 EXT. FRASER'S RIDGE - ÉCURIES - JOUR - CRÉPUSCULE. 

 Après avoir fouillé le Ridge de fond en comble, le jeune Ian ramène son cheval aux écuries pour la nuit...

 

16INT. FRASER'S RIDGE - ÉCURIES - JOUR 

 Pendant ce temps, dans l'une des stalles, Lizzie s'occupe de Gideon, l'un des chevaux.

LIZZIE : « Je suis désolée d'avoir menti à ton sujet, Gédéon, d’avoir dit que je t’avais nourri plus tôt. Tu me pardonnes ? « 

En entendant Ian entrer avec son propre cheval, Lizzie se retourne vers lui. Ian est soulagé de la voir.

JEUNE IAN : « Lizzie, as-tu vu les Beardsley quelque part ? Oncle Jamie veut qu'ils m’aident à fouiller le Ridge, mais je n’ai pas pu les trouver. « 

LIZZIE : « Euh, eh bien, pas vraiment... Mais ils devraient être rentrés maintenant, je pense « –

Ian scrute l'expression troublée de Lizzie...

 JEUNE IAN : « Est-ce qu’il y a quelque chose que tu ne me dis pas ? »

 Lizzie hésite, son visage désormais écarlate.

LIZZIE : « Tu n’imagines sûrement pas qu’ils... C'est seulement que je ne veux pas qu'ils aient des ennuis... « 

JEUNE IAN : « Quels ennuis auraient-ils ? Je ne sais pas ce que tu caches... Mais tu dois me dire la vérité. Oncle Jamie va me demander pourquoi ils n'étaient pas avec moi. Lizzie, si tu sais quelque chose ou si tu as vu quelque chose « –

Lizzie est paniquée – réalisant que si elle ne révèle pas ce qu'elle sait, les soupçons pourraient tomber sur les Beardsley.

 

17INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - SALLE À MANGER - NUIT - PLUS TARD. 

Il y a un souper simple sur la table : quelques plats froids à manger. Jamie et les MacKenzie sont rejoints par le jeune Ian. Personne n’a beaucoup d’appétit.

ROGER : » Il est difficile d'imaginer que quelqu'un sur le Ridge ferait une chose aussi terrible ... Est-ce que ça aurait pu être quelqu'un d'autre ? Un étranger ? « 

BRIANNA : » Mais peut-être que si Obadiah Henderson ne voulait pas que quiconque sache à propos d'eux ? Malva étant enceinte... et si le bébé était le sien... qui sait ? Je suppose que nous ne pouvons jamais prédire ce que quelqu'un pourrait faire pour protéger sa réputation... son honneur. »

 Lizzie entre avec un plat –

LIZZIE : « Quelques pommes de terre froides avec du beurre. « 

Elle les pose sur la table, assez lentement, désireuse de s'attarder...

LIZZIE : « Dois-je préparer une assiette pour Madame Fraser ? « 

JAMIE : « Merci, Lizzie. Elle se repose à l'étage... (puis revenant au problème majeur) Je ne peux exclure personne. « 

ROGER : « Sauf qu'Obadiah savait déjà que je les avais vus. À moins que quelqu'un d'autre ne désapprouve leur, euh, relation... « 

Lizzie commence à débarrasser quelques assiettes.

JEUNE IAN : « Ce salaud n'a jamais eu intention d’épouser Malva. «  

Après avoir avoué qu’il avait couché avec Malva lui-même [Épisode 606], le jeune Ian se sent soudain un peu gêné... 

JEUNE IAN : « Eh bien, je pense que nous savons que ce n'était pas le Mangeur de Péchés qui vivait à la limite des bois... Pas beau à voir quand je l'ai trouvé... Pauvre homme -- il a dû mourir tout seul dans sa hutte. « 

JAMIE : « Je suis désolé de l'apprendre. J'espère que les Beardsley t’ont aidé à l’enterrer décemment ? « 

Sur le point d'apporter les assiettes vides à la cuisine, Lizzie s'arrête net.

JEUNE IAN : « Euh... non... Ils ont pensé que c'était mieux de mener leurs propres recherches... dans une autre partie des bois... »

 Nous ne comprenons peut-être pas encore pourquoi, mais Ian couvre Lizzie – peu disposé à révéler son secret ou à lui faire honte publiquement.

JAMIE : « Oui. C'est prudent. Vous couvrez davantage de terrain de cette façon. »

 Poussant un soupir de soulagement, Lizzie envoie un regard reconnaissant à Ian, avant de sortir.

 BRIANNA : « Je me demande bien de quoi est mort Johnny Brewster (le Mangeur de Péchés). « 

JEUNE IAN : « Il a dû mourir dans son sommeil... Mais ce qui était étrange, c'est... qu’il lui manquait des doigts... « 

BRIANNA (choquée, se rappelant) : « Des doigts ? Tu es sûr ? Je me demande si ça a quelque chose à voir avec ce sort d'amour que nous avons trouvé « –

JEUNE IAN : « Tu penses que c'était une femme jalouse qui a fait ça... et tué Malva ? »

 ROGER : « Des preuves circonstancielles pourraient l’indiquer... Mais de là à le prouver au-delà du doute raisonnable ? « 

BRIANNA : » Où est Perry Mason quand on a besoin lui, hein ? »

 

 Danielle Berrow : 

« Brianna demande : « Où est Perry Mason quand tu as besoin de lui ? « Dans la conversation ici – un clin d’œil au titre de la dixième partie de A Breath of Snow and Ashes. «  

  

« Perry Mason » a été une série policière très populaire aux USA, (puis dans le monde entier) diffusée entre 1957 et 1966. Elle raconte les enquêtes d’un jeune avocat luttant contre l’injustice et la corruption à Los Angeles. Il y a eu une suite, 20 ans plus tard, avec le même acteur, Raymond Burr, connue en France sous le nom de « l’homme de fer ». A la fin des années 60’, c’est l’inspecteur Columbo qui marquera son temps avec une extrême popularité, et ce, pendant plus de 30 ans. Certaines chaines de télévision le diffusent toujours… ! ndlt) 

 

ROGER : « Je sais. Par où commencer ? Ce n’est pas comme si on pouvait appeler la police ou signaler ce meurtre à qui que ce soit... « 

JEUNE IAN : « Qui est Perry Mason ? « 

BRIANNA : « Un avocat de notre temps qui défend les victimes faussement accusées... »

Après avoir descendu les escaliers et pénétré dans le couloir, Claire entre.

 ROGER : « Je pense que la question qu'il se poserait c'est... qui en aurait eu les moyens, le motif et l’occasion ? »

CLAIRE : « Moi. »

 Tous les regards sont tournés vers Claire. Même si c’est ce qu’ils l’ont tous pensé, ils n’arrivent pas à croire que cela ait été dit à haute voix.

 

 

18INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - CHAMBRE – NUIT – UN PEU PLUS TARD. 

 On retrouve Jamie et Claire se préparant à aller se coucher. Tous deux sont encore en train de réfléchir à la conversation qui a eu lieu pendant le dîner.

 JAMIE : « Mais tu ne l’as pas fait. Alors pourquoi suggères-tu une chose pareille, Sassenach ? « 

CLAIRE : « J'ai ce sentiment... comme quand tu quittes la maison en laissant le four allumé – enfin, une bougie allumée, je veux dire. Tu sais que tu ne l'as probablement pas fait, ça n’est jamais arrivé... mais et si cette fois, c’était le cas ? Et c'est le moment où la maison brûle, et tu ne peux tout simplement pas te débarrasser de cette pensée... « 

Jamie est déconcerté par l'insistance de Claire. Il voit sa détresse et sent qu'il y a quelque chose de plus...

JAMIE : « Qu'est-ce que tu dis ? « 

CLAIRE : » J'ai vu Malva venir vers la maison... Alors… J'ai pris de l'éther et je me suis allongée. »

JAMIE : « Bon sang, Sassenach, tu t’es fait dormir ? »

CLAIRE : « Juste un peu. Je ne voulais pas lui parler, et puis je me suis endormie. »

Jamie lui lance un regard inquiet – Claire sait qu'elle va devoir s'expliquer...

 CLAIRE : « Mais je me rappelle vaguement un rêve... plutôt un cauchemar, vraiment. Malva frappait à la porte et soudain, elle était dans l’infirmerie. Elle m'a secoué pour me réveiller et j’ai perdu mon sang-froid... je l'ai menacée...  Et si ce n’était pas un rêve ? Et si je l’avais réellement fait ? »

JAMIE : « Malva a dû être tuée avant d’arriver à la maison. Ton esprit te joue des tours. Tu n’as rien fait. Tu en es incapable. « 

CLAIRE : « Mais tu as entendu ce que Roger a dit – Il faut trouver qui avait un mobile, les moyens et l‘occasion... Vu de l'extérieur... j’avais les trois. Tout le monde pense que c'est moi. « 

  

Danielle Berrow : 

« La véritable confession que Claire fait ici n'est pas qu'elle avait techniquement les moyens, le motif et l'occasion de tuer Malva, mais plutôt que, à cause de l'éther, elle ne peut pas dire avec certitude, à cent pour cent, qu'elle ne l'a pas fait. 

Bien sûr, Jamie connaît Claire et sait qu'elle ne pourrait jamais faire quelque chose d'aussi horrible que de tuer une jeune fille et son enfant à naître, même dans les circonstances les plus désastreuses. 

Mais comme Claire le souligne, ce qui est important ici n'est pas ce qu'ils savent, mais ce que tout le monde sur le Ridge le croira. Le jury est déjà partial à leur encontre. » 

 

 JAMIE : « Et alors ? Qu’importe ce qu'ils pensent « –

 CLAIRE : « Ils ne pensaient pas grand bien du Dr. Rawlings non plus. » 

 JAMIE : « Oui -- et après ce que Lionel Brown t’a fait, il s’est retrouvé ici dans cette maison, et tu as honoré ton serment de médecin, pour l'aider... «  

CLAIRE : « Ce n'est pas le propos « – 

Prenant une inspiration, Claire se recentre rapidement... 

 CLAIRE : « D'où je viens, s'il y a suffisamment de monde pour penser que tu es coupable... Convaincre douze jurés devant le tribunal, c'est tout ce qu'il faut... Et quand tout le monde pensait que tu avais couché avec Malva... tu as dit que ça n'avait pas d'importance que tu ne l'aies pas fait, puisque c'était ce que les gens croiraient. 

Jamie prend la main de Claire. Il sait qu'elle a raison. 

JAMIE : « Nous continuerons à chercher. Qui que ce soit, nous le trouverons. »

Claire veut désespérément y croire, mais n’en est pas si sûre.

Plus tard -- Claire est allongée dans son lit, bien éveillée, pendant que Jamie dort à côté d'elle... Lionel est dans la chambre, assis dans un coin. Claire ferme les yeux, mais ne peut pas se débarrasser de ses cauchemars.

 

 

 

19 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - JOUR - AUBE. 

Nous suivons le cours de la rivière le long de la Grande Maison. Se découpant sur le ciel, la Grande Maison s'éclaire progressivement par la lumière du jour grandissante.

CLAIRE (Voix off) : « Bizarrement, nous ne disons jamais que nous sommes "seulement humains » quand nous avons fait quelque chose bon ou digne d'éloges …« 

 

Danielle Berrow : 

« En tant que scénaristes, nous sommes fascinés par la condition humaine et toutes les luttes qui y sont associées. C’était amusant de pouvoir proposer quelques réflexions sur des vérités sociétales : nous n’avons vraiment jamais recours à l’excuse du « Je ne suis qu’humain » lorsque nous avons fait quelque chose de bien. » 

 

 Debout à la fenêtre de la chambre, Claire, une apparition pâle, presque fantomatique.

 CLAIRE (Voix off) : « Au lieu de ça, c'est ce que nous disons pour excuser nos erreurs. « 

Claire ouvre la fenêtre, ayant besoin d'air pour se sentir éveillée... Un ou deux colons viennent récupérer des sacs de céréales auprès de Mme Bug - et détournent rapidement le regard lorsqu'ils aperçoivent Claire, ils parlent clairement d'elle...

CLAIRE (Voix off) : « Un effort, peut-être, pour nous convaincre que celui qui nous regarde dans le miroir ce n'est vraiment pas si mauvais... Mais qui étais-je maintenant ? Qu’étais-je devenue maintenant ?  Claire Elizabeth Beauchamp ? Dr Randall ? Madame Fraser ? Épouse, mère, grand-mère, sorcière, meurtrière ?«  

Et nous voyons une série de plans :

-- cabane des Christie : Allan est en train de fabriquer les cercueils. – Accompagnée de Josiah et Kezzie, Lizzie est venue chercher une robe pour Malva (pour l'enterrement) et a apporté un panier de nourriture et du gibier. Ils frappent. Tom tend une des robes de Malva à Lizzie et ferme la porte au nez. Ils déposent leur offrande sur le pas de la porte

-- maison de Roger et Brianna -- Roger au bureau avec le livre de prières ouvert, commençant à écrire son sermon. Brianna lui apporte le café du matin. 

Et nous sommes de retour à la Grande Maison. Gros plan sur Claire…

 

Danielle Berrow : 

 « Il y a une certaine tragédie à l’idée que Lizzie, qui, comme nous l’apprendrons plus tard, est elle-même enceinte et terrifiée par ce qui est arrivé à Malva, soit venue chercher une robe pour l’enterrement de Malva. 

Nous voulions garder la présence invisible de Malva forte dans cet épisode et les cercueils qu'Allan fabrique et la robe aident à y parvenir. «  

  

20 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - CHAMBRE - JOUR 

Claire devant son miroir, solennelle et introspective. Il est temps de se préparer, de préparer la journée à venir et de s'habiller.

Elle étudie un instant son reflet... Soudain, Lionel est à côté d’elle, il est là, faisant écho à ses pensées –

 LIONEL BROWN : « La meurtrière convient le mieux. »

 Mais les pensées de Claire sont interrompues. Jamie a fini de s'habiller de l'autre côté de la pièce – 

JAMIE : « Sassenach ? «  

Elle se tourne vers lui.  Par ce nom, Jamie ancre Claire à nouveau dans la réalité. Ils descendent pour le petit-déjeuner... 

 

Danielle Berrow : 

 « En utilisant son terme d'affection pour Claire, Jamie parvient à l'ancrer et à bannir les démons. Cependant, la souffrance de Claire s’accroît à tel point que même Jamie ne parvient pas à bannir les fantômes qui la hantent. 

 Comme elle le dit dans la voix off de l'épisode 601 : « Chaque fantôme surgit spontanément des terres brumeuses du rêve et du silence […] Par le sang et par choix, nous créons nos fantômes ; nous nous hantons. 

Ces lignes des Tambours de l’Automne ont résonné en moi lors de l’écriture et ont contribué à inspirer l’idée que Lionel – un fantôme créé par Claire – la hanterait dans cet épisode. 

Nous avons évoqué l’utilisation de divers autres personnages du passé de Claire pour la hanter en plus de Lionel, comme Geillis et Frank. Au-delà des défis de production et de planification que cela aurait posé pour nous, nous voulions également rester fidèles à l’histoire du combat de Claire contre ce qu’elle avait récemment subi. » 

 

 

 A21 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - COULOIR - JOUR 

Claire et Jamie descendent les escaliers lorsqu'ils voient Ian faire les cent pas anxieusement dans le couloir. En les attendant.

JEUNE IAN : « Oncle Jamie, tante Claire... Il y a quelque chose que je dois vous dire… »

JAMIE : « En rapport avec Malva ? « 

JEUNE IAN : « C'est Lizzie... »

 Le regard grave d'Ian leur dit que c'est quelque chose de sérieux...

 

 

B21 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - SALON - JOUR – JUSTE APRES 

 Alors que Jamie fait entrer Ian et Claire dans le salon et ferme les portes derrière eux, Ian lâche une bombe :

JEUNE IAN : « Elle est... enceinte. »

 JAMIE (choqué) : « C’est le tien ? « 

JEUNE IAN : « Non, mon oncle... mais... « 

JAMIE : « Alors qui ? Qui l’a débauchée ? Donne-moi son nom. « 

JEUNE IAN : « Beardsley. « 

JAMIE : « Beardsley ? Lequel d'entre eux ? « 

JEUNE IAN : « Elle ne sait pas lequel est le père. « 

Claire lit l'air penaud sur le visage d'Ian –

CLAIRE : « Tu veux dire... les deux ? « 

Ian hoche la tête, se sentant coupable d'avoir révélé le secret de Lizzie, mais voulant informer son oncle et sa tante.

JAMIE : « Nous les convoquerons tous les deux pour savoir ce qu’il en est » –

Il faut un moment pour que les implications de la nouvelle d’Ian se fassent réellement sentir. C'est la dernière chose dont ils ont besoin. Encore un scandale.

 JAMIE : « Bon sang ! Et c'est ce qu'ils faisaient alors que tu ne pouvais pas les trouver ? Dans les bois ? Si la nouvelle se répand... »

 JEUNE IAN : « Oui. Je suis désolé mon oncle. Je ne pouvais pas le dire au dîner. Je ne voulais pas embarrasser Lizzie, mais avec les spéculations sur la mort de Malva parce qu'elle était célibataire et enceinte, je pensais que vous devriez savoir... « 

CLAIRE : « Je vais lui parler. « 

Jamie et Claire échangent un regard, sachant qu'ils devront faire face à une autre affaire potentiellement explosive.

 JAMIE : » Je marierai l’un des deux à Lizzie ou les deux Beardsley seront morts à ses pieds. »

Alors que Jamie et Ian partent à la recherche des jumeaux…

 

Danielle Berrow : 

« Cette scène était fortement inspirée du livre et, à bien des égards, malgré la gravité de la situation de Lizzie (être enceinte hors mariage) et les réactions du XVIIIe siècle, cet arc ajoute une légèreté bien nécessaire à un épisode très sombre. 

Les réactions de Jamie en particulier sont intéressantes. Ses convictions très traditionnelles sur le sujet sont sincères et offrent pourtant l'occasion d'inclure des dialogues légers (en particulier dans certaines scènes ultérieures) car nous savons qu'il est un homme bon et qu'il se soucie à la fois de Lizzie et des jumeaux Beardsley. L'histoire de Lizzie dans cet épisode est étroitement liée à l'histoire de Malva. 

À bien des égards, cela augmente le sentiment de danger perçu, car Jamie craint naturellement que, puisque Lizzie se trouve dans la même situation que Malva (une femme célibataire avec un enfant), elle puisse être une cible potentielle. 

Ils ne savent pas encore quelles étaient les motivations du tueur. De plus, davantage de scandales à la Grande Maison sont la dernière chose dont les Fraser ont besoin. » 

 

 

A25 EXT. FRASER'S RIDGE - MAISON DE ROGER ET BRIANNA - JOUR 

SCENE AVANCEE DANS LA VERSION FINALE (voir numéro de scène) 

  

 Jemmy joue dans la forêt, juste devant la maison.

Pendant ce temps, assis dehors près du four pour prendre l'air, Roger travaille sur son sermon lorsque Brianna approche.

 BRIANNA : » Ton sermon avance ? « 

ROGER : « Ça avance... »

Brianna jette un coup d'œil au four, se sentant coupable... 

 BRIANNA : » Eh bien, tu as plus travaillé que moi... je ne me sens tout simplement pas le courage... avec tout ce qui s'est passé... Et maintenant... »

 ROGER : « Quoi ? »

 Brianna déteste embêter Roger avec d'autres mauvaises nouvelles, surtout quand il travaille sur le sermon, mais...

BRIANNA : « Jemmy vient de me dire qu'il avait entendu M. Bug dire à Mme Bug que les personnes assassinées se transforment en fantômes... et ça lui a fait vraiment peur. « 

ROGER : « Le vieux fou. Mais est-ce que Jem sait ce que ça veut vraiment dire ? Nous lui dirons juste qu'il n'y a rien à craindre... et de dire une rapide prière s'il pense avoir vu un fantôme « --

BRIANNA : » Je l'ai fait... et puis il m'a demandé... si ça empêcherait sa grand-mère de le transformer aussi en fantôme... « 

Roger est consterné.

ROGER : « Qui lui a dit ça ?! Qui a dit que c’était Claire ? »

 BRIANNA : « Les pêcheurs, apparemment... »

 Brianna et Roger se regardent, inquiets.

 

 

22 23 24INT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - CUISINE - JOUR 

De retour de chez Tom Christie avec la robe pour l'enterrement de Malva, Lizzie entre et trouve Claire – et voit l'air anxieux sur son visage. Avant que Lizzie ne puisse dire quoi que ce soit, Claire la regarde avec empathie : 

CLAIRE : « Lizzie, chérie... nous devrions parler... Asseyons-nous... » 

LIZZIE : « Ian vous l'a dit, alors ? 

CLAIRE : « Il l'a fait... Mais seulement parce qu'il se soucie de toi – comme nous tous. «  

LIZZIE : « Je sais, je suis désolée. Je voulais vous le dire moi-même, mais... «  

CLAIRE (doucement) : » Tu es enceinte de combien ? « 

LIZZIE : « Quelques mois environ... »

 CLAIRE : « Et a-t-il raison ? Les deux Beardsley ? »

 LIZZIE : « Je jure que je ne l'avais pas fait avant...  Je vous le jure, Madame. Je veux dire, j’ai failli, mais... « 

CLAIRE : « Lizzie... »

 LIZZIE : « Eh bien, tout a commencé quand vous et M. Fraser étiez absents... Le paludisme est revenu et je pouvais sentir la fièvre monter. Mon sang était chaud puis froid. Mes dents claquaient si fort que je pensais qu'elles se briseraient. Et puis les Beardsley sont arrivés avec la pommade au houx et je leur ai dit de m’en mettre partout. Et puis l’un a dit qu'il pourrait abîmer sa chemise... alors j'ai dit peut-être mieux vaut-il l'enlever... « 

 

Danielle Berrow : 

« Il s'agit d'une autre scène fortement inspirée du livre, avec des dialogues repris textuellement. Nous savions que Caitlin donnerait une performance exceptionnelle et nous ne nous trompions pas. «  

 

CLAIRE : « Je vois... »

 LIZZIE : « Et puis... eh bien... »

CLAIRE : « De fil en aiguille ? (Puis, réalisant) Les deux à la fois ? « 

Lizzie hoche la tête d'un air penaud.

LIZZIE : « Je, euh, je ne voulais pas... je veux dire, je l'ai fait, mais... »

 Il n’y a pas de jugement, seulement un profond choc dans la voix de Claire –

 CLAIRE : « Elizabeth Wemyss. Je ne pense pas qu’on puisse coucher avec deux hommes sans le vouloir. Un, peut-être, mais deux ? Ou tu veux dire que tu pensais être avec un jumeau mais qu’ils t’ont trompée ? »

 Lizzie lit l'inquiétude de Claire.

LIZZIE : « Oh non, Madame. Ne pensez pas que Jo ou Kezzie feraient une telle chose ?! C'était mon choix, je le jure. « 

Claire comprend cela... réalisant que Lizzie n'a pas été agressée et qu'elle savait ce qu'elle faisait.

CLAIRE : « Eh bien, c'est un soulagement, je suppose... Mais je devais demander. « 

Lizzie ignore la douce ironie dans la voix de Claire.

LIZZIE : « Oh, c'était plus que du soulagement ! je me sentais en sécurité dans tous ces bras autour de moi. Je me souviens avoir ouvert les yeux et vu un torse devant mon visage, et les boucles brunes tout autour des tétons, petits et bruns et ridés, comme des raisins secs. Ils sont identiques partout si vous voyez ce que je veux dire... Je savais tout à fait ce que je faisais, mais nous étions glissants avec la pommade et nus sous la couverture, et c'est... arrivé. »

 CLAIRE : « Et cela a continué « –

 Lizzie se penche vers Claire et murmure, comme pour lui confier un secret important :

LIZZIE : « Oui. Et plus d'une fois avec chacun d'eux depuis. C’est... si agréable, Madame. »

 CLAIRE : « C'est peut-être le cas, et je suis heureuse que tu t'amuses, mais... »

 LIZZIE (interrompant) : « Je sais que ça semble... étrange. Et je suppose que j'aurais dû dire quelque chose, ou faire quelque chose, mais j’ignorais quoi. Et vraiment... je n’avais pas l’impression de mal faire. Ils sont différents, oui, mais en même temps, si proches l’un de l’autre, eh bien, c'est comme si je touchais un garçon et que je lui parle... seulement il a les deux corps. » 

 CLAIRE : « Oui. C'est la difficulté. Il y a deux corps. Tu risques un énorme scandale... Si Hiram Crombie, le découvrait, pour sa part, il te lapiderait pour fornication. »

 LIZZIE : « Pourquoi ? Cela ne fait de mal à personne. Et cela ne regarde que nous. »

CLAIRE : « Tout ce qui se passe ici est l’affaire de tout le monde, tu le sais. Et maintenant que tu es enceinte... « 

Un sourire ravi s’épanouit sur les lèvres de Lizzie.

LIZZIE : « Oui, c'est un miracle, n'est-ce pas ? »

 CLAIRE : « Avez-vous tous les trois élaboré une sorte de plan au moins ? Tu sais qu’il n’y a qu'une seule chose à faire pour M. Fraser -- il s'attend à ce que tu te maries. « 

Lizzie semble presque surprise par cette révélation.

CLAIRE : « Tu ne peux pas avoir les deux, ça ne marche pas comme ça. »

 LIZZIE : « Mais nous sommes si... heureux... « 

CLAIRE : « Si les deux Beardsley sont encore en vie une fois que M. Fraser les aura trouvés, il prendra les choses en main et résoudra le problème pour toi. « 

LIZZIE : « Non, je vous en supplie. Je dois penser à ce qu’il faut faire... S'il vous plaît. » 

 CLAIRE : « Je peux essayer de convaincre M. Fraser de vous laisser un peu de temps. Mais vous devrez décider – et vite. » 

 Lizzie hoche la tête, inquiète mais reconnaissante de la compréhension de Claire. Claire soupire. Ce n’est pas idéal mais que peut-elle faire d’autre ? Claire jette un coup d'œil à la robe de Malva, se préparant à la suite... 

 

 

27 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - PORCHE AVANT - JOUR 

SCENE AVANCEE DANS LA VERSION FINALE (voir numéro de scène) 

 

Jamie rentre de sa recherche, visiblement contrarié. Il rejoint Brianna sur le porche. Elle amène un plateau-repas. C'est l'heure du déjeuner.

Brianna et Jamie sont sur le point de manger des sandwiches au jambon. Mais Jamie est clairement agité – son esprit est occupé par ses tentatives pour localiser les Beardsley, qui ont toutes été vaines. Il regarde autour de lui, espérant les repérer quelque part, ou Ian.

JAMIE (A Brianna) : « Ian est-il déjà revenu ? « 

BRIANNA : « Non. ».

 Roger, pensif, qui s'apprêtait lui aussi à prendre une bouchée de son propre sandwich, se lève lorsqu'il remarque M. Bug dans les parages.

ROGER : « M. Bug... Un moment, je vous prie. D'une manière ou d'une autre, Jemmy s’est mis dans en tête que certaines âmes du Ridge erraient demandant des comptes... « 

ARCH BUG : » (réalisant son erreur) Oh. Le petit coquin a entendu ça ? « 

ROGER : « Oui. Et il est terrifié. Pouvez-vous être un peu plus prudent avec lui, s'il vous plaît ? « 

ARCH BUG : » Ah, mais c’est la vie. Vous ne pourrez pas protéger le garçon de telles choses éternellement... En fait, une truie doit être abattue, si vous voulez du bacon, avant que Mme Bug et moi n’amenions le whisky à River Run. (Sarcastique) Je vous demanderais bien de m'aider, mais je ne sais pas si je veux gâcher votre déjeuner. »

 Roger regarde son sandwich, soudain découragé. Il remarque que Jamie a à peine touché au sien...

JAMIE : « Allez-y, M. Bug. Roger Mac, viens avec moi « –

 

 

28 29 EXT. FRASER’S RIDGE - JOUR 

ENCORE UNE SCENE AVANCEE DANS LA VERSION FINALE (voir numéro de scène) 

 

 Quelques instants plus tard. Roger est heureux d'avoir la compagnie de Jamie pendant qu'ils font une courte promenade mais, compte tenu de tout ce qui s'est passé, il semble presque impossible de bavarder.

JAMIE : « Tu n’aurais pas vu les Beardsley ? « 

ROGER : « Non, pourquoi ? « 

Jamie soupire ; aussi en colère qu'il puisse l’être contre les jumeaux, il ne peut pas risquer d'en parler à qui que ce soit pour l'instant.

 JAMIE : » Peu importe… »

Roger remarque que Jamie semble toujours très agité et préoccupé –

 ROGER : « J'ai remarqué que vous ne vouliez pas de votre sandwich non plus... Vous n’avez pas faim ? Cela vous semblera probablement ridicule, mais dans le futur, certains s'opposeront à la consommation d'animaux. « 

JAMIE : « Oui. Claire me l'a dit. (Puis, avec un léger dédain) « Les végétariens ». Une notion déroutante pour Jamie... Est-ce que tu es en train de me dire que tu en es un ? « 

Roger sourit : c'est clair que Jamie est taquin.

ROGER : « Non, mais je ne sais pas pourquoi j'ai tellement de mal à penser à tout ça quand nous savons tous les deux que j'ai... « 

Jamie réalise soudain qu'il y a aussi autre chose dans l'esprit de Roger...

 JAMIE : « Tu as tué un homme ? (Puis, solennel) Dieu seul est ton juge, Roger Mac. »

Roger se sent soudain vulnérable, mais c’est l’occasion de poser une question qui le ronge.

 ROGER : « Ce que j'ai fait... à cet homme de Brownsville... n'est-ce pas la même chose que ce qui est arrivé à Malva ? »

JAMIE : « Non. »

 ROGER : » Mais… Tu ne tueras point… »

JAMIE : » Ce n'est pas exact de dire "tu ne tueras point. » Dans les Écritures grecques et hébraïques, c’est le mot « meurtre » qui est utilisé... Malva a été la victime d’un meurtre. »

 ROGER : « Je me demande où est Dieu dans tout ça. Et où j'en suis. Comment puis-je prêcher aux autres quand... « 

JAMIE : » Je peux voir que tu veux prendre soin d’eux, des gens ici. »

 ROGER : « C'est la dernière chose à laquelle j'avais pensé, en grandissant dans la maison d’un pasteur. Mais les enterrements, les baptêmes et... peut-être le fait de pouvoir aider, même en écoutant et en priant... je ne pense pas qu’un pasteur viendra. Et quelqu’un doit s’y coller... (une grande révélation) Je pense que c'est moi... »

 JAMIE : » J'ai des yeux pour le voir, mon garçon. »

 

 Danielle Berrow : 

« La phrase de Jamie « J’ai des yeux pour le voir, mon garçon » est une autre réplique favorite du livre. Nous voulions profiter de l’occasion pour montrer à quel point la relation entre Jamie et Roger évolue constamment. 

Ils sont plus proches que jamais et ici, Roger demande conseil à Jamie sur un sujet qu'il craint d'aborder avec Brianna. » 

  

ROGER : « Il faudrait que je me fasse ordonner... Il pourrait y avoir un moyen pour le faire vite... Mais vous savez ce qui arrive : la guerre. Elle est déjà là, en fait... »

 JAMIE : » Comme me l’a dit un jour un sage, il y a toujours une guerre à venir. « 

Un petit aparté ici pour rendre hommage à Murtaugh qui est le « sage » dont parle Jamie : référence à cette phrase de la fin de l’épisode 0501 « la Croix de Feu » où Murtaugh et Jamie doivent se séparer : « Il y a toujours une guerre à venir. Mais c’est à nous de décider lesquelles nous faisons. » (ndlt). 

 

ROGER : « C'est pourquoi... je ne l'ai pas encore dit à Brianna. Je ne veux pas qu'elle pense que je suis un lâche... « 

JAMIE : « Tu penses qu’elle croirait ça ? J'ai combattu aux côtés d'un prêtre auparavant, Bon…ce n’était pas un roi de l’épée » –

ROGER : « Je ne pourrais pas me battre avec une armée, je ne pense pas... Mais je pourrais défendre ceux qui en ont besoin… »

 JAMIE : « Et cela me suffit. Ainsi qu’à ta femme. Elle a des yeux, elle aussi »

Roger est reconnaissant à Jamie. Ils ont parcouru un long chemin depuis leurs jours de tiques capillaires » /hérétiques !

(Référence à l’épisode « la croix de feu », 0501, lorsque Germain vient voir Roger qui lui ébouriffe les cheveux… Et la référence de Jamie aux Presbytériens héréTIQUES pour les catholiques… ! 😀) 

  

  

25 26 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - INFIRMERIE - JOUR 

Une autre scène déplacée et avancée. 

 

De nouveau seule avec ses pensées, Claire se retrouve immédiatement dans une situation tragique. Elle a maintenant la robe pour l’enterrement de Malva. Absorbée par sa tristesse, elle regarde Malva et ne remarque presque pas Lionel qui se tient derrière elle.

LIONEL BROWN : » Tu as égaré Malva par ton ingérence. Toujours à te mêler de tout. Tu fais souffrir tout le monde autour de toi. Ta fille l’a appris à ses dépens quand elle est revenue ici pour te sauver. Se retrouver dans une pièce sombre au fond d'une taverne, portant un bébé qu’elle n'avait jamais prévu d’avoir. « 

CLAIRE : » Arrêtez ça, arrêtez ça ! « 

Claire n’en peut plus. Elle prend l’éther et le masque et va s’asseoir sur le lit. Lionel Brown est assis à côté d’elle : on ne peut pas le raisonner. Il continue...

 LIONEL BROWN : » Et regarde Lizzie. Elle ne peut même pas te dire qui est le père de son enfant. Comment vas-tu arranger ça, Claire ? « 

Claire se met le masque imbibé d’éther sur le visage et … Nous entendons une cacophonie de voix – des pensées intrusives, des échos du passé. Une symphonie diabolique dans la tête de Claire.  – N’êtes-vous pas la plus maligne, Dr Rawlings ? (Lionel) – Madame Beauchamp. Madame Fraser. Claire (Black Jack) – Jolie menteuse (Black Jack) – je crois que vous avez des secrets, Claire (Collum) – Tu vas te repentir (Lionel) – Vous sentez les vapeurs de l’enfer (Père Bairn) – Les ténèbres sont ma demeure, Madame (Black Jack) – Vous connaissez ça, vous avez déjà vu mourir (Dougal) – Tu peux sortir, Claire… Ils me disent sorcière (Geillis) – Sais-tu le sort des sorcières, Malva ? (Tom) – Si j’autorisais la dame à coucher avec la milice… Mes sentiments froids et noirs – Conséquences… Mensonges…- Je l’égorgerai – On ne t’a pas dit la vérité sur elle – Ses beaux mensonges – Pécher – Toi seule est coupable (Geillis) Des répliques familières des épisodes précédents prononcées par d’anciens méchants. Leurs voix se mélangent…

Claire sombre.

 

30 EXT. FRASER’S RIDGE - MAISON DES RÉUNIONS - LE ​​MATIN SUIVANT. 

Autre série de scènes déplacées et avancées. 

 

La cloche de la Maison des Réunions sonne. Jamie et Claire s'approchent de la porte. L’anxiété de Claire grandit.

JAMIE : « Nous allons à un enterrement, Sassenach, pas au tribunal. »

CLAIRE : « Crois-tu vraiment cela ? Nous allons rencontrer mes futurs jurés. Pour être jugée par le tribunal de l'opinion publique. »

 JAMIE : « Mais c’est tout ce que c’est : une opinion. Et nous n’honorerons pas la rumeur avec une réponse. Qu'est-ce que c'est tu le dis aux enfants ? « Ces bâtons et ces pierres

 peuvent me briser les os, mais vos paroles ne me feront jamais de mal. »

 CLAIRE : « Je ne me suis jamais vraiment souciée de ce que les gens pensent de moi, sauf toi et Brianna bien sûr, mais ça…

Claire pense aux railleries de Lionel, alimentées par les accusations sur les lèvres de divers membres de la communauté, au mal que cela lui cause. Que cela cause à eux deux.

JAMIE : « Si quelqu'un veut te dire quelque chose, Sassenach, il faudra qu'ils me le disent d'abord. »

Claire se ressaisit et prend le bras de Jamie, prête à entrer, digne, la tête haute –

 

 

31 INT. FRASER’S RIDGE - MAISON DES RÉUNIONS – JUSTE APRES 

Quelques bougies sont disséminées dans la pièce mais il n'y a pas de fleurs. Au grand étonnement de Claire et Jamie, il n’y a pratiquement personne présent. Tom, Allan, Hiram Crombie et sa femme. Le jeune Ian est également présent ; Brianna est assise seule sur un banc. L’espace semble désolé et froid.

 

Danielle Berrow : 

« La COVID signifiait que nous recherchions constamment des moyens de réduire le nombre de participants dans les grandes scènes, mais, d’un point de vue dramatique, un petit groupe était mieux adapté aux funérailles de Malva. 

Cela a contribué à montrer que le comportement de Malva était méprisé dans la communauté et à laisser entendre qu’elle est une victime à sa manière. Au XVIIIe siècle, si elle avait vécu, elle aurait été complètement mise au ban. 

Comme mentionné précédemment, le dialogue de Malva (en flashback) a été déplacé au début de l'épisode. Nous ne comprenons peut-être pas encore pourquoi, mais en écrivant ses mots, je voulais m'assurer que Malva disait sa vérité, du moins la vérité telle qu'elle la comprend. 

En tant qu'auditoire, après la discussion de Claire et Jamie dans l'épisode 606, nous ne croyons pas que Jamie soit le père de l'enfant de Malva (comme le fait la congrégation ici). Il nous reste peut-être ici plus de questions que de réponses. » 

  

Jamie et Claire s'assoient ensemble.

Deux cercueils sont installés devant le pupitre, où Roger attend pour commencer.

ROGER : « Qui d’entre nous n’est pas pécheur ? Malva était une fille, une sœur et une amie. Elle n'aurait peut-être jamais été appelée « mère » ou « épouse », mais ce ne sont pas les choses par lesquelles on juge la valeur de quelqu'un - Dieu ne le fait certainement pas. Peu importe qui nous sommes, ce que nous avons fait ou ce qui nous a été fait. Dieu pardonne. Seigneur, toi seul es notre juge. « 

Roger jette un coup d'œil à Jamie, un clin d'œil à leur conversation précédente. 

 ROGER : « Nous te confions l'âme de Malva. S'il vous plaît, levez-vous avant de sortir pour enterrer le corps de Malva, et celui de son petit garçon. »

Les porteurs vont soulever le cercueil de Malva – Tom, Allan, Hiram. Mais ils ne peuvent pas... Il en manque un. Qui est le quatrième ? Jamie se lève instinctivement pour aller aider...

 ALLAN CHRISTIE : « Non, pas lui. « 

Par respect, Jamie recule et le jeune Ian – agacé par cette insulte envers son oncle – va prendre sa place. Ils soulèvent le cercueil et descendent l’allée. Claire constate que le cercueil du bébé a été oublié, elle va le récupérer. Allan le remarque, horrifié :

ALLAN CHRISTIE : « Posez ça -- ils sont morts à cause de vous. »

Les autres hommes posent le cercueil de Malva sur le sol. Bien que Tom ait ses propres soupçons, il rougit de honte...

TOM CHRISTIE : « Allan « —

 Allan se dirige vers Claire, lui arrache le petit cercueil et crache à ses pieds.

ROGER : « Puis-je vous rappeler que nous sommes ici debout devant Dieu ! « 

Immédiatement protecteur, le jeune Ian s'interpose entre Claire et Allan.

ALLAN CHRISTIE : « Espèces de salauds. Vous avez pris ma sœur de moi et pourtant vous continuez votre petite vie parfaite et heureuse, comme si de rien n’était. On devrait danser au mariage de Malva, et regardez-nous, ici. « 

 

 

32 EXT. FRASER'S RIDGE - CIMETIÈRE - JOUR 

Se tenant légèrement à l'écart de tous les autres membres de la petite congrégation funéraire, Jamie et Claire regardent les restes de la terre tomber sur les cercueils. Se tenant la main, ils entament leur chemin silencieux et triste pour rentrer chez eux.

 

A33 EXT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON -- PORCHE AVANT - PLUS TARD.  

Tapotements de doigts : Jamie regarde dans le vide, réfléchissant à ce qui semble être en jeu… Il se prépare à la conversation plutôt désagréable qu'il va avoir avec Lizzie –

 

33 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - SALON - JOUR 

 Jamie entre pour trouver Claire, attendant patiemment avec une Lizzie nerveuse et plutôt agitée. Jamie parle sans la joie qui accompagne généralement une telle annonce – JAMIE : « Il faut te marier et le plus tôt sera le mieux. (Il ferme la porte du salon). Avec lequel d'entre eux, jeune fille ? »

 LIZZIE : » Je ne peux pas... je ne veux pas choisir. Je les aime tous les deux. « 

JAMIE : « Ce n'est pas une question de savoir qui tu aimes, maintenant. Tu portes un enfant. Il importe de faire ce qu’il faut. Et non présenter sa mère comme une putain « –

Les joues de Lizzie rougissent de colère –

LIZZIE : » Je ne suis pas une putain ! « 

JAMIE : » Je n'ai pas dit cela. Mais d'autres le feront en apprenant ce que tu as fait, jeune fille. Écarter les jambes pour deux hommes sans en épouser un ? Et maintenant enceinte, et tu ne peux pas nommer le père ? « 

LIZZIE : » Je peux le nommer. Son nom sera Beardsley. Vous ne comprenez pas. Ils sont une âme en deux corps. »

 JAMIE : » Si le destin de cette âme compte, tu ferais mieux d'amener ces deux corps devant moi. Vite. Bon, où sont-ils ? « 

 

 

21 INT. FRASER'S RIDGE - MAISON DE ROGER ET BRIANNA - JOUR 

 Roger se réveille, tourne la tête et voit que Brianna est réveillée aussi. Elle est allongée là, regardant vers le haut. Il lui touche la main. 

 ROGER : « Qu'est-ce qu’il y a ? «  

BRIANNA : » C'est maintenant. « Écoutez mes enfants et vous entendrez parler de la chevauchée de minuit de Paul Revere. " 

 Cela frappe Roger avec une certaine force, alors qu'il se souvient du célèbre poème de Longfellow : 

ROGER : « Bien sûr ! Le 18 Avril 1775 ! «  

BRIANNA : » C'est ce poème-là. Chaque enfant à Boston l’a appris en primaire. » 

ROGER : « On n’écrit plus ce genre d’épopée comme ça aujourd’hui. » 

BRIANNA (plaisantant) : » D'autant plus qu’il n'est pas encore écrit... «  

Roger réfléchit un instant à la signification de la date d'aujourd'hui... 

ROGER : « Remettons les choses en perspective, ok ? Huit cents soldats se rassemblant quelque part au nord du pays, pendant que nous sommes occupés à élever notre enfant et enterrer nos morts. » 

Ils échangent un regard, réalisant que malgré ce qui se passe dans le monde, il y a beaucoup à faire. Après un moment... 

ROGER : » Je veux donner à Malva et à son bébé un adieu approprié... » 

 

Ndlt : Brianna et Roger font référence au poème iconique « Paul Revere’s Ride » (la chevauchée de Paul Revere) : c’est un poème écrit par Henry Longfellow en 1860, qui commémore avec emphase les actes de bravoure d’un patriote, Paul Revere, chargé de délivrer (de nuit) des messages d’une extrême importance à des leaders des Fils de la Liberté à Concord et Lexington. Le 18 avril 1775. Bon… le poème contient bon nombre d’erreurs historiques… mais à Boston, tous les enfants apprennent, presque heure par heure, le déroulement de la Guerre d’Indépendance. Et apprennent aussi ce poème. 

Souvenez-vous du cours d’histoire de Brianna à Harvard, pendant lequel le professeur se réfère à ce même poème et en révèle l’inexactitude partielle… 0305. 

 

 

34INT. FRASER'S RIDGE - ÉCURIES - JOUR 

 Claire et Jamie ont accompagné Lizzie aux écuries, où les jumeaux sont en train de nourrir les chevaux. Jamie récupère deux brins de paille et met sa main derrière son dos. Lizzie regarde Josiah et Kezzie, implorant les Fraser :

LIZZIE : » S'il vous plaît, M. Fraser... Allons-nous le faire ici, dans les écuries ? »

JAMIE : » Le Christ est né dans une crèche. C’était assez bien pour Lui « –

 

Danielle Berrow : 

« Dans le livre, Jamie demande aux Beardsley de tirer à la courte paille afin de décider lequel d'entre eux épousera Lizzie. 

Nous avons pensé qu'il serait amusant de planter le décor dans les écuries. Comme Jamie le dit en plaisantant au trio : « Le Christ est né dans une crèche. C'était assez bien pour lui… » Peut-être pas le mariage dont Lizzie aurait pu rêver, mais certainement mémorable – et qui a un charme particulier. » 

 

 Jamie ne négocie pas. Il présente les brins de paille aux jumeaux.

JAMIE : » Puisque vous ne pouvez pas choisir vous-mêmes... une courte paille l'épouse. »

Les jumeaux regardent Jamie bouche bée.

KEZZIE : « Quoi ? Mais « –

JOSIAH : « Mais M. Fraser, monsieur... « 

Mais ils peuvent voir qu’il n’est pas d’humeur à discuter. Lizzie regarde nerveusement : ce sera lequel ? Se préparant à l'inévitable, Kezzie ferme les yeux et tire un morceau de paille de la main de Jamie. Josiah fait de même.

Les jumeaux ouvrent les yeux ensemble : Kezzie a tiré la courte paille. Jamie jette un coup d'œil à Lizzie.

JAMIE : « Prends sa main... Maintenant, jures-tu devant ces témoins de prendre Elizabeth Wemyss pour épouse ? « 

Kezzie hoche la tête.

 KEZZIE : » Je le veux. »

JAMIE : » Et toi, petit cœur, acceptes-tu de prendre Keziah Beardsley – tu es bien Keziah, n’est-ce pas ? pour mari ? »

 LIZZIE : « Oui, je le veux. »

JAMIE : « Bien. Vous êtes fiancés. Lorsque nous trouverons un prêtre, vous serez correctement bénis. Jusque-là, vous n’en parlerez à personne. Personne ne doit savoir. C’est compris ? « 

LIZZIE : » C'est tout ? »

 JAMIE : » Oui. (Puis à Josiah) Et toi. C'est mieux que tu partes demain et que tu ne reviennes pas avant la naissance de l’enfant. »

Lizzie regarde Josiah quitter les écuries, le cœur brisé...

 

  

35 INT. FRASER'S RIDGE - MAISON DE ROGER ET BRIANNA - NUIT - PLUS TARD. 

De retour à la maison après une longue journée, Brianna et Roger sont assis au coin du feu. Brianna plie des vêtements de Jemmy.

BRIANNA : » Ça me rend tellement triste que certains ne croient pas que le bébé de Malva est au paradis parce qu'il n'a pas été baptisé... Tu penses qu'il y est ? « 

ROGER : « En tant que père, je veux y croire de tout mon cœur... En tant que pasteur ? Je n’en suis pas sûr... mais j’aimerais le découvrir... »   

BRIANNA : » Eh bien, je suis contente que tu sois mon mari plus que mon pasteur. »

 Brianna l'embrasse tendrement. Mais après un moment, Roger prend une profonde inspiration, prenant la décision d'avouer... 

ROGER : « Mais... et si c'était ma vocation ici, Bree ? Et si je voulais en faire quelque chose… d’officiel ? »

 Brianna est un peu déconcertée...

ROGER : » J'éprouve le même frisson que lorsque J'enseigne, seulement je le sens dans mon âme « –

BRIANNA : » Et tu es si doué. Je comprends. Vraiment. Mais qu'est-ce que cela signifierait pour notre famille ? « 

ROGER : » Je suppose que c'est pour ça que je te demande... Je pourrais au moins découvrir comment être ordonné ? « 

BRIANNA : » Roger, tu as été élevé par un pasteur. Nous savons tous les deux ce que c'est que d'avoir les parents constamment de garde, appelés à toute heure du jour et de la nuit... Maman partait immédiatement quand ses patients avaient besoin d'elle et nous en avons vraiment souffert. « 

ROGER : « On dirait que tu t’en es bien sortie, à ce que je vois... Je te le jure, Bree, quelle que soit ma vocation – je suis et je resterai avant tout ton mari. Et un père. Quoi que je fasse, ce ne sera pas au prix de ma famille. »

 Brianna sait que cette promesse sera difficile à tenir. Elle étudie le visage de Roger – ses yeux brillent d’espoir.

BRIANNA : » C’est vraiment ce que tu veux, n'est-ce pas ? « 

Roger hoche la tête – il le veut si désespérément. Il s'approche d'elle, lui pose la main sur le ventre. 

ROGER : » Pense juste à quel point ce serait incroyable si je pouvais baptiser notre bébé moi-même. J'ai entendu dire qu'il y a un presbytère à Edenton.... « 

BRIANNA : » Je suppose que nous avons du temps avant l'arrivée du bébé... »

 ROGER (ravi) : « Est-ce un oui ? « 

BRIANNA : » Les gens pleurant à notre table jour et nuit... Que pourrais-je leur servir ? Je ne suis pas très douée pour cuisiner... Oh, et je suis catholique... »

 Prenant cela pour un « oui », Roger est ravi et ajoute avec ironie :

ROGER : » Hmm. Ça, c’est un gros problème. Si seulement mon beau-père me l’avait rappelé à un moment donné… Je savais, pour la cuisine… »

 Brianna le frappe en riant. 

 BRIANNA : » Mais penses-tu que ça ne gênera pas tes fidèles ? Est-ce que je devrais me convertir ? « 

ROGER : » S’ils ont un problème avec ça, qu’ils aillent en enfer ! »

BRIANNA : » Bien sûr. J'espère que tu auras une attitude plus diplomatique le moment venu. »

ROGER : » Nous commencerons à faire nos bagages demain et partirons dès que possible. « 

 

36 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - CHAMBRE - NUIT 

 Claire et Jamie sont au lit. Claire craint une nouvelle nuit blanche, les événements de la journée se répétant dans son cerveau. Elle va se lever mais, sentant son anxiété, Jamie l'arrête d'un regard.

CLAIRE : » J'ai juste besoin d'une tasse de thé. »

 Jamie a déjà entendu cette excuse et a vu ce regard. Claire lit l'inquiétude sur le visage de Jamie, ses soupçons...

 

 Danielle Berrow : 

« Ce n’est pas la première fois que Claire utilise l’excuse ou le prétexte selon lesquels elle a juste besoin d’une tasse de thé. 

Jamie est évidemment désormais pleinement conscient de ce que cela signifie exactement… mais, en même temps, il souhaite donner la priorité au bien-être de Claire. Il sait que c’est une question complexe et qu’il y a un moment et un lieu pour discuter de l’éther. «  

 

CLAIRE : » Quoi ? Une tasse de thé et tout est arrangé ! Une vérité reconnue par tous les Anglais sur terre. « 

JAMIE : » Dieu merci, je suis Ecossais. »

Sérieux maintenant, Jamie prend la main de Claire... 

CLAIRE : « La journée a été difficile... pour tout le monde... » 

Jamie regarde Claire sortir de la chambre, sachant qu’elle a besoin d’être seule et que ce n'est pas le bon moment pour parler.

 

37 EXT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - PORCHE AVANT - LE ​​MATIN. SUIVANT 

Claire trouve une Lizzie désespérée en train de laver les vitres.

CLAIRE : » Bonjour. Pourquoi ai-je le sentiment distinct que tu m'évites,

 Mme Beardsley ? »

LIZZIE : « Josiah doit-il vraiment partir ? »

Lizzie est visiblement bouleversée de s'être fait forcer la main pour choisir l'un des jumeaux – mais elle se sent également extrêmement coupable. Mais que peut faire Claire ?

CLAIRE : » M. Fraser a pris sa décision... et avec tout ce qui se passe ici sur le Ridge... »

LIZZIE : » Je suis désolée... j'allais vous le dire... le jour où Malva est morte, j'ai frappé à la porte, mais elle était fermée… »

Claire l'interrompt, choquée d'entendre ça –

CLAIRE : « Tu as frappé ? « 

LIZZIE : « J'ai frappé et frappé... « 

CLAIRE : » Tu es certaine que c'était ce matin-là ? « 

LIZZIE : » Oui. Ai-je fait quelque chose de mal, Madame ?

 Bien au contraire, Claire est plus que reconnaissante de savoir que c'est Lizzie et non Malva qui frappait à la porte.

CLAIRE : » Non, je suis très contente que tu me l'aies dit. « 

 

38 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - CUISINE - JOUR 

Avec soulagement – la confirmation qu'elle n'a pas tué Malva, Claire entre dans la cuisine. C’est quelque chose qu’elle savait dans son cœur, mais tout de même, la preuve est belle à avoir : un poids a été enlevé : ce n’était pas elle.

 

Danielle Berrow : 

« Nous voulions inclure un rmoment pendant lequel Claire éprouve un soulagement temporaire… S'il restait le moindre doute, elle sait désormais avec certitude, grâce à Lizzie, qu'elle n'a pas tué Malva… 

Mais le soulagement ne durera pas longtemps… et c'est tout. Parce que c'est un traumatisme enraciné dans quelque chose de profond en elle. 

Même lorsque, intellectuellement, vous savez que quelque chose est vrai, vous convaincre peut encore s’avérer difficile et présenter d’innombrables défis. » 

 

 

 39 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - INFIRMERIE - JOUR 

Quelques instants plus tard. Claire récupère sa bouteille d’éther, puis la range avec les autres. Mais ce faisant, elle sent la présence de Lionel derrière elle... Claire cligne les yeux de surprise. Cette torture ne finira-t-elle jamais ? Comment peut-il être encore là ?

 CLAIRE : « Mais... je ne l'ai pas fait. « 

Lionel rit, à moitié charmé par sa naïveté : Claire est-elle vraiment si naïve pour penser que ce serait terminé ?

 LIONEL BROWN : » Cela ne change rien. Tu penses que tu peux te débarrasser de moi ? Ce n'est pas fini, Claire. La fille n'est peut-être pas morte à cause de toi, mais tu l'as conduite à sa tombe, aussi sûr que le soleil se lève. « Ce n’est pas moi ». Cela ne t’absout pas de ta culpabilité. Pas pour ça. Pour rien de tout ça. »

C’est insupportable. Claire n’en peut plus. Tournant les talons, elle sort précipitamment dans le passage couvert, claque la porte derrière elle et s'y appuie, dos à Lionel – 

 

40INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON – PASSAGE COUVERT – JUSTE APRES 

 Alors que Claire reprend son souffle, Jamie sort de son bureau – après avoir entendu la porte claquer. Que se passe-t-il ?

JAMIE : » Sassenach ? « 

Claire s'éloigne de la porte, puis regarde derrière elle, espérant que Lionel soit parti. Mais il regarde par la porte, le visage appuyé contre la vitre. Pour Jamie, Lionel est évidemment invisible et inaudible. Lionel met un doigt sur ses lèvres...

LIONEL BROWN : » Chut. Ne dis pas un mot. C'est notre petit secret. » 

 Inquiet par l'attitude inhabituellement agitée de Claire, Jamie va instinctivement ouvrir la porte de l’infirmerie…

CLAIRE : « Non, n’entre pas ! »

Mais c'est trop tard –

 

 

41 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - INFIRMERIE - JOUR – JUSTE APRES 

Jamie est maintenant dans l’infirmerie, avec Lionel toujours présent. Il regarde autour de lui, mais ne voit rien d'inquiétant (du moins ce qui lui est visible). Il se tourne vers Claire, qui l'a suivi. Il lit immédiatement sa détresse.

CLAIRE : » Tu ne me croiras pas. J’ai l’impression de devenir folle... Pour la première fois de ma vie, je ne me reconnais pas... Il y a une partie de moi - une partie sombre -- et je ne peux pas supporter que tu voies moi comme ça... Je n'ai pas tué Malva... mais si je l’avais fait... pour nous ? »

 JAMIE : « Mais tu ne l’as pas fait... »

CLAIRE : « Non, mais... et si... une part de moi le voulait ? (Puis, se souvenant) J'étais à genoux près d'elle dans le jardin, son corps était encore chaud, mais il n'y avait pas de pouls... j'ai agi instinctivement, sans peur, sans aucun doute – pour sauver le bébé. Mais après tout le mal que Malva nous avait fait... y avait-il quelque chose en moi qui pensais qu'elle le méritait ? » 

 Jamie secoue la tête, n'y croyant pas, mais avant de pouvoir le réfuter, Claire continue... 

CLAIRE : » J'ai ressenti la même chose à propos de Laoghaire. J’ai voulu lui faire du mal quand elle a essayé de me tuer... Mais je t'ai pris à elle, alors comment puis-je lui en vouloir ? j'aurais fait pareil, si elle avait essayé de t'enlever à moi... «  

JAMIE : « Nous avons tous une part sombre en nous, Sassenach » —

 CLAIRE : « Mais j’ai l’impression que je suis possédée par ça, ça me ronge. J’entends des voix... Lionel Brown... Et je le vois. Et il se moque de moi. L'éther est la seule chose qui le fasse disparaitre. J'ai essayé pendant si longtemps... de tout cloisonner... C'était le seul moyen pour moi de m'en sortir. Garder les choses bien rangées dans des petites boites. Frank. Mes patients. Mon chagrin. Le passé. Le présent. Toi.... Mais maintenant c'est comme si toutes les vannes sautaient. Tout ce que j'ai toujours gardé à l'intérieur -- C'est ma faute. Pas juste Malva. Tout. Parce que j’ai changé les choses. L'agression de Brianna, Roger vendu comme esclave... tout ce qui s'est passé depuis le moment où je suis arrivée à cette époque... Tout cela à cause de mon égoïsme. Parce que je voulais si désespérément être avec toi. « 

JAMIE : « Penses-tu que Brianna pense cela ? Elle ne serait jamais née. Et Roger ? Ton égoïsme lui a donné une femme et un fils. Si nous n'étions jamais allés en France, je n'aurais jamais trouvé Fergus, et il n’aurait pas Marsali... Alors même s’il y a de la souffrance, ton égoïsme a tant apporté à tant de personnes. Sans toi, tout notre monde s'effondre en poussière. « 

CLAIRE : « Jamie, mais si je ne parviens pas à faire taire cette voix ? sans l’éther… Et si aucun mot magique ne peut arranger les choses, j’ai l’impression que je n’irai jamais mieux. »

 JAMIE : » Après Wentworth, tu m'as trouvé sans espoir. Et je t'ai laissé entrer dans mon esprit et mon âme. Laisse-moi faire de même. Ne me rejette pas. Laisse-moi te rejoindre... Mais je ne peux pas faire ça quand tu te fais dormir. Nous devons faire face à cela ensemble. Claire, tu ne peux pas te condamner pour des crimes dont personne ne t’accuse. Si tu es égoïste, laisse-moi être accusé du même crime. Je me fiche du bien et du mal, tant que tu es ici avec moi. Si c'est un péché de m’avoir choisi, alors j'irais voir le diable lui-même pour le bénir de t’avoir ainsi tentée. « 

CLAIRE : « Le poids de ma culpabilité... ce fardeau ne disparaîtra jamais. Et Je le porterai comme tu portes tes cicatrices. Parce que je referais - et plus – pour être avec toi... »

Alors qu’ils s’embrassent, ils ne sont plus que deux maintenant. Lionel Brown a disparu. Un pas dans la bonne direction.

Et la douce musique du Ridge revient… 

 

 42 EXT. FRASER'S RIDGE - MAISON DE ROGER ET BRIANNA - NUIT 

Tout est paisible et calme... Presque –

 ROGER : » Tu veux que je fasse quoi ? « 

 

Danielle Berrow : 

« Un doux moment dans lequel Lizzie montre à quel point elle est déterminée : elle aime les deux Beardsley et fera tout ce qu'elle peut pour le prouver. » 

 

 43 INT. FRASER'S RIDGE - MAISON DE ROGER ET BRIANNA – JUSTE APRES 

Debout à l'intérieur près du feu - et prenant grand soin de rester discrets (afin de ne pas réveiller un Jemmy endormi) - Roger et Brianna (qui ont été tirés du lit), stupéfaits, réagissent à une demande audacieuse de Lizzie et des jumeaux Beardsley.

 ROGER : » Tu veux que je te marie ?! Maintenant ? Euh, à qui ? »

 LIZZIE : « C'est moi et Jo, si vous voulez bien. Kezzie sera le témoin... »

 ROGER : « Tu ne veux pas qu’un prêtre le fasse ? « 

En voyant Lizzie si résolument déterminée, Brianna lui demande :

BRIANNA : « As-tu... des ennuis, Lizzie ? »

 LIZZIE : « Je suis enceinte, oui. Nous voulons être mariés avant l'arrivée du bébé... Mais il faudra peut-être un certain temps avant que nous trouvions un prêtre. »

BRIANNA : » Oh mon Dieu, Lizzie. Es-tu heureuse ? « 

LIZZIE : « Nous nous aimons tellement. »

 JOSIAH : « S'il vous plaît. Nous voulons régulariser les choses, et les Fraser nous ont dit que vous partez pour Edenton demain matin « –

Brianna lance un regard suppliant à son mari et, doucement...

 BRIANNA : » Vas-y... Fais-le pour eux – s'il te plaît. »

 Quelque chose dans tout ça semble bizarre... mais Roger est convaincu par les visages impatients devant lui. Comment peut-il dire non ?

ROGER : » Ce ne sera pas exactement un mariage, mais vous pouvez être fiancés, je suppose... « 

LIZZIE : ” Oh, merci, M. MacKenzie.”

 JOSIAH/KEZZIE : « Merci, monsieur. »

 ROGER : » Laissez-moi enfiler ma culotte. Je ne vais pas célébrer mon premier mariage cul nu ! »

 Lizzie et les jumeaux ravis attendent, pendant que Roger attrape sa culotte et que Brianna trouve des bougies et ses allumettes. 

 

 44 EXT. FRASER'S RIDGE - MAISON DE ROGER ET BRIANNA – LE LENDEMAIN MATIN 

Jamie et Claire sont venus dire aurevoir à Brianna, Roger et Jemmy alors qu'ils chargent leur chariot, avant de se rendre à Edenton. Brianna va chercher une petite broche en argent.

BRIANNA : » Je n'ai pas pu donner ça à Lizzie quand elle et Josiah se sont fiancés. Pourrais-tu la lui donner pour moi ? Juste un petit quelque chose comme cadeau de mariage. « 

CLAIRE : « Josiah ? Que veux-tu dire ? »

 BRIANNA : » Roger les a fiancés hier soir... elle ne t’a rien dit ? « 

Claire et Jamie échangent un regard d'incrédulité stupéfaite.

JAMIE : « Quoi ? »

CLAIRE : « Jamie a fiancé Lizzie et Kezzie hier après-midi. (Puis, toujours incrédule) As-tu vraiment… ? »

ROGER : « Que Dieu m'aide, je l'ai fait. Mais si elle est fiancée avec Kezzie aussi... je suppose que ce n’est pas exactement valable… »

Jamie est furieux, sa main tapotant instinctivement sa ceinture...

JAMIE : » C'est certainement aussi valable que ce que j’ai béni. Nous allons leur parler. A tous les trois, je le jure. Que Dieu les aide. »

 ROGER : » C'est une trinité impie, certainement... Que puis-je dire ? Les voies du Seigneur agissent de manière mystérieuse... « 

Les MacKenzie sont maintenant dans le chariot, et prêts à partir.

 

45 INT. FRASER'S RIDGE - GRANDE MAISON - SALLE À MANGER - PLUS TARD. 

Jamie et Claire sont sur le point de s'asseoir pour manger, avant de parler à Lizzie et aux jumeaux de la « bigamie ».

JAMIE : « Je leur dirai que le mariage est une entreprise sérieuse, qui exige patience et sacrifice.... « 

CLAIRE : » Et la monogamie. Ils auraient peut-être pu commencer par ça. ».

JAMIE : » C'était Kezzie en premier et elle restera mariée à Kezzie, contre vents et marées. Et c'est tout ce qu’on dira sur le Ridge. »

 Ils entendent soudain le galop de chevaux qui s'approchent de la maison.

 JAMIE : » Ce n'est ni Lizzie ni les jumeaux « – 

Jamie traverse en hâte le salon, Claire le suit...

 

46 INT. /EXT. FRASER’S RIDGE - GRANDE MAISON - PORCHE ARRIÈRE - JOUR – QUELQUES INSTANTS PLUS TARD 

Jamie et Claire voient Richard Brown approcher avec son comité de sécurité, une trentaine d’hommes, certains à cheval, d’autres sur 2 chariots. Une fois qu'ils sont à portée de voix...

RICHARD BROWN : « M. Fraser. Nous sommes venus chercher votre épouse. »

Jamie s’avance alors que Claire recule instinctivement vers l’intérieur de la maison.

 

 Danielle Berrow : 

« Nous voulions un « tournant » puissant à la fin de l’épisode. Maintenant que Claire se sent absoute de sa culpabilité et se sait innocente (elle a réussi à bannir Lionel), Richard Brown revient pour l'arrêter pour le meurtre de Malva. 

Jamie regarde Richard – qu'est-ce qui se passe ? «  

 

JAMIE : » Eh bien, vous pouvez partir alors. « 

RICHARD BROWN : » Maintenant, voyez-vous, vous vous trompez, M. Fraser. Nous sommes venus l'arrêter pour le meurtre de Malva Christie. « 

Gros plan sur Claire, le visage décomposé par la peur : le cauchemar continue…

 

 

FIN DE L'ÉPISODE 

 

 

Des bâtons et des pierres 

  

Quand j'étais petit, 

 Ils m'ont dit de dire : 

 "Ces bâtons et ces pierres 

 Peuvent me briser les os, 

Mais vos paroles ne me feront jamais de mal. » 

 Et j'ai obéi. 

Et puis j’ai grandi, 

 Je suis devenu peut-être un peu plus sage, 

Pourtant, ils m'ont dit de dire : 

 "Ces bâtons et ces pierres 

Peuvent me briser les os, 

Mais vos paroles ne me feront jamais de mal ». 

Et encore une fois, j’ai obéi. 

Maintenant, je suis vraiment un plus âgé, 

 Certainement un peu plus sage, 

Et pourtant, ils me disent de dire : 

"Ces bâtons et ces pierres 

 Peuvent me briser les os, 

Mais vos paroles ne me feront jamais de mal. » 

 Mais je n'obéis plus. 

Parce que maintenant je sais : 

 "Ces bâtons et ces pierres 

 Peuvent me briser les os, 

 Et vos paroles peuvent toujours me blesser. 

 Et je sais aussi 

Que j'ai le POUVOIR DE CHOISIR ! 

 Et je choisis de laisser tomber. 

Parce que 

Je 

Suis 

Un 

SURVIVANT !